jeudi 29 juillet 2010

Quelques corrections sur un billet récent.

Il y a quelques jours, je publiais un billet sur les gâchis de la fonction publique, en l'illustrant par l'exemple des applications informatiques du SIEC.

J'ai eu quelques échanges de mails avec, apparemment, une personne proche du système qui m'a donné quelques éléments à corriger, même si le fond du billet n'a pas été remis en question.

J'avais ainsi affirmé que les copies étaient payés 0,40 € à partir de la trentième copie. En fait, il semblerait que le tarif réel était de 1,20 € sans limite basse. D'autre part, on m'a affirmé que les profs étaient payés dès le premier candidat à l'oral, et non pas au cinquième.

J'admets ma grande perplexité devant tout cela, car je tenais mes informations de chefs d'établissement qui semblaient assez au courant. Décidément, si l'administration fait parfois du gâchis, ce n'est pas en communication interne.

Une utilité positive du soutien scolaire public : la lutte contre les mouvements politiques extrémistes.

Toi qui me connaît bien, cher lecteur, tu sais que j'ai souvent dénoncé, à l'encontre de la majorité, y compris de mes collègues, les dispositifs de soutien scolaire, pour diverses raisons, mais particulièrement parce que je les estime complètement inefficace. N'empêche, il faut bien admettre que les élèves (et les familles, qui poussent beaucoup derrière) ont une forte attente et demandent que des structures se mettent en place.

Elles existaient dans l'Education nationale, dans le passé. On les appelait les "études", qui sont progressivement devenues les "permanences". Avec la réduction des effectifs, il est de moins en moins possible de mettre réellement des personnels qualifiés face aux élèves durant ces périodes. Au début des années 2000, les élèves se tournaient donc vers des structures alternatives. En Seine-Saint-Denis, ce fut rarement vers des boites comme Acadomia. En effet, les cours y sont coûteux et les habitants du coin ne peuvent pas facilement bénéficier des réductions d'impôts, puisqu'ils n'en paient pas... Par contre, de nombreuses associations assument ce rôle, parfois fondées par les communes, mais pas toujours.

Lorsque j'étais gamin, dans ce grand département, le PCF était l'un des principaux pourvoyeurs d'aide scolaire. Lorsqu'il tenait des communes, il fondait lui-même des services qui utilisaient les militants. Les JC jouaient aussi ce rôle. Bien sûr, l'objectif n'était pas uniquement altruiste. Les militants espéraient bien en profiter pour papoter avec les jeunes et les amener progressivement vers le parti. Cependant, son effondrement (même s'il dirige encore plusieurs communes très importantes démographiquement) a amené à la disparition de nombreuses structures, créant de fait un vide...

...que certains se sont empressés d'occuper. Je te rassure, cher lecteur, il ne s'agit pas d'un autre parti. A un moment, certains collègues ont craint que le FN ne tente d'occuper la niche, mais il ne dispose pas des moyens pour le faire, où il n'a tout simplement pas choisi cet axe de développement.

Par contre, nos camarades islamistes, eux, ont tout de suite vu l'intérêt de ce vide. Au début des années 2000, nous avons vu apparaître de nombreuses associations donnant du conseil, pratiquant du coaching et fournissant du soutien scolaire. Ces radicaux bénéficiaient parfois du soutien et des locaux de la mosquée locale si celle-ci était tenue par les islamistes. A cette époque, nous avons vu surgir des discours assez offensifs dans les classes et contre l'institution scolaire. Ce fut très majoritairement vrai lorsque Sarkozy relança la polémique sur le voile. En effet, ces associations militaient envers les jeunes filles pour les convaincre que défendre le port du voile à l'école n'était pas accepter un recul de leurs conditions (c'étaient les profs rouges qui disaient ça ou quelques féministe échevelées) mais au contraire lutter pour leur liberté face à un Etat encore profondément marqué par l'esprit colonial. La loi cassa cette dynamique.

Ces associations, à notre grand dam, bénéficiaient souvent des soutiens financiers des communes locales, tenues par la gauche. Là, bien plus que sur d'autres sujets, les politiciens de gauche, sans doute pour draguer l'électorat local, semblaient vouloir pactiser avec ces encombrants alliés. Il est très difficile, pour nous enseignants, de comprendre comment le PCF en particulier, pourtant marqué par les théories marxistes sur l'usage de la religion en politique, a pu être amené à s'acoquiner avec d'authentiques groupes d'extrême-droite.

