mercredi 8 octobre 2008

Correctif important au classement wikio

Cher lecteur,

Je voulais signaler que j'ai fait une erreur importante dans mon
dernier billet concernant les classements wikio. J'ai démontré ainsi qu'en lisant trop vite, on fait des bêtises, et je le redirai encore à mes élèves.

Je vous ai donné le classement général de nos deux blogs. En vérité :
  • Mon blog est classé 630e du classement divers, mais je devrai dès le mois prochain être remis dans la catégorie politique.
  • Avec nos gueules... est 389e du classement politique.

Et voilà donc, chers lecteurs, les choses justes remises à leurs justes places.

lundi 6 octobre 2008

Le 7 octobre, une nouvelle grève des profs...

Cher lecteur, ce soir, je devrai être en pleine forme. En effet, je viens de rentrer dans le classement Wikio. Eh oui, c'est un fait avéré : j'occupe désormais la ... 1352e place du classement divers !!! Et, je te rassure, avec mes camarades d'Avec nos gueules..., nous trustons littéralement la ... 5711e place du classement politique. Bon, je sais, cher lecteur, on ne bosse pas depuis très longtemps, et il va nous falloir un travail long et douloureux pour parvenir à nous hisser vers le haut de la blogosphère. En plus, l'accession à la tête du classement de Nicolas et la montée de nombreux blogs que j'aime beaucoup m'ont vraiment fait plaisir.

Et pourtant, cher lecteur, je suis d'humeur maussade. En effet, demain, je vais encore perdre 76 € et quelques centimes. Ai-je joué aux courses ? Ai-je fait des paris sur les résultats de France-Tunisie ? Il n'en est rien. Demain, à l'appel du SNES-FSU et de la CGT-Educ'action, je serai en grève.

Ah, j'attends évidemment tous mes commentateurs libéraux qui vont venir, avec leurs gros sabots, me dire que je suis un sale privilégié, que je remets en cause le service public, que je ne pense pas à mes élèves qui se lamentent de ne pas pouvoir jouir du savoir. Je vois venir Manuel, mon compère, qui va me dire que dans ce contexte de crise financière, ce n'est vraiment pas le moment. Je les vois tous approcher de moi et exiger que je retourne au travail.

Je ne sais pas combien de jours de grève j'ai pu faire dans ma carrière de prof. En tout cas, une chose est sûre : je n'ai jamais participé à un conflit victorieux. En 2001, j'ai commencé à bosser. A ce moment-là, l'Éducation nationale était calme : Jack Lang ne faisait rien pour faire évoluer le système. Puis, dans un contexte dramatique, la droite est revenue au pouvoir, et depuis, les dépenses et les investissements dans l'Éducation n'ont cessé de se réduire. Chaque année depuis 2002, nos syndicats nous font descendre dans la rue au moment de la discussion sur le budget, attirant pas mal d'enseignants sur la question des salaires, mais sans aucun relais dans la population. Jusqu'en 2007, les luttes étaient plutôt molles, malgré les discours des libéraux qui affirmaient que nous étions d'infâmes privilégiés qui profitions honteusement de statuts d'un autre âge (celui de la libération en fait, honteuse période d'interventionnisme massif de l'État dans la vie de la nation, tu sais, l'époque où la croissance était à 5%).

Et puis, Sarkozy est arrivé au pouvoir. Bizarrement, la moitié des enseignants ont voté pour lui, parce qu'il promettait un véritable investissement dans l'Éducation et une revalorisation du statut des enseignants. Mes collègues ont péché par excès d'optimisme, pensant avant tout à un éventuel intérêt propre plus qu'à la logique de notre pays et de l'éducation de nos enfants : que n'ai-je entendu souvent mes collègues se féliciter de la mesure sur les emprunts immobiliers.

Nous avons vite déchanté. Certes, sous Darcos, l'école n'a que peu bougé, mais depuis 2007, nous sentons la pénurie. Aujourd'hui, sur mon académie, il n'y a plus de remplaçants dans une dizaine de disciplines. Nous savons qu'il suffit d'un arrêt-maladie longue durée pour que le lycée se retrouve dans un désordre pas possible. A la rentrée 2009, 13 500 postes vont disparaître, et nous savons tous que le système est au bord de l'explosion.

