mercredi 11 novembre 2009

Maintenir le 11 novembre a un sens.

L'an dernier, nous avions eu un rapport d'une commission dirigée par André Kaspi, nous proposant de réduire le nombre de commémorations officielles, rapport rapidement enterré sous la pile de la multitude de rapports produits par nos institutions.

Aujourd'hui, le président remet en cause la célébration de la fin de la première guerre mondiale, en voulant transformer cette journée en un symbole de la réconciliation franco-allemande. Un prétexte fut trouvé : il n'y a plus de poilu en vie, et donc plus de besoin de commémorer la fin de ce carnage.

Pourtant, le 11 novembre est l'une des commémorations les plus importantes. Il ne s'agit pas de célébrer la gloire de la nation victorieuse ni la victoire contre les boches.

Le 11 novembre marque la fin de la plus grande boucherie militaire de notre histoire (la 2ème a fait moins de morts en France, même en y incluant les victimes civiles). Notre société fut durablement marquée par la violence qui s'installa dans les rapports politiques durant les vingt années suivantes. La paix qui en sortit ne fut qu'un pis-aller dramatique. Enfin, ce conflit fut l'un des fondements des totalitarismes qui s'installèrent en Europe durant les années suivantes. La première guerre mondiale est donc un élément fondateur de notre histoire récente, et ne pas en parler, sous prétexte que le dernier poilu n'est plus, est d'autant plus insultant à l'égard de ces hommes, sacrifiés par nos gouvernements.

Commémorer cette date est donc primordial, et il n'y a en plus aucun sens à en faire une journée franco-allemande. Pourquoi ne pas plutôt choisir la date-anniversaire du Traité de l'Elysée, par exemple, sans avoir besoin d'y coller un jour férié ? Je n'essaie pas de dire que la relation avec l'Allemagne n'a aucune importance, bien au contraire, mais que, dans la multitude de commémorations qui ponctuent l'année, le 11 novembre n'était certainement pas celle qu'il fallait faire disparaître.

Et si on se débarrassait de l'une de ces fêtes religieuses catholiques dont la majorité des Français se moquent, et qu'on déplaçait le jour férié sur la date du traité de l'Elysée, le 22 janvier ?

mardi 10 novembre 2009

Camarades, réjouissons-nous de la chute du Mur.

Bon, maintenant que l'ensemble de nos élites a célébré la fin du bloc soviétique, il est temps de s'exprimer sur ce sujet, totalement d'actualité malgré les vingt années qui nous séparent.

Contrairement à de nombreux militants de gauche, et même si j'étais encore un tout jeune homme en 1989, je dois dire que la chute du Mur a été une véritable joie. En effet, enfin, la version totalitaire du socialisme s'écroulait. La gauche avait été polluée, depuis le début du siècle, par ces théories basées sur les avant-gardes éclairées et sur les révolutions et dictatures sanglantes, qui ne faisaient que reproduire des systèmes identiques à ce qui pouvait se faire de pire dans le monde capitaliste. Certes, l'effritement du marxisme-léninisme était perceptible depuis les années 1960, mais cet effondrement aurait dû nous permettre de passer un cap.

En effet, la leçon est claire : pour construire un système alternatif au capitalisme, la seule voie possible est la démocratie. Nous devrions tous être prêts à envisager que la critique d'un autre système subsiste, toujours, continuant sans cesse à nous montrer ce que nous faisons mal. L'URSS a fait faillite à cause de cette incapacité d'entendre toute critique de son système, de l'impossibilité de remettre en cause ses apparatchiks, de son inefficacité économique et sociale. L'URSS est morte, et c'est tant mieux.

D'autant plus que le vainqueur de ce conflit n'est pas le libéralisme. Ah, cher lecteur, depuis trois jours, les libéraux affirment leur triomphe. Pourtant, ne soyons pas dupe. Le système qui a existé dans les pays développés durant les Trente Glorieuses n'avait rien de libéral. Au contraire, les pays européens ont développé des systèmes sociaux complexes, des relations sociales denses avec un vrai poids des syndicats, une intervention régulière de l'Etat, tout cela dans un cadre démocratique et quelle que soit la couleur de la majorité en place, très souvent conservatrice. Cette organisation a produit une des croissances les plus fortes de l'histoire humaine et une formidable amélioration des conditions de vie en Occident, dans un cadre totalement démocratique. Nos camarades de l'Est ont perçu cette réussite, et ont bien compris que leur modèle, malgré ses bonnes intentions, ne leur permettaient pas de vivre mieux et les obligeaient à supporter le poids d'une dictature sans aucune légitimité.

