mardi 27 janvier 2009

La loi de l'individu contre les bienfaits de la collectivité !

« Qu’ils se démènent ! »

C’est ainsi qu’Eric Woerth, ce matin sur France Inter, répondit au journaliste qui le questionnait sur sa position sur la grève du 29 janvier. Il venait d’expliquer que cette grève était stupide, du fait de la situation économique actuelle, et que les travailleurs devaient plutôt travailler de plus en plus durs pour relancer la machine.

Ce type d’argumentaires a déjà été largement développé sur de nombreux blogs libéraux pour mettre en cause l’intelligence de la grève. A chaque fois, c’est l’idée individualiste qui ressort : seul l’individu peut réagir et gérer sa situation face à une difficulté, quelle qu’elle soit.

En soit, cette idée est très belle et cohérente. Après tout, pourquoi attendre d’un État ou de qui que ce soit d’autre une aide alors qu’on peut soi-même aller chercher sa propre réussite. En période de croissance comme en période de crise, cette idée fonctionne magnifiquement bien. Elle justifie aussi, de manière plus insidieuse, la réduction de la place de l’État et de nombreuses institutions publiques, la réduction des prélèvements obligatoires et des systèmes de redistribution des richesses, l’absence de toute institution servant de représentation à des individus insaisissables par essence (les syndicats, malgré le fait qu'ils aient le plus d'adhérents parmi les associations en France, ne représentent qu'eux-mêmes...). C’est un système purement individualiste et qui met uniquement en valeur le dynamisme de l’individu. Face à ce groupe de gens dynamiques, apparaissent les emplois protégés et aidés, mais aussi les assistés, qui veulent continuer à être protégés.

Cette idée est belle, et j’aurais vraiment envie d’y croire.

Cependant, elle a un vice caché mais fondamental. Elle est profondément anti-démocratique ! Par définition, ce qui permet à la démocratie de vivre est l’idée que les citoyens, ensemble, peuvent faire évoluer leurs vies. Le peuple désigne des représentants qui portent un programme, il désigne des délégués du personnels, des élus divers et variés, parce qu’il espère réellement que ces gens, dotés du pouvoir démocratiquement, s’évertueront à rendre le monde plus vivable. La logique individualiste oblitère complètement cette possibilité, l’État n’étant plus que le garant qu’à aucun moment, des individus ne pourront pas restreindre l’ensemble des libertés d’un seul individu.

Pour moi, la logique est autre. La démocratie permet aux citoyens de faire leurs choix librement. S’ils veulent un régime libéral, grand bien leur fasse. S’ils veulent un régime socialiste, tant mieux. Du moment qu’ils sont aptes à revenir sur leurs choix et à changer encore de politique, cela ne me gène en rien. Pour moi, la démocratie doit avoir comme pilier d’empêcher un groupe, une minorité, d’empêcher les citoyens de décider de leurs vies, de leurs choix, de ce qu’ils veulent payer comme impôts, de ce qu’ils veulent mettre en commun et de ce qu’ils veulent continuer à gérer seuls, même si c'est sous le masque de droits fondamentaux et tout à fait positifs par ailleurs. La démocratie doit protéger le peuple contre ceux qui ont une vision monolithique et inamovible du monde. La démocratie est le régime de la responsabilité collective, une idée fondamentale, certes utopiste, mais bien plus belle que celles de l’individu responsable de lui-même et de rien d’autre.

La grève de jeudi est une action collective et qui risque de ne pas donner grand-chose, je le reconnais entièrement. Elle va être menée par une minorité, malgré le soutien de la majorité, car la grève est un droit bafoué régulièrement dans ce pays, dès qu’on a pas un statut qui le permet. Cependant, elle est le seul moyen légal qui permet aux employés, quels que soient leurs secteurs, de dire quelque chose aux employeurs : de dire qu’il est anormal qu’ils préfèrent rémunérer davantage le capital que le travail, de dire que le travail est le seul moyen honnête et clair de gagner sa vie pour la très grande majorité de la population, de dire qu’on est outré par les scandales financiers actuels alors qu’on aurait, nous, bien mieux géré notre argent avec nos petites vies de pauvres et de classes moyennes et qu’on aurait généré une croissance bien plus saine, de dire que les impôts ne sont pas un vol, mais un moyen de vivre sa vie à bien moindre coût pour 90% des gens, de dire qu'il est méprisant et honteux que le représentant de ce groupe qui nous a mis dans la merde nous dise aujourd'hui : "qu'ils se démènent !"