L'an dernier, il n'y a pas eu de mouvement massif d'enseignants. Certes, les lycéens se sont un peu bougés là où des postes disparaissaient, mais contrairement à l'imagerie populaire, les profs n'ont pas vraiment suivi. Nous étions persuadés que la population, soumise à la même austérité que les années précédentes, ne nous soutiendrait pas, et que le message que l'Éducation n'était plus une priorité était admis par la majorité. Certes, environ 4 000 postes ont été sauvés l'an dernier, dans les bahuts où les parents et les élèves se sont mobilisés, mais l'ambiance est morose.
En ce début d'année scolaire, les annonces se poursuivent, plus sombres les unes les autres. Hier, on annonce dans le primaire la suppression des Réseaux d'Aide et de Soutien aux Élèves en Difficulté (RASED), 3 000 profs spécialisés dans l'aide aux élèves très difficiles dans le primaire, qui vont être remis devant des classes classiques, alors que l'État avait fait des dépenses massives pour les former, et qu'on demande à des profs non compétents de faire du soutien dans toutes les classes. De plus en plus, on est dans l'incohérence et dans le non-sens.

Dans cette morosité éducative, la grève de demain s'annonce peu suivie, sauf peut-être dans les zones les plus difficiles. J'ai bien failli ne pas la faire, me disant que la lutte était perdue et que je ferai mieux de garder mes 76 €.

Et puis, la crise financière a commencé, et là, j'ai vu que notre pays venait d'accepter, avec la bénédiction de tous, de mettre 22 milliards d'euros pour les PME et 3 milliards dans Dexia, pour réparer les conneries des élites, soutenus par les mêmes libéraux qui vont remplir ce blog de commentaires haineux, en deux jours ! Alors que nos mêmes élites nous disent qu'il n'y a plus de pognon pour éduquer les gosses ! Franchement, cher lecteur, cette moralité, cette idéologie sont à gerber.

Alors, regonflé à bloc, je vais me lancer à nouveau en grève, et je défilerai demain. Je perdrai mes 76 €, mais je vais au moins avoir le sentiment de me battre pour une idée, pour un modèle, pour un espoir, pour un progrès. Pour l'école publique, que j'aime et qui vaut le coup qu'on se batte pour elle, malgré tous ses défauts que je dénonce régulièrement ici.

De toute façon, j'aime les manifs, on a l'impression d'être vivant. Cela ne sert peut-être à rien, mais ça fait du bien !

Si tu veux venir manifester avec les profs, qui se joindront ensuite au cortège de tous les salariés qui manifestent à l'appel de la CIS pour le travail décent, le rendez-vous est à 14h00 au métro Sèvres-Babylone à Paris, et partout en France. Continuons à affirmer nos idées, les amis, et battons-nous.

dimanche 5 octobre 2008

Les politiques se moquent de nous avec la dette : l'interdiction de l'usage de la planche à billets (partie I).

Il y eu un temps économique où la dette publique et la dette privée, cher lecteur, n'était pas des objets d'inquiétude comme elles le sont aujourd'hui. Ce temps, vas-tu me dire, doit être lointain, sans doute dans les tréfonds du XIXe siècle puisque l'État n'y avait pas d'activité très diversifiée comme aujourd'hui. Tu ne peux pas, privilégié, parler de la période pré-révolutionnaire, car je me souviens, trace de mon apprentissage scolaire, que la monarchie absolue s'effondra aussi à cause de l'immense dette qu'elle avait accumulée. Mais non, cher lecteur, tu te trompes, je te parle ici de l'époque dite des Trente Glorieuses (Jean Fourastié), période durant laquelle l'État, les entreprises et les particuliers s'endettèrent beaucoup mais où cela n'eut pas grande importance, période durant laquelle la France connût une croissance à 5%/an en moyenne, chiffres que tous les productivistes actuels regardent la bave aux lèvres.

