mercredi 6 janvier 2010

Désaccord avec Bondy Blog : la sécurité doit rester aux mains de la police.

Hier, j'ai découvert sur Bondy Blog un article signé d'Inès El Laboudy concernant la situation d'insécurité régnant dans le centre commercial Bobigny 2.

Cela fait plusieurs mois que les habitants de Seine Saint-Denis entendent parler de ce centre commercial. Pourquoi celui-là plus qu'un autre ? Parce qu'il est le sujet, depuis l'été dernier, d'une série de braquages. On se trouve pourtant à proximité de la préfecture de Seine Saint-Denis et du Conseil Général, pas dans un trou paumé loin de tout (voir image suivante), mais les autorités ont mis un temps fou à réagir. Finalement, Brice Hortefeux a fini par faire une descente sur place en novembre dernier, en annonçant le déploiement d'équipes policières pour sécuriser la zone. Le président avait aussi fait un passage par Bobigny à la même date. D'après la blogueuse citée ci-dessus, le calme serait revenu dans la zone du fait de la présence policière permanente.

On pourrait alors se dire que cet exemple démontre que la police, malgré tous ses défauts, peut tout de même avoir un effet positif. Ce n'est pas la conclusion qu'en tire Inès, car des difficultés se produisent en ce moment entre policiers nouvellement arrivés et jeunes du coin faisant les beaux devant les forces de l'ordre. La blogueuse appelle donc à la mise en place de médiateurs et à l'intervention des associations de quartier, ayant une moins mauvaise image que la police, ce qui n'est pas si loin de certaines déclarations du président.

La police se retrouve ici dans une position très particulière. Voici qu'elle se doit de reprendre une position de police de proximité, alors que le président actuel avait estimé que cette mission ne devait pas être dédiée aux agents. Le président préférait, lorsqu'il était ministre de l'intérieur, les forces d'intervention musclées mais ne venant qu'en cas de problème. Pourtant, à Bobigny 2, c'est la présence permanente qui a un effet.

Il faudrait donc, plutôt que de confier la sécurité à des moyens privés, même s'ils sont du quartier, que la police se déploie totalement différemment. Tout d'abord, il faut rappeler que la Seine Saint-Denis est un département où la police est présente, mais de façon équivalente à celle des Hauts-de-Seine et moins qu'à Paris, alors que la criminalité y est bien plus basse. Des réformes ont visé à redéployer les moyens (unification des services de Paris et de la petite couronne pour mieux répartir les moyens), mais les habitants n'en ressentent pas les conséquences. Il faut aussi rappeler que le gouvernement actuel a entamé une politique de diminution du nombre de postes dans la police. Enfin, la présence permanente sur le terrain permet de travailler des relations et aussi d'améliorer les liens entre jeunes et policiers. Certes, cela ne règle pas les inégalités sociales ni les facteurs de criminalité, mais en attendant, on peut se supporter un peu mieux.

Face à cette situation, il ne faut pas tenter de suppléer l'État en reprenant ce service public qui fait pourtant partie de ses obligations régaliennes. Le fait que des médiateurs fassent le travail ne pourrait qu'aller dans ce sens. Au moins, suite à la mobilisation de la population locale, le ministère a bien été obligé de réagir. Si nous agissons tous ainsi, le gouvernement devra reconnaître que la dépense publique n'est pas qu'un poids qu'il faut élaguer mais qu'il apporte beaucoup de valeur à l'ensemble de la société.

La question posée maintenant est de savoir combien de temps la police restera à Bobigny 2. Encore quelques semaines, le temps que les médias locaux et nationaux oublient ce lieu…

PS : la photographie de Bobigny 2 vient de , l'autre étant lâchement prise de Google Earth...

9 commentaires:

  1. Si la police ne sert à maintenir l'ordre, elle sert à quoi?

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  2. Alors, là, on vous sent débordé sur votre gauche par la greluche stupide que vous mettez en lien !

    Comme tout cela est amusant...

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  3. Ah, c'est merveilleux ! Je viens d'aller lire l'article de la décérébrée : sans intérêt, conforme à la pensée conforme. en revanche, les commentaires sont, eux, très intéressants. Ce ne serai pas très long que vous ne pourrez plus du tout répandre votre bonne parole – à moins de fermer les commentaires. Mais alors, ça aussi, ça se verra. J'ai hâte d'être en 2012 : je sens qu'on va rire à gorge déployée...

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  4. @ Manuel : ben, à rien d'autre. Encore faut-il qu'elle soit organisée pour fonctionner convenablement.

    @ Didier : vous êtes obscur, Didier. Je ne vois pas le rapport avec un débordement sur ma gauche. Nous sommes en désaccord sur la manière de gérer un problème local de sécurité, c'est tout.

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  5. Mort d'Hakim : Luc Chatel dénonce une terrible "banalisation de la violence".

    "Ce qui s'est passé hier, ce n'est pas un affrontement entre bandes, une affaire de racket, c'est une affaire absolument terrible de banalisation d'une violence quotidienne, c'est un différend entre deux jeunes de 18 ans qui, il y a quelques années, aurait tourné en une petite bagarre à la récréation et là s'est terminé par un coup de couteau et un mort", a déclaré M. Chatel.

    http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-01-09/mort-d-hakim-luc-chatel-denonce-une-terrible-banalisation-de-la/920/0/411868

    Rappel : depuis 2002, la droite a supprimé des dizaines de milliers de postes d'enseignants et de surveillants dans les collèges et les lycées.

    Aujourd'hui, la droite récolte ce qu'elle a semé.

    Et après ça, Luc Chatel vient se lamenter devant les caméras.

    Luc Chatel est un tartuffe.

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  6. @ BA : pas seulement Chatel, tout le gouvernement !

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  7. Cet article date de mars 2003 : il parle des surveillants de collèges et des surveillants de lycées.

    " Le budget 2003 prévoit la suppression de 20 000 emplois d’aides éducateurs et 5 600 postes de surveillants, à la rentrée 2003.

    En contrepartie, le ministère a proposé dans un premier temps le recrutement de 11 000 assistants d’éducation permettant de couvrir les fonctions essentielles assurées par les MI-SE et les aides éducateurs (notamment la surveillance et la maintenance informatique).

    Les manifestations et grèves qui ont marqué ces derniers mois ont fait passer le chiffre à 16 000. Ce qui ne fait toujours pas le compte : en terme de moyens pour l’école, cela fait 9 600 emplois de moins ! "

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article120

    Je répète : cet article est de mars 2003.
    Aujourd'hui, la droite est toujours au pouvoir.
    Aujourd'hui, la droite récolte ce qu'elle a semé.

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  8. @ BA : ben oui, le nombre de personnels dans les établissements diminue. Et c'est clair, la droite en porte toute la responsabilité. Je te suis sur ce point.

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  9. Nicolas Sarkozy vous souhaite une bonne année 2010 :

    http://asset.rue89.com/files/imagecache/asset_wizard_width/files/YannGugan/Cattelain.jpg

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Laissez-moi vos doléances, et je verrai.

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