Difficile réveil en ce dimanche matin.
dimanche 22 novembre 2009
Le département, mis en place par Napoléon ? L'histoire selon Sarkozy.
Difficile réveil en ce dimanche matin.
samedi 21 novembre 2009
La notion de Panthéon : à revoir.
Faisons, quelques instants, un peu d'histoire : depuis 1791, avec deux interruptions tout de même, le Panthéon a été conçu comme un temple civique, censé glorifier d'abord les héros de la Révolution française, puis la République et en même temps la France et sa riche histoire. Ainsi, toute une disposition particulière des corps de ces grands hommes (il n'y a qu'une femme dans mon souvenir, Marie Curie) est organisée pour symboliser une histoire de notre pays. La première fois que j'ai visité ce monument, je me souviens avoir été très frappé par la mise en scène autour des deux corps de Voltaire et de Rousseau, mis face à face, dans le but de symboliser leur affrontement philosophique, si important pour les révolutionnaires.
Au XIXe siècle, cette église républicaine avait un sens, avec une jeune révolution qui tentait de survivre et de s'affirmer face aux multiples symboles royaux. Ensuite, progressivement et malgré l'influence des deux Empires, la République a repris le Panthéon à son compte et s'en est largement servi. La Ve République n'a pas démérité, puisqu'elle a fait entrer 10 personnes au Panthéon, Alexandre Dumas étant le dernier à avoir été installé là, en 2002. Sarkozy se place donc dans une vieille tradition pour les présidents de la Ve, puisque De Gaulle, Mitterrand et Chirac avaient déjà eu cette pratique.
Pourtant, dans une société moderne et stabilisée, je ne vois pas bien l'intérêt de poursuivre ce genre d'actions. Qui, aujourd'hui, se soucie de savoir qui entre dans ce temple ? Je ne dis pas que Camus ne méritait pas cet honneur, mais que cela n'a plus grand sens aujourd'hui. De plus, s'il ne s'agit plus d'installer la Révolution ou la République, c'est donc bien pour un usage strictement politicien qu'on use encore de cet endroit. Enfin, il s'agit encore d'une manière, pour l'État, de fixer sa version de l'histoire, en décidant qu'un écrivain, ici Camus, a eu, pour notre pays, davantage d'importance qu'un autre. Le fait que Sarkozy prenne cette initiative n'est pas innocent : il avait déjà décidé que Môquet était le symbole de la résistance. Voici maintenant venu le temps du symbole de la littérature.
Le Panthéon est aujourd'hui un monument, une source sur la manière dont notre État, à certains moments, s'est mis en scène et a mis en scène les acteurs de notre histoire. Il est passionnant pour cela. Maintenant, il serait temps que l'État sorte de ces actes politiques et cesse de vouloir instrumentaliser notre histoire. Laissons aux spécialistes, aux historiens, aux citoyens eux-mêmes, la liberté de choisir leurs écrivains. En proposant d'ailleurs l'étude de certaines œuvres aux enfants dans les programmes scolaires, la République prend déjà le parti de privilégier certains auteurs contre d'autres. Cela devrait largement nous suffire, sans y ajouter ce décorum, matinée de manipulations politiques grossières…
Les sans-papiers de la Porte de Lilas mobilisent.
Si vous êtes dans le coin, allez leur dire bonjour et discuter avec eux. Vous passerez un bon moment.
jeudi 19 novembre 2009
Les journalistes m’énervent : vérifiez vos informations, nom d’une pipe !
Aujourd'hui, Luc Chatel a dévoilé son projet définitif de réforme des lycées, projet très inquiétant sur lequel je vais revenir dans les prochains jours. Une journaliste du Monde publie un petit article en y insérant deux interviews de représentants syndicaux du SE-UNSA et du SNES-FSU.
Et puis, voilà que je lis cette phrase :
« Négociée durant de longs mois avec les partenaires syndicaux, le projet est bien accueilli par le syndicat des enseignants (SE). »
Cette phrase est tout simplement fausse. Je m'explique.
A la fin de la dernière année scolaire, Richard Descoings a présidé une commission réfléchissant au lycée. Il a reçu les syndicats et les a écoutés, mais il n'a rien négocié. Son rapport a repris certaines positions syndicales, mais uniquement celles que Descoings trouvait acceptable.
Le 12 octobre, Sarkozy a fait un discours. Certes, quelques éléments défendus par les syndicats ont été repris, mais ils sont bien maigres. Or, Sarkozy n'a négocié avec personne (ce n'est pas son genre).
Depuis, Luc Chatel a reçu plusieurs fois les dirigeants de quelques syndicats seulement (SNES, SGEN, UNSA…), soit les syndicats ayant signé les points de convergence avec le ministère à la mi-2008. En clair, on enterre la dizaine d'organisations restantes, dont certaines importantes (SUD et la CGT) et le syndicat de droite des profs (SNALC-CSEN). Il a beaucoup écouté, mais n'a rien négocié du tout. Et aujourd'hui, sort un projet qui n'a pas vraiment évolué depuis le discours de Sarkozy. Que le SE trouve ce projet intéressant, c'est une autre chose : cela prouve juste que ce syndicat est davantage en accord avec le gouvernement que les autres.