Si la mise en place du soutien scolaire par l'Education nationale ne visait pas du tout à cela mais à masquer la dégradation des conditions d'enseignement liée aux suppressions de poste, elle a eu ce bénéfice secondaire de créer un soutien animé par des profs et apparaissant comme bien plus attractif que les soutiens des islamistes. En effet, de nombreux parents n'y avaient recours que contraints par la question financière, et ont apprécié de pouvoir dépolitiser le soutien. Il serait bon que le PCF et le PS reviennent sur cette stratégie et traitent les islamistes, non pas comme de braves gens menant des entreprises de bienfaisance, mais comme d'authentiques militants prônant une idéologie bien éloignée des idées progressistes de la gauche française. De nombreux musulmans de nos communes seraient très satisfaits de voir les barbus privés de financements publics qui les légitiment aux yeux des cités.

Cependant, le problème demeure. Maintenant, les islamistes tentent de développer un soutien scolaire à destination des universités. Il faut dire aussi que le soutien y est très faible et qu'ils profitent encore d'un vide...

mardi 27 juillet 2010

Quelques éléments langagiers des lycées dit difficiles.

En cette période de congés estivaux, il me semblait important, cher lecteur, de faire le point sur les mots d'argot actuellement employés dans les bahuts difficiles de mon département. Il s'agit de te permettre de te repérer si tu devais, à un moment fortuit de ta vie personnelle, te retrouver face à de jeunes sauvageons et que tu devais, par obligation, tenter de communiquer.

Au premier abord, le langage de la banlieue parisienne est assez bien connu, largement diffusé par la télévision, par la musique et par quelques émissions de TV-réalité de bas niveau. Pas la peine, donc, de faire un cours complet.

De toute façon, il y a un moyen très simple de se débrouiller avec le langage des cités : il s'agit de l'exclamation "wesh".

Ah, le "wesh"... Lorsqu'on l'entend la première fois, évidemment, on a un moment de surprise, mais avec un peu d'habitude, on apprend facilement à le manipuler.

Le but du "wesh" est d'appuyer clairement une affirmation ou un ordre. Par exemple, au lieu de dire, "Sarkozy est mon président", on dira simplement : "Sarkozy est mon président, wesh !" A noter que ce système peut aussi marcher avec une phrase négative : "Sarkozy n'est pas mon président, wesh !", ce qui peut permettre à tout le monde de participer au débat.

Dans le cadre d'un ordre, on peut voir surgir un "bouge ton cul, wesh !" qui signifie que la phrase a déjà été prononcée une première fois mais qu'elle n'a pas été suivie d'effet. Un "ta gueule, wesh !" précède généralement une "stomb".

Lorsqu'un enseignant, par contre, utilise un wesh, cela signifie en général qu'il se moque de l'élève qu'il a en face de lui. Par exemple, un échange type :
"- Monsieur, j'ai oublié mon devoir à la maison, wesh !"
- Eh bien, si je n'ai pas ce devoir sur mon bureau avant ce soir, tu vas avoir un beau zéro, wesh !"
A ce moment-là, il faut vraiment appuyer sur le wesh et imiter l'accent banlieusard. Dans certains cas, les gamins ont bon esprit et comprennent la blague, mais dans d'autres, c'est très mal pris.

Il y a aussi un terme facile d'usage, que vous connaissez tous, cher lecteur. Il vous suffit de mettre un quoi à la fin de chacune de vos exclamations. Par exemple, si vous aimez un bon vin dites : "il est bon ce vin, quoi." Cette expression se diffuse très facilement, et moi-même, j'ai maintenant une lourde tendance à l'employer.

Si vous maîtrisez bien, vous pouvez vous risquer à mélanger les termes. Par exemple :
"- Wesh, il est bon ce vin, quoi !
- Tu as raison, wesh !"
Attention : on entend rarement un wesh et un quoi à la suite l'un de l'autre. Par contre, on peut facilement mettre plusieurs quoi à la suite, surtout lorsqu'il a conflit avec un adulte, particulièrement un enseignant. Par exemple :
"- Vous, là-bas, taisez-vous !
- Quoi, quoi, quoi, M'sieur ! J'ai pas parlé !"
Il est bien plus rare d'entendre plusieurs wesh à la suite. Certains de mes collègues, malveillants, appellent les jeunes de cité des "wesh wesh" mais je doute que les gamins emploient eux-mêmes ce terme à leur propos.