Mais comment cela était-il possible, privilégié ? Que me racontes-tu là ? La période des Trente Glorieuses est très intéressante à étudier historiquement. En 1945, la France sort de la guerre avec un potentiel économique totalement détruit : n'oublie pas, cher lecteur, que l'Allemagne a affronté sur notre sol les armées américaines, canadiennes et anglaises pendant dix mois, et cela laisse des traces. En plus, la même Allemagne avait largement pillé le potentiel économique de notre pays durant l'occupation. Il fallait donc reconstruire et, pour cela, investir. Certes, notre pays a pu compter sur la manne américaine à travers l'aide du Plan Marshall, mais l'État dû aussi emprunter, et en grande quantité. Souviens-toi, cher lecteur âgé, du plan Pinay par exemple. A la même époque, les ménages empruntèrent aussi, pour s'équiper de tous les biens modernes qu'offrait cette période (automobile, réfrigérateur, maison individuelle, lave-linge...). Le phénomène a été accru par la création de la Sécurité sociale, système d'épargne forcée, qui obligeait les citoyens à mettre de côté une partie de leur épargne, mais qui les dégageait de la nécessité d'épargner par eux-mêmes dans tous ces domaines : la part de l'épargne personnel consacrée à ce domaine s'effondra. Les entreprises suivirent le mouvement, Si on se trouvait dans la période actuelle, un tel investissement aurait dû provoquer un endettement considérable qui aurait dû couler littéralement les consommateurs, les entreprises et la puissance publique.

Il n'en fut rien. Bien au contraire. Comment ? Grâce à un outil très intéressant : la planche à billet. Imaginons : je suis un État et j'emprunte beaucoup. Je dois donc, pour payer mes intérêts et rembourser le capital aux capitalistes qui me l'ont prêté, prélever des impôts sur les citoyens, qu'ils travaillent dans le secteur privé ou dans le secteur publique. Ces citoyens réclament donc des hausses de salaire. Dans une période où les syndicats sont forts, le chômage faible, les investissements et les profits massifs, les entreprises et l'État accordent ces hausses pour permettre la consommation, mais cela entraîne mécaniquement une hausse des prix. Les salariés réclament donc à nouveau des hausses de salaire et ainsi de suite. Ce phénomène provoque, et c'est là le noeud du problème, une baisse régulière de la valeur de la monnaie.

Tu pourrais me dire, cher lecteur, que cela devait être horrible. En fait, pour l'État, il y avait un avantage fort : les intérêts et les capitaux à rembourser perdaient chaque année de leur valeur, ce qui maintenait la dette à un niveau faible et permettait à la puissance publique de ne pas trop augmenter les impôts et surtout de continuer à investir. Pour les ménages et les entreprises, le calcul était le même : le poids d'un emprunt immobilier ou des dans le budget déclinait régulièrement, l'achat devenait facile sur le long terme, et la construction était entretenu par le phénomène. Pour les entreprises, le calcul était identique : l'immobilisation se réduisant chaque année en poids budgétaire, on peut en remettre un peu plus.

Qui y perdait ? Les capitalistes et les rentiers bien sûr ! Mais à l'époque, ils acceptèrent la situation, d'abord à cause du contexte politique et sociale (crainte du communiste avec son couteau entre les dents), mais aussi parce que la période et sa croissance très forte permettait des profits très intéressants par ailleurs. Ce système a permis une croissance vigoureuse de notre société. Il a aussi modifié nettement la répartition du PIB entre le capital et le travail, approchant presque du 50-50. C'est grâce à ce système que notre démocratie libérale a survécu au marxisme-léninisme. Attirés par ce système, les pauvres ont finalement pu constater qu'ils vivaient quand même mieux que leurs camarades de l'Est. Grâce à cette croissance, le communisme totalitaire a été vaincu.

