jeudi 4 septembre 2008

C'est mon centième billet : fêtons cela avec Nicolas Sarkozy.

Aujourd'hui, cher lecteur, je rédige mon centième billet sur ce blog. Cela fait 4 mois que je blogue, et je n'ai pourtant pas eu l'impression d'écrire autant. Quand je relis le premier, je me dis que beaucoup de chemin a été fait. Pour fêter dignement cet événement qui va retentir dans la blogosphère, je vais te parler un peu de notre cher président, et non pas de Rachida Dati enceinte, d'autres le font mieux que moi et font des visites avec...

De plus en plus, je m'interroge sur l'école politique à laquelle se rattache Nicolas Sarkozy. Lorsqu'il a été élu, j'ai eu tendance à le classer dans la catégorie des immondes libéraux. Au départ, certaines des mesures prises par le gouvernement, comme le projet de loi TEPA par exemple, rentraient complètement dans cette définition. Les réductions massives de postes que connaît la fonction publique y vont aussi, de même que la disparition de certains impôts (droits de succession) ou le bouclier fiscal. Parallèlement, la volonté de briser le mouvement social, tout en menant des négociations sur la démocratie syndicale, en était très proche.

Et pourtant, aujourd'hui, je m'interroge fortement. Je vais te donner deux exemples, cher lecteur, de ces interrogations qui me minent en ce moment.

C'est d'abord le cas du RSA. Même si la taxe sur le capital qui doit le financer est tempérée par le bouclier fiscal, le mode de financement est totalement hors de l'idéologie libérale. D'ailleurs, la charge que mène certains blogs de cette obédience contre cette taxe démontre que nous en sommes loin. En plus, comme je le découvre ici, l'État va tenter d'exploiter cette taxe à vide pendant six mois pour renflouer les caisses. Là, je suis troublé.

Et l'accord signé ce soir entre l'assurance-maladie et les syndicats infirmiers rajoutent à mon trouble. Voilà que l'État va réglementer l'implantation des infirmières pour aider les régions défavorisées au plan des soins. Il est vrai que la France est marquée géographiquement par une véritable fracture de la santé : les régions peu peuplées et le Nord vivent moins longtemps que le Sud et les Parisiens. Cependant, il faut aussi faire attention, car la mauvaise répartition des équipements et des personnels de santé n'est pas la seule cause de cette situation. L'alimentation, les modes de vie, les niveaux de vie et l'emploi jouent aussi sur ces inégalités territoriales.

Les libéraux, qui soutiennent la liberté pleine et entière des individus de vivre là où ils veulent (sauf pour les étrangers, faut pas pousser), vont sans doute dénoncer les résultats de cette négociation.

Et pourtant, cher lecteur, pour moi, cet accord n'est pas non plus de gauche. Nous savons en effet que les infirmiers manquent en France, et pas seulement parce qu'ils sont mal répartis. Si j'étais au gouvernement, j'aurai plutôt ouvert le numerus clausus pour permettre aux infirmiers libéraux d'être plus nombreux et j'aurai renforcé le système hospitalier par des embauches et des investissements en parallèle dans les régions en difficulté. Imposer aux gens de travailler là où ils ne le veulent pas ne me semble pas non plus une bonne chose car cela peut nuire à la qualité du travail. Pour pallier, on pourrait très bien aider les communes à financer des centres médico-sociaux en payant bien les infirmiers et les médecins pour les faire venir. Finalement, je suis contre cet accord aussi, mais pour d'autres raisons que les libéraux.

Au final, Sarkozy n'est pas libéral et pas de gauche non plus. Il ne fait que gérer des pénuries, tout en ne se donnant pas les moyens de regarder vers l'avenir. Je ne peux même pas dire qu'on se bat contre une idéologie quand on lutte contre Sarkozy. Finalement, on ne sait même pas contre quoi on lutte. Ce président a une force : il perd tout le monde, même son propre camp. Si tu as une explication, cher lecteur, je t'attends...