Au niveau des insultes, vous en connaissez la plupart, largement diffusée par les médias. Cependant, il faut en signaler trois qui restent assez méconnues mais qui ont pourtant un réel intérêt.

Ainsi, on entend parfois des gamins se faire traiter de bolos. Il semble que l'insulte varie en fonction des cités. Dans certains cas, le bolos (j'ignore si on retire le s au singulier) est un jeune blanc, "gaulois" d'origine, quelle que soit sa condition. L'insulte est donc utilisée entre jeunes de l'immigration. Dans d'autres cas, il semble que le bolos symbolise le jeune blanc issu de la bourgeoisie, c'est-à-dire le blanc habitant des communes comme Neuilly-sur-Seine et le Raincy. Dans ce cas, l'insulte peut être adressée à un blanc vivant en cité.

Une autre insulte, découverte il y a deux ans, est celle de fatou. J'ai mis du temps à comprendre de quoi il s'agissait. Si je résume bien, on adresse ce terme à une jeune femme noire, pour signifier qu'elle a encore comme mentalité celle d'une femme à peine arrivée d'Afrique. Apparemment, l'insulte est très mal vécue, car elle peut rapidement déclencher une bagarre. Je vous déconseille vigoureusement de l'utiliser.

Enfin, on entend souvent ressortir le terme de blédard (l'orthographe est de mon choix). Il s'agit d'un homme, issu de l'immigration, qui a encore la mentalité, les pensées et les pratiques du pays d'origine. Cette insulte-là, car c'en est bien une, semble relativement acceptée entre les jeunes eux-mêmes. Par contre, je doute de l'effet positif si un enseignant se risquait à l'employer par lui-même.

Que ferais-je si je n'avais plus de blog ?

Voilà la lancinante question posée par le Faucon hier matin et à laquelle je vais devoir répondre.

De fait, la question est incongrue. En effet, je ne pourrais pas ne plus avoir de blog. On peut supposer que cet endroit ne disparaîtrait pas si je cessais de l'alimenter. C'est d'ailleurs une vraie question : que deviendront, dans le futur, tous ces textes jetés nonchalamment sur internet ? Sont-ils éternels ? Seront-ils un jour écrasés dans la masse des données disponibles sur nos réseaux ? Poursuivront-ils une carrière, ressurgissant parfois dans le Google du futur ? Seront-ils tout simplement supprimés par nos fournisseurs d'accès une fois une certaine période d'inactivité écoulée ?

La question porte donc sur le fait de savoir ce que je ferais si je cessais d'alimenter mes blogs. Lourde question, car, si j'ai eu récemment des périodes de relâche, je n'ai pas encore réellement envisagé de cesser le blogage.

Cependant, ma vie est bien remplie. Je suppose que ce vide se remplirait très rapidement. Je ne sais ce que je ferais, mais je ferais sans doute quelque chose. L'inactivité n'a malheureusement jamais été vraiment mon fort...

On pourrait cependant se demander s'il est rassurant de passer autant de temps devant son ordinateur plutôt que de faire autre chose. Lourde question, celle-là aussi, que je poserai un jour dans une chaîne, tiens.

En attendant, je refile celle-là à Cycee, Donjipez, Rébus, Nefisa et Nicolas.

lundi 26 juillet 2010

Le Raincy : l'étonnant "petit Neuilly".

Lorsque j'ai annoncé à mes proches mon installation au Raincy, les réactions ont été très diverses. Alors que j'étais catalogué comme un gauchiste échevelé (et chauve par ailleurs), rêvant de pendre par les parties sensibles les bourgeois de notre planète, voilà que je me retrouvais à vivre dans l'une des villes les plus riches de France, habitée par des gens très aisés, et dirigée par le sémillant Éric Raoult, réputé dans la blogosphère française pour ses déclarations récentes sur Mlle Ndiaye et son Goncourt.

J'ai mis un peu de temps à m'intéresser réellement à la commune à cause d'une installation un peu mouvementée, puis des épreuves de bac et enfin à cause du sommet de la semaine dernière. Revenus de l'Allier, nous avions donc envie, avec la Privilégiée, de profiter de notre temps libre pour parcourir la commune.