Le libéralisme nouvelle version n'a commencé à s'imposer qu'au début des années 1980, et on peut douter qu'il ait eu un impact réel sur l'URSS et ses satellites. Les défauts du système, la crise économique, la guerre en Afghanistan, les souffrances des populations ont eu bien plus de poids. Par contre, le libéralisme est le premier à se targuer d'une victoire usurpée. Je rappelle que ce sont les économies libérales des années 1920 en Europe qui ont échoué et ont failli basculer dans le communisme, pour finalement s'écraser dans le fascisme (heureusement que la Tchécoslovaquie jusqu'en 1938, la France jusqu'en 1940 et le Royaume-Uni ont sauvé l'honneur).

Nous n'avons pas, camarades, à avoir honte de nos ancêtres et du passé de la gauche. L'idéal communiste pouvait largement séduire, l'existence d'un pays socialiste aussi influent que l'URSS leurrer. Au contraire, nous pouvons nous dire que tout est encore à faire, que nos idées ont eu des succès mais qu'elles sont encore largement perfectibles, et qu'il est temps de reprendre l'offensive contre une société capitaliste et de plus en plus libérale qui soulève questionnements et critiques sur l'ensemble de la planète.

Rangeons le Mur dans nos souvenirs, dans le dossier des leçons importantes de l'histoire, et avançons. Contrairement à ce que nous pensons souvent, le meilleur est devant nous !

PS : dans les idées démocratiques et à soutenir, Luc Mandret souligne une phrase cohérente et pleine de bon sens de Ségolène Royal. Pour une fois, il faut en profiter.

dimanche 8 novembre 2009

La chaîne du redoublement : faut-il maintenir cette spécificité de l’Education nationale ?

On commence maintenant à se rendre compte des différents aspects de la réforme des lycées que Nicolas Sarkozy a annoncé il y a bientôt un mois. En effet, son VRP… euh, son ministre, Luc Chatel, distille très lentement les éléments techniques sur ce qu'il adviendra du lycée français.

Dans le discours de Nicolas Sarkozy, une annonce est passée relativement inaperçue, et pourtant, elle est réellement porteuse de nombreuses remises en cause du système éducatif français : « le redoublement doit devenir l'exception. »

Ah, le redoublement… Il n'a cessé de se réduire en France. Aujourd'hui, on ne peut plus redoubler en collège sans que les parents l'acceptent, et seul le passage de la seconde à la première reste sous le contrôle du système éducatif. Régulièrement, l'OCDE nous tacle sur ce système jugé totalement inefficace. En effet, en seconde, environ 15% des élèves redoublent, et dans certains lycées difficiles, comme le mien, on monte, les mauvaises années, à près de 30% de redoublement, voire plus… Ce sujet est un thème passionnel, d'abord entre enseignants, mais aussi entre citoyens de courants politiques différents.

J'ai d'ailleurs été très surpris que ce soit un président de droite, plutôt conservateur, qui annonce cette mesure, mais je te rassure de suite, cher lecteur, la logique est évidente : le redoublement coûte chaque année à la nation 7 milliards d'euros ! Le président ayant indiqué qu'on maintiendrait les moyens humains au lycée, qu'à cela ne tienne ! Dans deux ans, on commencera à supprimer des places en seconde puisqu'il n'y aura plus les 15% de redoublants pour les occuper, et les moyens diminueront d'eux-mêmes (je parle bien sûr des postes d'enseignant ici). Il ne restera plus que le redoublement en terminale, mais attention, le président n'a encore rien dit sur la question. Encore une fois, la logique financière prédomine, sans qu'on se pose de questions sur l'efficacité ou l'inefficacité de la mesure.

Personnellement, j'ai toujours été très partagé sur cette question. A l'évidence, et malgré toutes les bonnes intentions des profs, le redoublement reste vécu comme une punition par les élèves, et dans la très grande majorité des cas, comme les grandes difficultés ne sont pas traitées par l'Education nationale, les élèves restent exactement au même niveau et font un passage en première catastrophique, voire sont réorientés vers les autres lycées ou vers Pôle emploi. Depuis huit ans que j'enseigne, je n'ai connu que deux élèves dont les redoublements ont semblé avoir une réelle efficacité, et peut-être deux autres cette année, mais il est encore un peu tôt pour le dire. Ces cas correspondent à des situations très particulières. Attention, je parle ici du redoublement en seconde, car en terminale, c'est différent. La très grande majorité des redoublants finit par obtenir son baccalauréat au deuxième coup, même dans un lycée général très difficile comme le mien.

La mesure vaut-elle le coût ? Ma pratique professionnelle m'empêche de répondre, mais je crains qu'elle ne bénéficie qu'à une toute petite minorité des victimes de cette mesure. Il y a aussi un côté social au problème. Aujourd'hui, les redoublements sont inégalement répartis : ils se concentrent dans les quartiers populaires où prédominent nos concitoyens les plus pauvres. De fait, ils sont souvent vécus comme une discrimination sociale.

