En me remettant sur internet ce soir, j'ai découvert ce billet de Philippe Bilger. J'aime bien lire les blogs sur la justice ou sur le droit, comme ceux d'Eolas, de Jules voire de Rubin (qui n'est pas qu'un blog de droit, mais ses articles sur le sujet sont intéressants).
Aujourd'hui, Bilger traite du même sujet que j'abordais hier, c'est-à-dire le droit de retrait exercé par les collègues se trouvant en position difficile au niveau de la sécurité. Prenant prétexte de ce sujet, il se lance dans une diatribe contre les salariés de Continental, qui ont mené plusieurs actions violentes l'an dernier pour essayer de sauver leurs emplois. L'article se finit par une couronne de louanges à l'égard des enseignants qui respectent le droit, et une critique acerbe de nos autorités qui n'écoutent pas ces bons enseignants pendant que les Contis ressortent sans sanction de leurs actions violentes.
J'ai éprouvé un certain malaise à la lecture de ce billet, pour plusieurs raisons. Comme d'autres, je n'ai pas été particulièrement choqué par la violence des Contis (ils n'ont fait que des dégâts matériels après tout), même si je n'aime pas la violence. Il s'agissait d'une réaction devant un comportement tout aussi brutal d'une entreprise à l'égard de salariés qui, en plus, avaient pris des engagements particuliers à son égard. Ces salariés ont perdu leur emploi, sans aucune chance d'en retrouver un autre dans ce coin-là. Certes, la violence de Continental n'a pas été matérielle, mais elle a été morale et sociale. Suis-je en train de te dire, cher lecteur, qu'il ne fallait pas condamner les Contis ? Pas du tout, mais le tribunal se devait de prendre en compte les spécificités de l'affaire. De plus, si la justice s'était amusée à condamner très durement les Contis, après que l'État ait laissé l'entreprise s'en tirer sans aucune conséquence, l'interprétation n'aurait pas été très positive et l'État aurait été accusé de casser les syndicalistes, plutôt que de condamner seulement quelques personnes désespérées ayant perdu leurs nerfs..
Certes, en comparaison, les profs sont très sages et respectent globalement les lois sur les conflits sociaux. Il est très rare qu'un enseignant se retrouve poursuivi, et les manifestations sont souvent des randonnées à travers Paris. De plus, les profs n'ont jamais utilisé les labos de physique-chimie pour préparer des bombes, et ne saccagent pas les préfectures et les rectorats.
Cependant, en ce moment, la souffrance au travail est réelle chez nous, et elle pourrait aboutir à des violences, surtout vu les réactions parfois déplorables d'une hiérarchie sans aucune marge de manœuvre. Cette violence ne surgit pourtant pas, pour une raison à mon avis très simple, que M. Bilger semble avoir oubliée : les profs, pour le moment, ne perdent pas leur travail, et si l'État est en ce moment en train de sabrer les emplois, il ne le fait qu'à partir des départs en retraite. Alors, nous faisons grève et nous sommes gentils, mais tout cela vient bel et bien de la sécurité de l'emploi.
Que se passerait-il si on nous licenciait ? Qui sait... Les labos de physique-chimie sont bien remplis...
Aujourd'hui, Bilger traite du même sujet que j'abordais hier, c'est-à-dire le droit de retrait exercé par les collègues se trouvant en position difficile au niveau de la sécurité. Prenant prétexte de ce sujet, il se lance dans une diatribe contre les salariés de Continental, qui ont mené plusieurs actions violentes l'an dernier pour essayer de sauver leurs emplois. L'article se finit par une couronne de louanges à l'égard des enseignants qui respectent le droit, et une critique acerbe de nos autorités qui n'écoutent pas ces bons enseignants pendant que les Contis ressortent sans sanction de leurs actions violentes.
J'ai éprouvé un certain malaise à la lecture de ce billet, pour plusieurs raisons. Comme d'autres, je n'ai pas été particulièrement choqué par la violence des Contis (ils n'ont fait que des dégâts matériels après tout), même si je n'aime pas la violence. Il s'agissait d'une réaction devant un comportement tout aussi brutal d'une entreprise à l'égard de salariés qui, en plus, avaient pris des engagements particuliers à son égard. Ces salariés ont perdu leur emploi, sans aucune chance d'en retrouver un autre dans ce coin-là. Certes, la violence de Continental n'a pas été matérielle, mais elle a été morale et sociale. Suis-je en train de te dire, cher lecteur, qu'il ne fallait pas condamner les Contis ? Pas du tout, mais le tribunal se devait de prendre en compte les spécificités de l'affaire. De plus, si la justice s'était amusée à condamner très durement les Contis, après que l'État ait laissé l'entreprise s'en tirer sans aucune conséquence, l'interprétation n'aurait pas été très positive et l'État aurait été accusé de casser les syndicalistes, plutôt que de condamner seulement quelques personnes désespérées ayant perdu leurs nerfs..
Certes, en comparaison, les profs sont très sages et respectent globalement les lois sur les conflits sociaux. Il est très rare qu'un enseignant se retrouve poursuivi, et les manifestations sont souvent des randonnées à travers Paris. De plus, les profs n'ont jamais utilisé les labos de physique-chimie pour préparer des bombes, et ne saccagent pas les préfectures et les rectorats.
Cependant, en ce moment, la souffrance au travail est réelle chez nous, et elle pourrait aboutir à des violences, surtout vu les réactions parfois déplorables d'une hiérarchie sans aucune marge de manœuvre. Cette violence ne surgit pourtant pas, pour une raison à mon avis très simple, que M. Bilger semble avoir oubliée : les profs, pour le moment, ne perdent pas leur travail, et si l'État est en ce moment en train de sabrer les emplois, il ne le fait qu'à partir des départs en retraite. Alors, nous faisons grève et nous sommes gentils, mais tout cela vient bel et bien de la sécurité de l'emploi.
Que se passerait-il si on nous licenciait ? Qui sait... Les labos de physique-chimie sont bien remplis...








3 commentaires:
Laissez-moi vos doléances, et je verrai.