Cela tombait bien : mon collègue blogueur, Philémon, annonça la mise en place sur la ville d'un PR permettant de bien saisir la réalité du Raincy et de nous faire une idée sur la population locale. Vendredi, en fin d'après-midi, nous nous sommes donc lancés sur ce parcours de 7 km, passant à côté de toutes les curiosités du coin. Nous nous attendions à découvrir les merveilles de cette commune que les habitants du département jalousent mais où ils rêvent de vivre.

Nous en sommes revenus assez étonnés.

Tout d'abord, alors que nous nous attendions à pouvoir regarder les belles maisons en meulière de la commune, nous avons eu la joie de regarder... des plaques de tôle. Eh oui, cher lecteur, au Raincy, la population se claquemure et s'enferme, désirant semble-t-il s'isoler de l'extérieur. Très rapidement, on éprouve le sentiment de circuler dans de grandes rues, finalement assez larges mais totalement encerclées par des murs haut de 2,50 m au moins. Ainsi, impossible d'apercevoir les résidences de la commune. Seuls les immeubles sont finalement visibles.

Ayant eu l'occasion, dans le passé, de me balader à Neuilly et à Chatou, et évidemment à Paris, je n'avais pas noté un tel enfermement. Est-ce la crainte du reste du département qui saisit les bourgeois de la commune ? Est-ce l'envie d'intimité ? Peut-être. Ne connaissant pas encore les habitants du cru, je ne sais quelles sont les dynamiques de ces haut-murs mais je n'ai pas franchement l'impression d'être menacé ici. Il est vrai que je ne ressens pas non plus la crainte près de mon lycée dit difficile, pourtant situé dans une commune très pauvre, car j'éprouve le fameux syndrome de Stockholm des gauchistes à l'égard des pauvres, d'après certains de mes commentateurs. Cependant, vu le dispositif de sécurité de la commune et le calme des lieux, je ne pense pas que la menace soit réelle.

Je m'attendais, d'ailleurs, à ce que des hordes de jeunes venant de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois parcourent régulièrement la ville, désirant pendre et dépouiller ces bourgeois qui les exploitent. En fait, les habitants de ces villes sautent directement du RER au bus sans se balader dans la commune, et ce sont les jeunes des familles locales qui parcourent le territoire de la ville. Les terrasses des deux bistros de l'avenue de la Résistance sont tout le temps pleines, et pourraient accueillir un Raincy des Blogs sans problème.

Mais ce sentiment d'enfermement dans l'espace public ne fut pas notre seul surprise, loin de là. Ce fut surtout l'état de l'espace public lui-même.

Dans une commune où l'on trouve une telle concentration de richesses, on s'attendrait à découvrir des rues arborées et en excellent état, des parcs particulièrement travaillés, des équipements publics sans cesse renouvelés... Tu parles !

Au contraire, plusieurs constatations se sont rapidement imposées à nous :
  • Tout d'abord, les rues que parcourt le PR, à l'exception de l'avenue centrale et de l'Allée du Village, sont dans un très mauvais état. Les trottoirs sont souvent déformés par les racines des arbres des propriétés environnantes. Des trous sont en formation à de nombreux endroits de même que des affaissements. Pourtant, dans les autres communes du département, dans la plupart des cas, la voirie est en bon état. C'est le cas à Villemomble, gérée elle aussi par l'UMP (je ne fais pas de procès politique à la droite locale ici), où les places et les trottoirs sont refaits régulièrement.
  • Et puis, il y a les deux squares de la ville que nous avons pu repérer. D'abord, les espaces verts sont très peu nombreux. Il y a bien le square Maunoury, juste à côté de la mairie, et la place des Fêtes, près de l'ancienne église de la commune. Cependant, ces deux zones sont dans un état lamentable : très peu d'aménagements paysagers, des tas de sable dans les coins, des ravins dans les allées, aucun jeu pour les enfants, quelques bancs miteux... Bref, aucun entretien et aucune valorisation de ces terrains...
  • ...et comme les maisons sont globalement très clôturées, on a le sentiment que cette ville, qui devrait être très verte, ne l'est pas tant que cela, voire est totalement saturée par le poids de l'urbanisation.
Il y a de vraies bizarreries là-dedans, et il me semble important de m'intéresser à la vie de ma commune, car j'aimerais bien comprendre quelle est la logique que suit la municipalité et pourquoi, en particulier, on laisse la voirie dans un tel état.