Alors, jeudi, malgré tous mes doutes, je serai en grève, comme beaucoup de monde, y compris dans le privé, pour dire que l’emploi et le pouvoir d’achat de la majorité de la population valent bien mieux et que, dans une saine démocratie, les employeurs doivent aussi entendre les souhaits de leurs salariés.

Trolls libéraux et réactionnaires, la page des commentaires est ouverte. Je ne visais bien sûr pas à vous convaincre, mais à expliquer quelle peut être la logique d'une autre forme de démocrate. Je sais qu'on en a déjà beaucoup parlé chez vous, mais poursuivons le débat !

30 commentaires:

  1. Je vois qu'on écoute les mêmes radios ...
    Il a même osé parlé de la tempête avec des trémolos dans la voix.

    Il y a une grosse offensive idéologique pour essayer de combattre l'organisation d'un mouvement des salariés (surtout avec les 8 syndicats unis ...).

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  2. "osé parler", avec une bonne orthographe, on comprend aussi bien :)

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  3. Comme beaucoup de mes collègues, je serai en grève aussi. Pour les raisons que tu énonces et bien au-delà des contraintes budgétaires que compte nous imposer le ministre de l'Education, au-delà aussi de l'image désastreuse des enseignants distillée par ce gouvernement. Contre leurs fausses idées : que le bien commun coûte trop cher, que la santé coûte trop cher, que l'éducation coûte trop cher, que les riches sont accablés d'impôts.
    Que devient le bel individualisme conquérant lorsqu'on est malade ou handicapé ? Une double peine : paie-toi des soins avec le salaire que tu ne peux pas aller gagner.
    Bref ! A jeudi dans le cortège !

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  4. Ah, ici l'on touche à l'essence même du clivage philosophique entre pensée libérale et pensée socialiste. Je me dois de réagir.

    Vous dites :

    "A chaque fois, c’est l’idée individualiste qui ressort : seul l’individu peut réagir et gérer sa situation face à une difficulté, quelle qu’elle soit."

    C’est faux. Vous appuyez votre raisonnement sur ce postulat de base, en en faisant le socle de la pensée que vous critiquez. Mais ce postulat contient une erreur fondamentale, qui affecte toute l’argumentation qui le suit.
    Vous induisez ici une notion d’isolement, qui vient s’opposer à celle de coopération. Or il s’agit d’une question de priorité. Aucune société ne pourrait se construire dans le cadre d’un individualisme si réducteur, et les gens de droite seraient alors, majoritairement, de dangereux isolationnistes misanthropes. Le fond de l’idée à laquelle vous vous opposez, ce n’est pas que seul l’individu peut gérer sa situation face à une difficulté, c’est qu’il doit avant tout compter sur lui-même et ses propres ressources, et ensuite seulement sur les autres.
    Sur cette confusion repose la quasi-totalité de l’incompréhension idéologique qui plombe le débat démocratique. Et de fait, votre développement ultérieur ne tient pas, car il continue à se baser sur cette notion d’individu comme finalité et non comme priorité.