Pourtant, bien loin des idéologies, le contexte a progressivement changé. Quelques points là-dessus :
  • Il est vite apparu que le communisme soviétique ne séduisait plus les masses. Certes, le PCF faisait encore, à la fin des années 1960, 21% des voix, mais les Français étaient conscients de l'échec de l'URSS à améliorer la vie de ses citoyens. D'ailleurs, lors de la révolte de mai 1968, ce sont des idées libertaires et en rupture avec le PCF qui se sont exprimées.
  • A la fin des années 1960 arrivent sur le marché du travail les baby-boomers. Diplômés et souhaitant vivre aussi bien voire mieux que leurs parents, ils provoquent quand même une tension sur le marché du travail du fait de leur nombre très important. A la fin des années 1960, le chômage refait surface en France alors que la croissance reste forte, mais à l'époque, on a pas encore conscience de l'ampleur du phénomène.
  • A la même période, débute la révolution technologique de l'informatique. Pour les entrepreneurs, ces systèmes ont de multiples avantages. Ils permettent de supprimer de l'emploi non-qualifié, de faire des économies sur les salaires et de faire des économies sur les qualifiés, en en embauchant moins mais, paradoxalement, en accroissant considérablement la productivité.
  • L'économie mondiale change aussi. De nouveaux pays d'Asie commencent à remettre en cause la domination occidentale sur l'économie, et les usines des NPI et du Japon inondent le monde de produits de bonne qualité et moins chers. Apparaît là une source d'emplois vraiment pas chère, et la révolution des transports peut en permettre l'exploitation.
  • Cette arrivée de nouveaux acteurs suscite un début de hausse des prix des matières premières. A l'époque, seuls les entreprises commencent à s'en inquiéter. Les Etats et les citoyens n'ont pas encore conscience du risque de voir l'inflation augmenter d'un coup et menacer l'équilibre de l'ensemble de l'économie.

Pour essayer de conclure cette première partie, l'analyse historique de la période des Trente Glorieuses permet de montrer que l'épisode keynésien des années 1940-1960 a permis une croissance forte et une bien meilleure répartition des richesses que par le passé. Cependant, dès la fin des années 1960 apparaissaient des signes de faiblesse qui auraient dû être pris en compte par les acteurs économiques de l'époque. Cependant, comme d'habitude, les processus sont allés au bout, et lorsque la crise démarre en 1973, nos amis keynésiens n'ont pas encore mené le travail nécessaire pour faire évoluer l'économie de l'époque.

samedi 4 octobre 2008

Tout cela est absurde, mais faut bien faire avec...

Il y a des moments, chers lecteurs, où l'absurdité de la vie vous rattrape. Chaque jour, nous vivons nos existences un peu comme des zombies. Tous, nous savons que la vie a un début et une fin, qu'il n'y a potentiellement rien après, mais nous nous obstinons à mener des existences qui sont censées avoir un sens. Cet aveuglement permanent est, quand on y réfléchit, sans doute le signe d'une volonté de nier la réalité des choses, et d'essayer de survivre, quand même, d'une manière un peu insouciante.

Et puis, parfois, sans qu'on le veuille vraiment, brusquement, la réalité vous rattrape. Cela m'est arrivé aujourd'hui.

Cette année, j'ai la chance d'enseigner une discipline où je suis un tandem avec un professeur d'une autre discipline. Ces expériences pédagogiques sont passionnantes et me démontrent chaque jour qu'il est encore plus enrichissant pour les élèves de jouir du fonctionnement de deux cerveaux en simultané, qui résonnent, raisonnent et s'activent en même temps pour tenter de leur faire apprendre des trucs.

Durant l'une de nos heures de cours, nous avons piqué une colère, et une grosse. Nos élèves ne bossaient pas. C'était vendredi, beaucoup étaient fatigués par les fêtes de la semaine, et cela fait quatre semaines qu'ils bossent : ils commencent à peiner. Alors, j'ai fait mon show du prof en colère, un peu déçu et désabusé, qui aligne les élèves paresseux. Je suis assez bon à ce petit jeu-là, mais ça m'épuise terriblement. Je les ai serinés pendant quelques minutes, et ma collègue a alors pris le relais.

C'est alors que cela a surgi. Je m'appuyais sur le bureau pendant que ma collègue s'énervait sur eux. Une colère d'un prof est déjà impressionnante, mais quand deux s'y mettent, c'est d'autant plus dur. Je regardais leurs visages tendus, baissés, certains qui exprimaient de la révolte, d'autres de la culpabilité, quelques-uns de l'indifférence. Et là, j'ai été pris par l'absurde. Je me suis rappelé qu'il y avait une fin, et que les souffrances infligées à ces gamins n'avaient pas vraiment de sens, que tout allait finir un jour, et qu'on ferait mieux d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. La mélancolie m'a saisi, pendant quelques secondes à peine, me laissant dans un drôle d'état.