Comme je le disais plus haut, les enseignants sont très partagés. Certains s'opposent totalement au principe, d'autres estiment que c'est l'une des seules armes que nous avons pour obliger les élèves à travailler sérieusement en seconde. Cependant, je crois que la majorité reste très dubitative mais est consciente qu'il s'agit là d'un pilier d'un système français très hiérarchisé et totalement appuyé sur la contrainte et la mise sous pression, voire l'humiliation, des élèves.

Ce débat concerne aussi l'ensemble des citoyens, qui sont parents d'élèves, qui ont déjà, peut-être, doublé eux-mêmes et qui sans doute des choses à en dire, et se réduire à l'argument financier est, comme d'habitude, extrêmement réducteur.

Alors, j'avais envie de lancer une chaîne sur le sujet. Je sais que les chaînes éducatives ont peu de succès dans la blogosphère française, mais je trouve que ce sujet, même s'il n'est pas un grand sujet, pose de vraies questions sur nos visions de la société et la manière dont nous voulons élever nos enfants.

Je voudrais donc avoir l'avis de mes contradicteurs habituels sur les sujets éducatifs (Suzanne, Oaz, Cycee, l'Hérétique, SOS Education, MGP) mais peut-être aussi d'amis (Manuel et Fabrice ?) et de contradicteurs moins centrés sur l'éducation comme le Faucon, Rubin, Hypos (je sais qu'elle a des proches dans le système éducatif) et pourquoi pas Sarkofrance, qui en aurait aussi ?

Et puis, qui veut, parce que j'aimerais bien voir ce que les citoyens non-enseignants en pensent…

samedi 7 novembre 2009

Identité nationale ta mère !

Depuis que le gouvernement a lancé sa charge sur l'identité nationale, malgré le piège évident qu'elle représente, les blogueurs ne cessent de publier des billets, certains assez touchants et même intéressants, d'autres que je trouve parfois étonnant.

Par exemple, l'Hérétique nous propose un système de points pour accéder à la nationalité française. J'espère qu'il proposera de déclasser l'ensemble de nos concitoyens qui "sifflent l'hymne national, brûlent notre drapeau, s'en prennent à nos institutions et à nos forces de protection (police, pompiers, ambulances et hôpitaux), agressent et/ou volent ceux dont on veut être le concitoyen". Ainsi, avec la dernière partie de la phrase, on pourrait se débarrasser d'une bonne partie de la classe politique française et de nos élites, comme certains banquiers par exemple.

Tiens, c'est marrant. En plein débat sur ce thème, les sans-papiers mènent un mouvement social d'ampleur mais qui reste peu évoqué par la presse, pour obtenir le respect de leurs droits élémentaires. A la Porte des Lilas, ils sont toujours là, depuis le 12 octobre ! Heureusement que les blogs québécois estiment nécessaire de relayer l'information...

Bon, pour en finir avec ce thème, j'ai envie de te faire partager, cher lecteur, un texte assez connu par ailleurs de Fustel de Coulanges, que je travaillais avec mes élèves dans l'ancien programme d'histoire-géographie, et qui les fait assez bien réagir :

En octobre 1870, l’historien français Fustel de Coulanges répond à l’historien allemand Th. Mommsen. Celui-ci avait affirmé que l’Alsace était allemande en s’appuyant sur des arguments ethniques et linguistiques.