    La logique que vous qualifiez d’individualiste est une logique qui vise à mettre les structures étatiques, les institutions, nécessaires au bon fonctionnement de la vie en communauté, au service des individus, et non l’inverse. Cela suppose la recherche de l’équilibre des libertés, par opposition à la favorisation de celles d’une minorité.
    D’où par exemple la notion si difficilement applicable de service minimum, la liberté des premiers de manifester un mécontentement au travers d’une grève ne devant pas empiéter sur la liberté des seconds de se rendre librement sur leur lieu de travail, mais cette liberté des seconds pouvant aussi empiéter sur celle des premiers d’interrompre leur activité, le serpent se mord la queue…

    Cette philosophie-là ne s’oppose pas nécessairement, au contraire, à la manifestation d’inquiétude qui s’exprime au travers du mouvement de grève de jeudi. La prise de position de Woerth, elle, est politique, et trouve sa motivation dans le fait que la grève de jeudi sert essentiellement à cristalliser les mécontentements, et une inquiétude diffuse face à la crise, sur les pouvoirs publics.

    La seule revendication identifiable est celle d’une répartition plus juste entre rémunération du capital et rémunération du travail, ce en quoi je vous rejoins. Mais soyons honnêtes, c’est loin d’être ce qui sera retiré, en termes politiques comme économiques, de cette journée dite d’action qui est finalement, toute légitime qu’elle soit, un test de force pour les syndicats et l’opposition.

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  5. salut,
    je ne viens pas troller. Et je comprends la contradiction apparente que tu soulèves entre la défense des droits individuels et l'aspect démocratique.

    Mais l'individualisme n'est pas contradictoire avec la notion de solidarité, d'action collective, de construction. Personne ne vit seul, n'agit seul. Individualisme, c'est juste dire que "l’individu prévaut sur toutes les autres formes de réalité, et qu'il faut lui décerner le plus haut degré de valeur."

    Cela n'empêche pas le collectif d'exister, c'est juste une manière de dire que les seules choses collectives qui sont justes, sont celles qui, pour aucune motif, n'écrasent les individus.

    à bientôt. a ce soir, d'ailleurs.

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  6. @ Audine : c'est vrai que la lutte gouvernementale a été forte contre cette grève. Il est vrai qu'on ne sait jamais comment tourne un mouvement social.

    @ MGP : à demain alors !

    @ Evan : Je comprends ton raisonnement, mais je crois qu'il y a différentes écoles libérales et que je ne me trompe pas complètement sur certaines. Je dois d'ailleurs faire un billet sur ma vision du libéralisme prochainement...

    @ LOmiG : merci de ces précisions. Le côté "troll" était davantage une boutade qu'autre chose.

    On reparlera de tout cela ce soir.

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  7. hé oh tu voudrais pas supprimer les stocks options aussi. y'a un standing à tenir tout de même

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  8. Je crois que le débat sur la grève ne concerne pas l'individualisme opposé à la collectivité, mais une différence de conception de la démocratie. Pour les uns, un moyen de désignation des représentants, dans les urnes, et soumis au droit. Pour les autres, une fin en soi, un mode d'organisation de la société qui s'exerce partout, tout le temps, donc aussi dans la rue.

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  9. Bonsoir,

    je ne vois pas bien le rapport entre l'éloge de l'individualisme en matière économique, et la négation de la démocratie.
    La démocratie est d'abord un système politique: un gouvernement composé de représentants élus par le peuple (concept dont le contenu est néanmoins à géométrie variable) et doté d'une stricte séparation des pouvoirs éxécutif, législatif et judiciaire.
    Donc vous semblez penser que mettre au centre l'intérêt de l'individu en matière d'économie est contraire à l'idée même de démocratie. Mais je dois reconnaître que je ne comprends pas bien le fil de votre réflexion.
    Vous dites par aileurs que: "La logique individualiste oblitère complètement cette possibilité, l’État n’étant plus que le garant qu’à aucun moment, des individus ne pourront pas restreindre l’ensemble des libertés d’un seul individu."
    Bon, pour ne rien vous cacher, je peine à saisir le sens de cette phrase à la structure grammaticale pour le moins douteuse... Mais si je "traduis" bien, je me demande pourquoi l'Etat devrait restreindre les libertés d'un individu. Est-ce vraiment démocratique?
    Puis vous ajoutez: "Pour moi, la logique est autre. La démocratie permet aux citoyens de faire leurs choix librement.". Oui, pas pour les individualistes, peut-être?
    Passons.
    Vous finissez par: "La démocratie est le régime de la responsabilité collective, une idée fondamentale, certes utopiste, mais bien plus belle que celles de l’individu responsable de lui-même et de rien d’autre.".
    Je pense que vous vouliez insinuer par cette phrase que la démocratie est le régime dans lequel l'Etat a une responsabilité envers le citoyen. Dans ce cas, permettez moi de préciser que c'est l'Etat-Providence qui a cette fonction. L'essence de la démocratie n'est pas là: la démocratie est le régime de la décision collective. Enfin, concernant l'individu responsable de lui-même et de rien d'autre: Oui, si je braque une banque vous ne pouvez pas en endosser la responsabilité pour moi et aller en prison à ma place...