L'engueulade s'est terminée, et nous avons repris le travail. J'ai mis un petit moment à remettre le voile de l'hypocrisie sur la réalité. Encore maintenant, l'image de la logique de la vie me traverse . Sans doute, demain, il n'y paraîtra plus, et, pendant quelques jours, semaines ou mois, n'y penserai-je plus, continuant à former ces jeunes pour qu'ils utilisent au mieux leurs cerveaux dans le futur.

Plus je vieillis, plus les moments où l'absurdité de la vie ressurgit sont fréquents. Je suppose que le poids des ans, les expériences et les deuils l'imposent. Dans ces instants, je me dis que les écrits de ce blog sont tout aussi vains que le reste. Et puis, je me reprends, et je repars.

Mais quand même, cher lecteur, toute cette vie, c'est absurde, non ?

vendredi 3 octobre 2008

Tiens, une nouvelle blogowar !

Cher lecteur, en ouvrant ce matin mon netvibes et en lisant mes blogs favoris, je découvre un phénomène absolument scandaleux.

Ça y est, alors que la crise financière devrait marquer fortement nos différences, LOmiG, un infâme libéral, et Nicolas, un sémillant gauchiste, ont fait alliance. Répondant à l'appel de François Fillon de faire l'"unité nationale", les deux blogueurs se linkent mutuellement pour tenter de faire sauter le classement wikio. Nicolas a cependant rendu le défi un peu plus intéressant, en ajoutant que le but était de savoir lequel des deux a la plus grosse ! Nicolas commence d'ailleurs à frapper fort en mettant un article sur un second blog. Vu qu'il en a quatre qui sont actifs, la blogowar peut aller très loin, occultant complètement les affrontements entre le même Nicolas et Embruns cet été : on est là à un tout autre niveau.

Cher lecteur, je dénonce cette alliance de circonstance. J'appelle les left_blogs et le réseau LHC à sanctionner très sévèrement ces deux blogueurs déviants. C'est une honte, ma bonne dame !

Bon, en attendant, je suis assez curieux de savoir lequel des deux va parvenir à obtenir le plus de clics... Ça, c'est mon côté joueur... Je parie quand même sur Nicolas, nettement plus fréquenté, et en plus, les collectivistes sont bien plus nombreux, n'est-ce-pas, LOmiG ?

Je sais d'où viennent toutes les annonces de Sarkozy : la réponse ci-dessous.

Comme tu l'as sans doute entendu depuis plusieurs jours, cher lecteur attentif, notre joyeux président de la République regorge d'initiatives en ce moment. Sonné un moment par la crise financière, le voilà qui réapparaît sans cesse, suivi par son joyeux gouvernement un peu à la peine. Cela donne parfois quelques couacs : François Fillon nous annonce que le Livret A va soutenir les PME (alors qu'il sert normalement au logement social) puis le président décrète le rachat de 30 000 logements pas encore construits dans le parc privé, sans qu'on comprenne très bien le sens de la mesure.

Mes camarades blogueurs s'interrogent sur la logique de cette suractivité qui semble contredire en plus les annonces rassurantes du gouvernement. N'oublions pas que notre système bancaire est censé être d'une solidité à toute épreuve alors que l'ensemble de la finance mondiale est plongé dans la tourmente. Quoi ??? Tu l'avais oublié, cher lecteur ??? Ah, heureusement que je suis là pour te rappeler la bonne parole.

J'ai moi-même été troublé par cette poussée d'adrénaline du président de la République. Je tentais de l'expliquer par des raisonnements divers de mes collègues blogueurs, certains cassant la nullité de la politique présidentielle, les libéraux s'offusquant du retour de l'interventionnisme de l'État et d'autres que le président et ses amis veuillent refonder le capitalisme en quelques jours.

Mais rassure-toi, cher lecteur, j'ai tout compris !!! Cela m'a pris du temps, mais je crois avoir saisi le sens de tout cela. En fait, notre président cherche seulement à occuper, encore et toujours, le devant de la scène médiatique. Avant, il l'avait fait avec Cécilia, puis avec Carla ou encore avec le fiston. Mais là, la crise financière a tout balayé, à tel point qu'on ne parlait plus de sa majesté : les reportages photos de sa femme et lui à New York sont presque passés inaperçus.