PS : tu remarqueras que depuis mon premier billet, je suis devenu un pro du lien...

6 commentaires:

  1. Charlatan Crépusculaire5 septembre 2008 à 00:53

    Non, Sarkozy n'est ni de gauche, ni libéral. Son idéologie n'en est pas une, purement une idéologie de caste à forte connotation patronale. Je te propose une lecture simple des exemples que tu donnes :
    - réduction des postes de la fonction publique : réduction du déficit + l'amour des patrons pour les fonctionnaires...
    - financement du RSA : taxer les revenus du capital est plus gênant pour les petits actionnaires que pour les gros. La solution vraiment sociale aurait été de taxer les transactions. Dans l'ensemble des taxes actuelles, c'est certainement une des plus "libérales" (je mets les guillemets car aucune taxe n'est libérale si on les écoute...). Les libéraux ferait mieux de râler contre la taxe professionelle s'ils veulent vraiment trouver un baudet sur qui crier.
    - l'accord sur les infirmiers. Là, je dois dire, c'est une réponse pratique à un problème existant depuis longtemps. Mais bon, il y a encore du chemin à parcourir (et ça ne date pas de Sarko). L'aspirine est toujours un produit de pharmacie.

    Bref, être anti-Sarkozy, c'est être anti-patronal. Il faudra mettre un nom sur ça un jour; "Lutte des classes", ça t'irait ?

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  2. @ CC : non, franchement, cela ne me va pas.

    Je suis tout à fait conscient des processus de luttes de classe et du fait que Sarkozy favorise ouvertement les riches. Maintenant, je n'aime pas trop le systématisme. Le fait de dire que tous les patrons sont d'accord avec Sarkozy me semble très réducteur.

    La lutte des classes, pourquoi pas, mais faire du simplisme, je ne suis pas d'accord.

    A bientôt,

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  3. salut Mathieu,
    non les libéraux ne revendiquent pas la liberté "pleine et entière des individus de vivre là où ils veulent (sauf pour les étrangers, faut pas pousser)"....

    C'est une bien vilaine caricature : les libéraux revendiquent la liberté pleine et entière de circuler et de vivre là où ils veulent pour TOUS LES ETRES HUMAINS.

    Je veux bien qu'on ne soit pas libéral, je veux bien qu'on critique le libéralisme et qu'on en montre les faiblesses. Mais faisons-le en montrant ce qu'est vraiment le libéralisme !

    Tu ne trouveras jamais un libéral qui t'explique qu'il faut la liberté pour certains et pas pour d'autres. Cela va à l'encontre de la vision du droit qu'on tous les penseurs libéraux : quelque chose qui doit être universalisable et devant lequel chacun est traité de la même manière.

    à bientôt !

    PS : il faudrait que tu actives dans ton interface d'admin la fonction de suivi des commentaires par mail ; sinon c'est dur de savoir qu'il y a une réponse...!

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  4. @ LomiG : alors, là, je te conseille fortement de lire les billets des autres blogs du réseau LHC. Il y a de nombreux billets qui me démontrent que les libéraux le sont parfois plus avec les blancs qu'avec les autres...

    Personnellement, je pensais que les libéraux seraient en lutte contre la politique du contrôle des migrations menée par le gouvernement Sarkozy.

    PS : c'est activé. Il faut cocher la case quand tu laisses un commentaire. Là, je comprends pas...

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  5. Charlatan Crépusculaire5 septembre 2008 à 13:52

    :p
    Oué, j'ai volontairement caricaturé. Mon propos sous-jacent est que l'idéologie de Sarko est le capitalisme, et le capitalisme n'est que peu compatible avec le libéralisme (ça reste très réducteur, je sais). Je n'ai jamais attendu qu'il soit libéral vu qu'il n'a jamais eu le moindre soupçon d'élan libéral dans sa carrière.
    Cela dit, ça n'est pas parce qu'il va dans ce sens que tous les patrons sont d'accord (ce que je n'ai pas dit).

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Laissez-moi vos doléances, et je verrai.

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