    Nina

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  10. Je n'ai pas lu tous les commentaires.
    "La démocratie permet aux citoyens de faire leurs choix librement."
    Je te dirais, Mathieu que les français ont choisi le libéralisme, ne nous en déplaise, ils votent à droite depuis longtemps, alors peut-être sont ils masochistes, c'est à méditer.
    J'ai toujours l'impression que la grève vient sanctionner une erreur de votes, faudrait peut-être penser à voter juste, on veut du social, on vote à gauche, c'est assez simple quand même...
    Ou alors, mes amis grévistes sont une minorité et s'opposent à la majorité silencieuse et satisfaite, je n'en sais rien, mais il y a problème en France.
    C'est anormal d'alterner vote et grève sans arrêt, faudrait un jour, être en accord avec celui qu'on élit.

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  11. Je sens un malentendu sur le sens réel de l'individualisme opposé au collectivisme. Le collectivisme impose des choix de vie à tous, de l'école à la retraite pour prendre l'exemple français. L'individualisme laisse aux individus le maximum de choix possible. D'un côté, menu unique pour tous. De l'autre, c'est à la carte. Quelles sont les conséquences de ces choix de société sur la sphère sociale ?

    Le collectivisme limite la spontanéité et le dynamisme des rapports sociaux en attribuant à l'Etat des missions qui les rendent inutiles. On aboutit alors à une forme de repli sur soi, d'égoïsme généralisé. Après tout, personne n'a de raison de s'impliquer dans la sphère sociale puisque l'Etat s'en charge à notre place.

    Une société plus individualiste va au contraire voir se développer davantage de coopération, d'initiatives associatives, de mutualisation des risques parce que les individus en ont besoin pour vivre ensemble et que la nature humaine est tournée vers l'autre si on la bride pas, ou si on ne l'anesthésie pas par des mesures infantilisantes.

    Ensuite, la démocratie est un concept flou qui peut vite se terminer en tyrannie de la majorité sur les minorités, à commencer par la plus petite : l'individu. Les libéraux sont là pour rappeler que nos droits fondamentaux doivent primer sur la "loi de la majorité". Il y a hélas du boulot en France.

    @manuel : la droite français n'est pas libérale mais bonapartiste (Sarko est au top). Les Girondins ont été exterminés, et les tentatives suivantesont toujours été rapidement stoppées par la tendance jacobine de nos gouvernants. Il est vrai que la droite est plus tolérante à l'égard des libéraux que la gauche, mais c'est souvent pour mieux les instrumentaliser et les ranger dans le placard.

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  12. @ Peuples : moi, non, je ne suis pas un infâme communiste.

    @ Paul : c'est assez bien résumé. D'ailleurs, l'expression "soumis au droit" est pour moi totalement inacceptable.

    @ Nina : en fait, il ne s'agit pas d'empêcher les individus d'être libre, mais il me semble problématique que les libertés de l'individu ne puisse être touchées, par une série de droits très contraignants et bloquant toute une série de politique. L'État-providence fut un choix démocratique en 1945. On peut décider de l'abolir, mais il faut une majorité pour le faire.