Mais peut-être est-ce un problème de vocabulaire ? Pour moi, une négociation signifie qu'on confronte deux visions, qu'on tente d'en faire une synthèse et qu'on aboutit à un accord acceptable pour les deux parties. En cas d'échec, on engage une épreuve de force. Apparemment, pour les médias, une négociation, cela consiste à écouter les différents acteurs d'un milieu, puis à faire ce que l'on veut.
On a bien besoin d'un rapport de force, et pas seulement avec Luc Chatel…
mercredi 18 novembre 2009
Doit-on forcément être dirigé par des egos surdimensionnés ?
Qui peut bien vouloir, cher lecteur, prendre la tête d'un pays de plus de 60 millions d'habitants, avec toutes les responsabilités que cela implique, n'est-ce pas déjà être névrosé ? De Gaulle, Mitterrand, Clémenceau, Blum n'étaient-ils pas eux-mêmes travaillées par des egos surdimensionnés ?
La question pour les citoyens serait plutôt de savoir comment désigner celui ou celle qui serait le moins atteint, dont les névroses ne ruineraient pas totalement l'action politique. A l'évidence, Sarkozy comme Royal correspondent pourtant complètement à cette situation. Authueil pense que nous n'avions pas d'autres choix en 2007, et il a sans doute raison.
C'est effrayant, d'imaginer les inconscients des personnes qui nous dirigent. C'est encore plus effrayant de penser que j'ai donné ma voix à l'un d'entre eux lors des dernières élections.
Finalement, qui est le plus névrosé ? Le politique déséquilibré ou l'électeur qui l'a mis au pouvoir ?
Nicolas Sarkozy progresse...
Ils ont tort.
Le Président a enfin compris à quoi sert un Premier ministre.
En effet, Fillon a servi de défouloir et de fusible hier aux élus.
Espérons que le chef de l'État puisse maintenant acquérir l'idée de séparation des pouvoirs et d'équilibre des pouvoirs, et il aura saisi complètement les recettes de cuisine de la Ve République.
mardi 17 novembre 2009
Les deux heures d'accompagnement éducatif en lycée : dégradation des cours et renoncement des enseignants.
En réalité, une fois n'est pas coutume, le gouvernement est en train de mettre en œuvre une réforme dont le but est de réduire massivement les dépenses publiques. Le lycée est parfait pour cela : il coûte cher et le ministère lorgne dessus depuis longtemps. Cela était déjà le cas avec la suppression du redoublement, mais il y a d'autres aspects.
Pour vendre son projet, Sarkozy a insisté sur les deux heures d'accompagnement éducatif. Contrairement aux expérimentations déjà effectuées dans 200 lycées dit difficiles, ce système concerne tous les élèves qui se verront attribuer deux heures d'accompagnement à la place de deux heures de cours. Comme le système devient obligatoire, les élèves pourraient recevoir soit du soutien, soit du renforcement pour les bons élèves, soit de l'aide à l'orientation (sûrement effectuée par les enseignants eux-mêmes, totalement incompétents sur cette question), soit des stages de « correction de trajectoire » pour pouvoir changer de filière en première.
Où se trouve l'économie, vu qu'on maintient le même taux-horaire ? Pour que le nombre d'heures de cours des élèves n'augmentent pas, les pouvoirs publics ont décidé de transformer deux heures de cours existantes en heures d'accompagnement. Ces deux heures seront sûrement les deux heures d'aide individualisée qui existaient déjà mais qui ne concernaient que quelques élèves par semaine en maths et en français. Ces heures vont donc devenir obligatoire pour tous, ce qui correspond, bizarrement, à une augmentation de la présence en cours, ce qui peut paraître totalement contradictoire. Or, ces heures vont permettre au ministère de justifier le maintien d'effectifs pléthoriques dans nos classes. La logique est simple : continuer à dire aux élèves que le cours n'est pas le plus important (puisqu'il est chargé à bloc) et qu'on ne peut pas s'y faire aider, mais que l'aide est fournie par le ministère en parallèle. Régulièrement, la présence en cours est ainsi dévalorisée par le système. On poursuit la même stratégie de replâtrage.
Les élèves recevront donc des enseignements différents dans le même lycée, mais aussi au plan national. Même si des textes de cadrage doivent être publiés, on peut supposer que chaque établissement fera sa sauce. Dans mon lycée dit difficile, on fera du soutien ou des ateliers d'écriture, pendant que dans les lycées centraux de Paris, on renforcera encore plus des élèves déjà avantagés pour les préparer aux parcours élitistes.
Pourtant, beaucoup d'enseignants accrochent, convaincus que les cours sont devenus si inefficaces qu'il nous faut mettre en œuvre ces aides. Pourtant, les collègues se posent de moins en moins la question de connaître les causes de ces difficultés en cours. Comment peut-on avoir une attention pour chaque élève dans des classes à 35 voire à plus ? Comment peut-on mettre en place des aides pour les élèves lorsqu'on a un programme énorme à boucler et que l'on voit les élèves 2h30 par semaine, à 35 ? Persuadés qu'ils ne l'emporteront plus, les profs se rabattent sur cette solution-placebo qu'est le soutien scolaire. Système inégalitaire et symbole de notre défaite dans la recherche d'une école de qualité, il est de plus en plus accepté voire soutenu.
Et si, chers collègues, nous redevenions un peu fiers de notre travail et que nous affirmions ce que nous voulons ?