Alors, pour revenir, Sarkozy s'est dit : "Et si je faisais de la politique sur la crise financière, vu qu'on ne parle plus que de ça ?" Alors, forcément, cher lecteur goguenard, je ne peux que t'inviter à la modération. Le président n'a plus fait de politique depuis un moment, se contentant du show-bizz et du bling-bling. Il faut que tu lui laisses un peu de temps, et tout devrait aller pour le mieux dans quelques semaines. Les réflexes lui reviendront vite.

Ah, tout cela pour les médias, encore et toujours. Je me demande presque si on aurait pas plutôt dû lui conseiller de faire Secret Story ou la Star'Ac. Bon, évidemment, avec la présidence, on est sur le devant de la scène pour cinq ans : imparable, ça...

mercredi 1 octobre 2008

Statistiques des deux derniers mois pour un privilégié.

Malgré mon engagement du 1er août, je vais te faire, cher lecteur fidèle, un bilan de la fréquentation de ce blog. Je sais que tu es angoissé par l'absence de parution du classement Wikio, et ce petit billet va te permettre de sublimer tout cela.



Entre le 1er août et le 30 septembre 2008, j'ai reçu 2719 visites et 1373 visiteurs uniques absolus. La croissance est régulière : j'ai eu plus de monde en deux mois que durant les trois premiers mois du blog, alors que je n'ai quasiment pas fait de billet en août, vacances de privilégié oblige. Je remercie en tout cas particulièrement les lecteurs fidèles qui me lisent et me commentent tous les jours : cela me fait progresser un peu plus chaque jour dans la clarification de mes idées politiques, et j'espère que vous prenez un peu de plaisir.



Voici la liste des blogs et des sites de référencement qui m'ont amené plus de dix visiteurs, soit par des référencements, soit parce que j'ai laissé des commentaires chez eux, soit je ne sais pas pourquoi :







Wikio : 42











Par rapport à un billet précédent, il est évident que Betapolitique a bien plus d'impact que Wikio. Ce qui est le plus drôle, c'est que je n'ai jamais demandé à être référencé sur ce site.


Dorénavant, je ferai ces billets tous les mois. Pourquoi ? Parce que cela m'amuse, cher lecteur curieux...

Quelques réflexions sur l'obésité et la malbouffe.

Aujourd'hui, Manuel a publié un intéressant billet, suite à un post de Nicolas hier sur les mesures du gouvernement contre l'obésité. S'est engagée ensuite une discussion intéressante à huit mains (pour le moment). Cela m'a rappelé un texte publié sur mon ancien blog le 22 août 2007, à mon retour des États-Unis. J'y demandais qu'on laisse les gros et les maigres en paix, et qu'on paie leurs soins. J'ai d'ailleurs évolué là-dessus, car je ne crois plus à l'importance de l'éducation des enfants par l'école mais plutôt par la famille. Je maintiens cependant que les cantines scolaires doivent jouer un rôle qu'elles ne peuvent remplir vus les moyens disponibles. Voici donc ce texte un peu remanié et corrigé. Bonne lecture !

"Mon voyage aux États-Unis et mon passé récent m'ont amené à me poser des questions sur la façon dont notre société construit un modèle non seulement social mais aussi individuel qu'on tente de nous imposer.

Lorsque je vivais encore chez mes parents, avant 2001, j'étais un individu de constitution normale, avec un poids qui correspondait à ma taille, d'après ce que disait le médecin. Puis, j'ai déménagé dans mon premier domicile, où j'ai commencé à vivre ma vie de célibataire indépendant. J'ai constaté, au bout d'un an et demi, que certains de mes vêtements devenaient trop petits, mais à l'époque, j'ai considéré que cela venait des vêtements, et non de moi-même. J'ai vécu ainsi sans me poser de questions, et j'estimais que je devais me situer quelque part entre 80 et 90 kg (pour 182 cm). Un beau jour d'octobre 2004, j'étais chez mes parents avec ma soeur qui m'a mise au défi de remonter sur une balance, ce que je me suis empressé de faire pour ne pas paraître couard. Et là, avec effarement, j'ai découvert que je faisais 99 kg bien tassés !!!