    @ Manuel : à mon sens, Sarkozy n'est pas libéral. Il est plutôt un mixage entre la droite bonapartiste et la droite orléaniste, avec un peu de droite réactionnaire (les reconduites à la frontière par exemple). En fait, je ne suis même pas sûr que Sarkozy soit au point sur ses idées. Il devrait faire un blog, cela l'aiderait à préciser les choses.

    @ Aurélien : il n'y a pas de confusion, je suis assez d'accord avec toi, et je ne suis pas dans la même école philosophique. Cependant, tu sembles penser que seul l'Etat peut gérer des systèmes collectifs. Or, d'autres solutions existent sans doute. Par exemple, la Sécu est gérée, au moins en théorie, par les partenaires sociaux.

    Sur la démocratie, là encore, ce sont nos visions qui diffèrent.

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  13. La "gestion paritaire" de la sécu est une blague, l'Etat tient tout bien en main depuis longtemps, et elle est coercitive.

    Non seulement je crois que les systèmes collectifs peuvent être assurés par la société civile plutôt que par l'Etat (assurances, mutuelles), mais de surcroît je pense qu'ils doivent rester d'accès libre et non pas obligatoire.

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  14. @ Aurélien : je me disais bien qu'on serait en désaccord là-dessus...

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  15. J'aime à lire quelque sotte harangue après ma pause café.
    Ici, les contradictions s'enchaînent, et de nombreuses approximations donnent souvent plusieurs sens à une même phrase.
    Et quoi de plus regrettable pour l'expression d'une idée ?
    Le titre choc et l'épigraphe auront eu le mérite de me faire sourire.

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  16. @ Anonyme : quand on critique, la moindre des choses est de donner son identité. Merci de vous donner un nom la prochaine fois.

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  17. @ Mathieu :
    "D'ailleurs, l'expression "soumis au droit" est pour moi totalement inacceptable."

    Désolé pour le retard, mais je n'ai pas fini de m'étouffer. Je tousse, je crachote... La démocratie est soumise au droit, ou n'est pas ! Pour plus de précisions, je préciserai, plus tard.

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  18. @ Paul : ce que je voulais dire ici, c'est que, si, pour fonctionner, la démocratie doit être soumise au droit, elle doit être aussi capable de modifier ce droit pour améliorer son fonctionnement. Si on en était resté au droit de 1791, on aurait pas été bien loin. Les libéraux considèrent le droit comme les dix commandements (totalement intangible), et c'est là-dessus qu'on est en désaccord.

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  19. Les libéraux ne sont pas tous obnubilés par la libéralisme du 18/19ème. En tant que libéral, je pense que le seul rôle de l'État est de protéger les droits fondamentaux des individus. C'est en cela que la démocratie doit être soumise au droit. Mais ces droits "naturels" de l'homme ne sont pas une révélation gravée dans le marbre, la conception que l'on en a est susceptible de différer selon les époques, et le point de vue des personnes. Il s'agit quand même d'une construction abstraite de l'homme, quelque par "constructiviste".
    La pensée "de gauche" doit pour moi s'orienter dans le sens du "social-libéralisme", c'est à dire reprendre la théorie libérale, qui est pour moi la seule acceptable, et se l'approprier, en défendant par exemple la notion de droits sociaux, ou, mieux, d'obligations positives. C'est un débat très juridique, je le concède, mais qui a un fond tout à fait politique, puisqu'il s'agit de définir quels sont les objectifs de l'action publique. Bref, je ne pense pas qu'il faille caricaturer le libéralisme en pensée contre l'État, mais plutôt contre le socialisme qui assigne lui comme rôle à l'État de réduire les inégalités entre classes sociales.
    On est donc d'accord, le droit est susceptible d'évoluer, bien sûr. Mais la démocratie, en ce qu'elle est une démocratie "libérale", doit toujours examiner sous l'angle des droits fondamentaux les décisions qu'elle prend. Cet examen est forcément extérieur : c'est la fonction du pouvoir judiciaire.
    Voilà j'ai un peu dévié du sujet, mais j'en arrive à la même conclusion. Au lieu d'essayer de contourner les règles de la démocratie libérale, la gauche doit se les approprier. Si je critique fortement les méthodes actuelles de la gauche, c'est parce que je pense qu'elle prend le mauvais chemin, mais je ne rejette pas les intentions, lorsqu'elles sont finalement de construire un monde plus juste.
    Ce genre de grèves et de manifestations, et toute la pensée un peu populiste qui va derrière, ne sont pas selon moi le meilleur moyen d'améliorer les relations sociales dans notre communauté. Ou plutôt, d'améliorer la condition des individus. Bref, les forces de gauches doivent devenir libérales et se débarrasser une fois pour toutes de la pensée marxiste.