En attendant, finalement, ce "petit Neuilly" ne ressemble pas du tout à tous mes fantasmes de gauchiste sur les espaces bourgeois. Est-ce pareil dans les autres villes du même type ? Est-ce une spécificité locale ? Mystère, mais je vais bientôt aller marcher dans le XVIe arrondissement de Paris, au Vésinet, à Neuilly et à Saint-Germain-en-Laye pour vérifier que les trous dans les rues et les trottoirs appartiennent bien aux codes sociaux de la bourgeoisie.

vendredi 23 juillet 2010

Dégradation de la dette française par une agence chinoise : réponse.

L'ami Disparitus, emporté, me demande ce que je pense de la décision d'une agence de notation chinoise de dégrader notre note. Une note dans quelle matière ? Dans la matière "empruntons de l'argent pour financer les dépenses de l'État". Apparemment, les capitalistes chinois estiment qu'il est risqué maintenant de prêter de l'argent à la France. Disparitus y voit une illustration de la menace chinoise. Même si mon avis sur la question est loin d'être arrêté, je le partage, mais je ne vois pas dans cette décision-là une volonté conquérante d'une Chine elle-même menacée par la crise.

Évidemment, on peut s'étonner que la France se retrouve au même niveau que le Japon, le Royaume-Uni ou les États-Unis. L'endettement public est certes en croissance régulière, mais notre pays bénéficie d'un endettement privé encore assez faible par rapport aux pays n'ayant pas de systèmes sociaux et ayant poussé leurs populations à la consommation sans augmenter les salaires.

Cependant, je crois que, fondamentalement, cette agence a raison. Il faut souligner la gestion désastreuse de l'État et de ses finances par l'équipe en place, qui a consisté à sabrer les recettes tout en augmentant sans arrêt les dépenses, qui a visé à favoriser les plus riches contre les autres, et les électeurs de l'UMP contre les autres groupes de la population. Depuis 2002, la droite gère notre budget n'importe comment, et il faudra bien payer à un moment.

Il y a bien des moyens de résoudre ce problème de la dette. La gauche a des propositions, la droite en a d'autres, avec à chaque fois de multiples composantes. L'inaction actuelle est la pire de toutes.

mercredi 21 juillet 2010

Le 7 septembre : unité syndicale contre la réforme des retraites.

Melcalex nous l'apprend ce matin : la CFE-CGC a rejoint l'appel à la grève et à la manifestation lancé par l'intersyndicale pour lutter contre la réforme des retraites programmé par notre gouvernement pour la rentrée.

Le communiqué de presse est ici.

On en est à huit syndicats maintenant. Cette journée a une chance d'être un réel succès.

Emeutes urbaines de Grenoble : c'est encore la démocratie qui trinque.

Ah, cher lecteur, une bonne vieille émeute urbaine. Cette fois-ci, c'est Grenoble qui a subi ce phénomène, rappelant les événements de 2005. Immédiatement, les blogueurs, nombreux, se sont jetés sur le sujet et en ont tiré des conclusions.

Contrairement à tout ce petit monde, cher lecteur, je crois qu'il faut adopter une posture de démocrate. En effet, comme dans toute affaire criminelle, une enquête est en cours et devrait aboutir à des conclusions qui seront rendues publiques et que nous pourrons juger. Actuellement, c'est l'I.G.P.N. qui se charge de l'enquête sur la mort de ce braqueur.

Beaucoup de blogueurs, agacés et souhaitant l'arrivée d'une politique de la matraque pour résoudre nos problèmes de sécurité, assènent sur notre pays ce concept-choc : "il l'a bien mérité, ce Karim Boudouda !"

Ainsi, mes camarades se vautrent dans le même travers qu'ils reprochent aux gamins des cités et participent à la sape de l'autorité. Je m'explique.

Reprenons l'histoire. Un homme braque un casino et est pris en chasse par la police. Il tombe sous les coups de feu des forces de l'ordre. Or, dans notre démocratie, l'usage de la force est permise aux forces de l'ordre dans le cas de la légitime défense de soi-même ou d'autrui et en cas d'une menace inattendue et immédiate. Les policiers affirment que Boudouda les menaçaient. Tout à fait normalement, une enquête doit avoir lieu pour vérifier que le policier qui a fait usage de son arme a bien respecté ces principes.