Normalement, en comparant ma taille et mon poids, j'étais obèse. Pourtant, sur le moment, même si j'ai eu un sentiment d'abattement, j'ai continué à vivre comme avant, et je ne me suis pas senti mal. J'ai commencé à faire régulièrement du footing avec ma soeur, ce qui m'a permis de tomber à 91 kg, mais le poids repartait à la hausse dès que j'arrêtais de courir. C'est en juin 2006 que j'ai eu un déclic et que je me suis dit que j'en avais marre de ce corps : j'ai pris contact avec une nutritionniste, et j'ai remis en ordre mon alimentation. J'ai perdu, depuis juin 2006, 18 kg et maintenant, je me sens à nouveau bien. Pourtant, je supporte de plus en plus mal le processus de culpabilisation que mène la société contre les gros.

J'ai pu voir cet été que ce mouvement était particulièrement fort aux États-Unis, pays des obèses par excellence. Tous les magazines, toutes les publicités, toutes les personnes célèbres mettent en valeur la minceur, dans un pays où le système économique pousse les citoyens à manger largement au-dessus de leurs besoins alimentaires. L'industrie, loin de promouvoir une alimentation saine et équilibrée, pousse à la consommation de compléments de repas chers et dangereux pour la santé s'ils sont mal utilisés, tout en mettant en avant une nourriture de mauvaise qualité et trop importante en quantité de l'autre côté. Ma soeur et son mari, heureux habitants de la lointaine Amérique, me l'ont démontré : si on veut manger sain et équilibré aux États-Unis, il faut avoir des moyens financiers importants, ce que, encore plus qu'en France, les Américains moyens n'ont pas.

Alors, je me pose beaucoup de questions sur cette culpabilisation de groupe. Pour moi, la seule chose importante, c'est que les gens soient biens dans leurs corps. Lorsque j'étais gros, je ne me sentais pas mal, cela correspondait à un moment de ma vie. Cela a changé brutalement, sans que je sois vraiment capable d'expliquer clairement pourquoi. Or, les gros (et les très maigres d'ailleurs) sont culpabilisés.

Le seul argument qui pourrait expliquer que la société s'intéresse à ce problème, c'est la santé publique. Que nous soyons plus ou moins beau, plus ou moins séduisant, que nous dépensions plus d'argent en nourriture, que nous mangions des trucs dégueulasses, finalement, ce sont des problèmes individuels. La séduction et l'attractivité que chacun exerce est un choix personnel, et j'ai connu des gros (et des grosses) qui n'avaient aucun mal à trouver chaussures à leurs pieds. Maintenant, les Américains découvrent que l'obésité massive de leur population entraîne une hausse conséquente des dépenses de santé dans le PIB (ce que les industries pharmaceutiques trouvent assez intéressants...). A ce moment-là, a-t-on le devoir d'obliger les gens à atteindre leur poids optimal pour réduire les frais ? Ce type de politique peut être développé pour l'alcool ou le tabac parce que, dans ces cas précis, les saouls peuvent tuer des gens sur la route, et les fumeurs dérangent les non-fumeurs. Une personne qui mange beaucoup ou très peu est-elle une menace pour les autres ? A l'évidence, non, et si chacun prend des risques pour soi, c'est son droit. Nous cotisons tous au système de santé, et si un gros a plus de chances de tomber malade, ce n'est pas systématique, alors qu'un mince peut être lui aussi atteint d'un infarctus ou avoir un cancer. Il me semble donc impossible de faire des sélections dans les patients, et c'est justement là la beauté de notre système de santé : nous aidons tout le monde. Car si le poids se voit, on peut avoir bien d'autres faiblesses invisibles dont on est responsable. Le seul effort réel à faire est d'abord de mener une vraie éducation à l'alimentation à l'école, ce que les cantines scolaires devraient faire et qu'elles ne font pas du tout (pour des questions budgétaires, semble-t-il) et ensuite d'obliger les entreprises de l'agro-alimentaire à donner les vraies informations nutritionnelles sur leurs produits, pour que chacun puisse, avec la meilleure information possible, faire ses choix alimentaires en équilibrant le plaisir et la santé.

Pour moi, le poids optimal correspond à celui avec lequel on est bien, pas avec celui qui est bon pour notre santé. Si les deux collent, tant mieux. Sinon, eh bien, chacun est grand et responsable. De toute façon, les gens dans les extrêmes sont déjà sanctionnés par ailleurs: savez-vous qu'un obèse aura des restrictions d'accès au crédit par exemple ?"