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  20. @ Paul : je pense que tu réduis un peu trop ton champ possible de réflexion. Pourquoi tout accepter du libéralisme et tout rejeter du marxisme. Dans les deux idéologies, il y a des choses cohérentes et d'autres moins. Le but est d'essayer de rendre les choses plus faciles à vivre pour nos concitoyens. Soyons ouverts et allons dans toutes les directions. S'il y a du bon dans le libéralisme, prenons-le, et même chose pour les autres idéologies.

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  21. D'accord sur le principe : il faut aller au plus efficace pour améliorer la condition de tous, surtout celle des plus défavorisés. Mais justement, je ne pense pas qu'en se donnant pour objectif de supprimer les "classes sociales" ou de réduire les inégalités on arrive vraiment au meilleur résultat.
    Cela dit, Marx est pour moi un génie, mais ses constructions théoriques ont été dépassées, par l'expérience surtout, par le renouveau libéral aussi.
    Newton était un génie, Einstein a montré qu'il avait tort, et maintenant on est en train de revenir sur les théories d'Einstein !
    Le marxisme est une erreur, il faut passer à autre chose.

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  22. @ Paul : toute idéologie fait des erreurs, libéralisme compris. Le fait est que l'on doit lire le maximum possible, car toutes ont des choses à nous apprendre.

    Personnellement, la lutte des classes est un concept que je trouve valide, de même que la plus-value.

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  23. 100% d'accord sur le 1

    50% d'accord sur le 2 : ce sont des concepts qui reflètent une réalité vécue, c'est une façon de voir les choses qui ne peut pas être qualifiée de fausse. Mais je ne pense pas que ces idées soient vraiment opérationnelles et efficaces pour construire un projet politique.
    Je te conseille, si ce n'est déjà fait, la lecture du très bon texte de Von Mises que Lomig a mis en ligne récemment ici.
    Je n'adhère pas en totalité, car je ne pense pas avoir vraiment compris toutes les finesses et conséquences de ces idées, mais c'est une bonne base de réflexion pour discuter du "mixage" des idéologies.

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  24. @ Paul : je n'ai pas dit qu'il fallait construire forcément un projet politique, mais qu'il faut les prendre en compte.

    J'oubliais l'exploitation dans les concepts opérants.

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  25. J'ai fait un billet (qui me paraît un peu confus après coup mais bon...) sur ma définition du libéralisme. Tu pourras me dire si tu t'y reconnais un peu/beaucoup/à la folie/pas du tout ;-)

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  26. @ Paul : je viens de lire ton billet. Il m'a donné mon entrée pour répondre à la chaîne de LOmiG. Merci ! Je vais m'y atteler...

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  27. @ Paul : j'ai beau être un privilégié, il m'arrive de travailler, une fois de temps en temps...

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  28. Il faut bien s'occuper entre deux grèves !
    Et c'est en effet un privilège et une chance que de travailler à instruire et à faire grandir l'esprit de nos petites têtes blondes (ou brunes selon les quartiers) !

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  29. @ Paul : il faut surtout gagner son salaire pour payer ses grèves... Mais c'est vrai que l'éducation, si tu aimes transmettre, c'est un vrai épanouissement.

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