« […] Vous croyez avoir prouvé que l’Alsace est de nationalité allemande, parce que sa population est de race germanique et parce que son langage est allemand. Mais je m’étonne qu’un historien comme vous affecte d’ignorer que ce n’est ni la race ni la langue qui fait la nationalité.
Ce n’est pas la race : jetez en effet les yeux sur l’Europe et vous verrez bien que les peuples ne sont presque jamais constitués d’après leur origine primitive. Les convenances géographiques, les intérêts politiques ou commerciaux sont ce qui a groupé les populations et fondé les États. Chaque nation s’est ainsi peu à peu formée, […] sans qu’on se soit préoccupé de ces raisons ethnographiques que vous voudriez mettre à la mode. Si les nations correspondaient aux races, […], la Russie et l’Autriche se diviseraient chacune en trois ou quatre tronçons. Votre théorie des races est contraire à tout l’état actuel de l’Europe. Si elle venait à prévaloir, le monde entier serait à refaire.
La langue n’est pas non plus le signe caractéristique de la nationalité. On parle cinq langues, et pourtant, personne ne s’avise de douter de notre unité nationale. […]. Vous vous targuez de ce qu’on parle allemand à Strasbourg ; en est-il moins vrai que c’est à Strasbourg que l’on a chanté pour la première fois notre Marseillaise.
Ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. […]. Voilà pourquoi les hommes veulent marcher ensemble, ensemble travailler, ensemble combattre, vivre et mourir les uns pour les autres. […]. Il se peut que l’Alsace soit allemande par la race et par le langage. Mais par la nationalité et le sentiment de la patrie, elle est française. Et savez-vous ce qui l’a rendu française ? Ce n’est pas Louis XIV, c’est notre révolution de 1789. […].
Vous êtes, Monsieur, un historien éminent mais, quand nous parlons du présent, ne fixons pas trop les yeux sur l’histoire. La race, c’est de l’histoire, c’est du passé. La langue, c’est encore de l’histoire, c’est le reste et le signe d’un passé lointain. Ce qui est actuel et vivant, ce sont les volontés, les idées, les intérêts, les affections. L’histoire vous dit peut-être que l’Alsace est un pays allemand ; mais le présent vous prouve qu’elle est un pays français. […].
Soyons plutôt de notre temps. Nous avons aujourd’hui quelque chose de mieux que l’histoire pour nous guider. Nous possédons au XIXe siècle un principe de droit public […]. Notre principe à nous est qu’une population ne peut être gouvernée que par les institutions qu’elle accepte librement, et qu’elle ne doit aussi faire partie d’un État que par sa volonté et son consentement libre. […]. Si l’Alsace est et reste française, c’est uniquement parce qu’elle veut l’être. Vous ne la ferez allemande que si elle avait un jour quelques raisons pour vouloir être allemande. »

Fustel de Coulanges, L’Alsace est-elle allemande ou française ?, Réponse à Th. Mommsen, professeur à Berlin, 1870.

Franchement, j'envie le Faucon de pouvoir ainsi partir en vacances...

Ouh, le privilégié qui se plaint de ne pas avoir de vacances : c'est fait exprès pour attirer les trolls ! Je vais bientôt être la Rama Yade de la blogosphère...

vendredi 6 novembre 2009

La chaîne des trois premiers billets politiques.

Ce soir, je n'avais pas envie de bloguer. J'avais bien l'intention, ce matin, de parler de la Cour des comptes, qui découvre deux ans après que les enseignants l'aient crié sur tous les toits, que la suppression de la carte scolaire créait des ghettos, mais enfin, je trouve cette phrase largement suffisante.

Alors, soyons léger. Polluxe m'a tagué dans une chaîne visant à faire le bilan de mes trois premiers billets politiques, voire si j'y adhère toujours aujourd'hui et comment je les juge, avec le recul et plus d'un an et demi de blogage. Plusieurs ont déjà répondu, et je prends donc le train en route.

Trois billets, donc, que j'avais écrit alors que je me trouvais aux États-Unis, chez ma sœur et sa famille. Ils venaient de me convaincre de me lancer dans le blogage public :

  • Le tout premier, « Qu'est-ce qu'un enseignant performant??? Une question bien difficile à éclaircir... », n'est pas totalement incohérent, mais il est lourdement écrit et est bien loin de résumer le problème. J'ai ensuite tenté de ré-aborder ce thème à plusieurs reprises, plus ou moins bien d'ailleurs.
  • Le deuxième était, déjà, consacré aux suppressions de postes dans l'éducation, dont la première vague était en cours. Là, je ne renie rien de ce billet, toujours totalement d'actualité, avec la masterisation et la réforme des lycées.
  • Le troisième, « La société "Fat free" », a longtemps figuré parmi mes billets préférés. J'aime bien les récits de voyage, même les miens (je sais, je suis arrogant !)

Bon, allez, on fait tourner : je désigne Manuel, Fabrice, Rimbus, Oaz, Suzanne et Homer. Au travail !

Mon Wikiopole.



Bon, c'est un billet pour rien, mais j'adore ces tentatives de rendre réelle et visible la trame virtuelle d'internet. Wikiopole est une tentative, parmi d'autres...

jeudi 5 novembre 2009

Robert Hue, sauveur de la gauche ?

Stef me demande si je pense que l'initiative de Robert Hue, c'est-à-dire la création du Mouvement Unitaire Progressiste, peut représenter une possibilité pour un rassemblement de la gauche. J'ai d'ailleurs eu de la chance de repérer ce lien, car Stef, tu as mis un lien feedburner : heureusement que je suis abonné à ton blog.

Au départ, cher lecteur, j'ai cru que c'était une blague...

Et puis, j'ai écouté l'interview. Bon...

Il ne dit pas n'importe quoi, mais de là à penser qu'il peut incarner réellement un renouvellement, lui qui fut dirigeant du PCF et candidat de ce parti à la présidentielle...

Attendons de voir, avec beaucoup de scepticisme tout de même...

PS : tiens, certains croient que la Confédération Européenne des Syndicats défend des positions qui sont majoritaires chez les syndiqués. Etonnant, non ?