Dans ces affaires, personne, ni les gamins des cités, ni les hommes politiques, ni les journalistes, ni les blogueurs, ne prend plus la peine d'attendre que les autorités administratives et judiciaires fassent leurs travaux. On part dans le jugement à l'emporte-pièce.

Car je te le rappelle, cher lecteur : notre droit a aboli la peine de mort. Plus aucun acte n'entraîne la mort d'un homme ou d'une femme. On ne peut donc pas mériter de s'être fait tuer, sauf si on a soi-même tenté d'ôter la vie à des individus qui se sont défendus et que la mort était le seul moyen d'éviter le pire. Dire que Boudouda l'avait méritée avant que l'enquête ne l'affirme est donc au mieux un exemple de non-respect de la présomption d'innocence. Les jeunes des cités ne font pas autre chose en considérant que seuls les flics sont systématiquement responsables de tout acte de violence auquel ils participent.

Tout ce qui manque, dans tout cela, ce sont quelques principes et valeurs bien ancrés. Dommage que sur ces questions, ils s'évaporent rapidement dans la nature...

Journal régional contre journal national.

Comme tu as pu t'en rendre compte, cher lecteur, je viens de passer quatre jours de vacances en province, dans l'Allier, pour rencontrer mes camarades des Gueules et d'autres amis qui se sont joints à nous pour partager le boire et le manger.

Durant cette période, j'ai eu l'occasion, pour des raisons diverses, de me retrouver, assez tôt le matin, à la terrasse d'un bistro de Cosne-d'Allier, bourgade située à proximité du village où nous avions établi nos quartiers. J'ai ainsi pu observer les pratiques de la population locale.

Devant attendre environ une heure, j'ai pris l'initiative d'acheter deux canards pour passer le temps : le quotidien local, La Montagne, et Libération, pour suivre les péripéties de l'affaire Woerth. Contrairement à moi, la très grande majorité des clients de la maison de la presse située en face du bistro se sont munis de la Montagne, délaissant les journaux nationaux.

Or, l'écart est grand entre les deux types de journaux. Certes, le canard local consacre quelques pages aux actualités nationales, voire quelques encarts aux actualités internationales, mais la très grande majorité des articles est centrée sur l'actualité locale voire très locale. Lundi matin, le journal mettait en une un grave accident de voiture ayant emporté trois jeunes durant le week-end précédent, à proximité de Vichy, alors que Libération titrait sur les méandres de l'affaire Woerth et les dernières révélations de M. de Maistre.

Une question saute alors à l'esprit. Il est évident que, en fonction du choix de son journal (non pas entre éditions nationales mais entre éditions nationales et locales), on a une vision de l'information totalement différente. D'un côté, on se concentre sur la vie de sa région, et on oublie sans doute souvent les péripéties du pays et encore plus de la planète. De l'autre, on se consacre à une actualité nationale détachée de la vie locale. A Paris, le phénomène me semble moins lourd parce que le Parisien, notre canard régional, consacre nettement plus de pages aux actualités générales.

Peut-on alors estimer que nos concitoyens de province ne se renseignent pas sur l'actualité générale ? Bien sûr que non. Les autres médias sont là pour faire le relais. Ce choix illustre cependant les difficultés d'une presse nationale qui ne parvient pas à séduire de nouveau, alors que les Français restent très attachés à une information locale qu'ils n'obtiennent pas par ailleurs.

Les journaux nationaux sont-ils fichus ? Il est vrai que leur prix n'a cessé de croître, alors que la quantité d'information disponible n'a cessé de diminuer et que la qualité est parfois très discutable. De plus, ces journaux apportent une plus-value de moins en moins nette, alors qu'internet permet de s'informer tout aussi facilement. Les journaux locaux ne souffrent pas, semble-t-il, de cette évolution, car ils restent abordables et amènent une information différente.

Comment faire évoluer une presse nationale en difficulté ? On pourrait imaginer, par exemple, qu'elle évolue bien plus vers une presse donnant des analyses et des idées, et moins des informations brutes. Ce n'est bien sûr qu'une proposition, cher lecteur...