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jeudi 18 novembre 2010

Les inégalités de revenus : quelques chiffres sur le Raincy.

Manuel, qui est en ce moment touché par la grâce  mais qui reste totalement matérialiste, m'a signalé ce site qui communique toute une série d'informations statistiques sur toute commune qui vous intéresserait concernant les revenus des ménages.

Sur le Raincy, c'est fascinant. La ville fait partie des 10% des communes concentrant le plus de richesse dans le département, avec un revenu moyen par foyer de 3 789 € par mois.

Plus intéressant : les 10% des ménages les plus riches perçoivent 47% des revenus totaux de la ville ! On imagine les écarts dans la commune.

On découvre enfin que le Raincy, pourtant le petit Neuilly du 93, est devancé dans les moyennes par Gournay et Coubron.

En comparaison, mon ancienne commune des Lilas se situait à 2 737 € par mois de revenu moyen et les 10% des ménages les plus riches concentraient "seulement" 34% des richesses.

dimanche 4 avril 2010

Au marché, on nous prend pour des poires.

"Tenez, j'ai des poires nouvelle récolte !"

C'est ainsi que ce matin, mon marchand de fruits me répondît lorsque je lui demandais quelle sorte de poire il avait sur son étal. Attention, cher lecteur, contrairement à ce que certains habitués de ces pages pourraient croire, il s'agit bien de poire sous forme de fruit, et non sous forme de boisson distillée mais tout à fait agréable par ailleurs.

Je fus dominé par l'inquiétude ! Voilà que notre pays parvenait à faire mûrir des poires fin mars-début avril. Les merveilles de l'agriculture française n'étaient plus à démontrer. Je me demandais juste de quelle technique merveilleuse nous usions pour parvenir à ce miracle.

Mon marchand brisa mes rêves : "Ah, non, elles ne viennent pas de France, celles-là, mais d'Afrique du Sud. Par contre, si vous le voulez, j'ai de la conférence qui vient de France, elle, mais c'est de la récolte de l'automne dernier."

En tant que bon gauchiste, je suis un militant de la consommation en lien avec les cycles de production agricole. Il est en effet beaucoup plus cohérent, pour protéger l'environnement et pour profiter des prix les plus bas, d'acheter des fruits de saison. Certes, la saison des poires est maintenant assez lointaine, mais il en reste parfois sur les étals. Je me demande bien d'ailleurs comment l'on conserve ces fruits : j'imagine que le bon vieux garde-manger sombre et sec des campagnes pour les pommes est largement oublié.

Or, les marchands contournent cette opposition par deux stratagèmes. Soit on tente de nous fournir des fruits qui ne sont pas de saison mais qui viennent du territoire français ou, au mieux, d'Espagne ou des Pays-Bas. Ce fut le cas cette année pour les fraises, qui sont restées présentes sur tous les étals depuis le mois de mai dernier. Soit on essaie de vous vendre des produits de nouvelle récolte, mais venant de loin, étant censés avoir tout de même une meilleure qualité gustative. Après tout, ces poires sont de saison... en Afrique du Sud.

Finalement, j'ai acheté des poires françaises de l'automne dernier. Cependant, cette lutte semble perdue d'avance. De plus en plus, on se rend compte que nos concitoyens nous servent et utilisent allègrement dans leurs cuisines des fruits frais mais produits selon ces méthodes. Cette perte d'habitude des cycles saisonniers ne peut être que nuisible à l'environnement, soit par les méthodes de production utilisées, soit par les dépenses énergétiques des transports.

Pourquoi ce discours réactionnaire, cher lecteur ? J'ai le souvenir, lorsque j'étais gamin, des fruits et légumes du jardin de mes grands-parents. Certes, pendant une période, on avalait des quantités astronomiques des fruits de la saison et cela pouvait devenir lassant, mais ils étaient bons, bien meilleurs que tous les fruits hors-saison du marché. Les fruits de saison du commerce gardent d'ailleurs un bien meilleur goût. Dommage qu'on perde cela...

dimanche 21 mars 2010

Résultats des élections régionales aux Lilas (93) : second tour.

Contrairement à la semaine dernière, j'ai eu le courage de m'extraire de mon logement pour aller saluer les militants des Lilas et recueillir les résultats de ce deuxième tour sur ma commune. J'ai pu y croiser Nicolas (non, pas le number one, le Nicolas des Lilas, animateur de la Rénovitude).

J'ai ressenti une petite émotion. Avec la Privilégiée, nous avons acheté un appartement dans une autre commune de Seine-Saint-Denis, et c'était notre dernière soirée électorale aux Lilas.

En attendant le déménagement, on ne peut que constater l'évolution de cette commune, très longtemps dirigée par le centre-droit : la gauche y est maintenant solidement implantée.

Inscrits : 13 200
Votants : 6 229 (47,17 %)
Blancs et Nuls : 319
Exprimés : 5 910 (44,77 %)

L'abstention a un peu reculé par rapport à la semaine dernière.

Liste Valérie Pécresse : 1 874 (31,71 %)
Liste Jean-Paul Huchon : 4 036 (68,29 %)

Je vous reparlerai de cette soirée électorale demain. Je suis très remonté contre les médias...

dimanche 14 mars 2010

Résultats des élections régionales aux Lilas (93).

Nicolas, très gentiment, m'a envoyé les résultats définitifs de la commune des Lilas où je vis pour quelques semaines encore. En effet, comme d'autres, je suis resté profiter de cette soirée à la maison avec la Privilégiée.

Voici donc les résultats, en pourcentage cette fois :

UMP 18,95
LO 1,17
FN 8,40
Europe Écologie 19,09
MODEM 3,36
alliance écologiste 1,24
Front de Gauche 9,02
liste chrétienne 0,83
PS 31,61
Debout la République 2,62
NPA 3,46
Émergence 0,27

Je n'ai pas les chiffres de l'abstention, mais lorsque j'ai voté, vers 17 heures, à peine 35 % des électeurs s'étaient déplacés...

Pour les commentaires sur ce scrutin, je vais laisser passer la nuit. A demain !

EDIT : Nicolas, ayant lu le billet je suppose, me signale que nous sommes à 56,02 % d'abstention sur la commune. C'est quand même haut...

dimanche 6 décembre 2009

Tiens, la campagne électorale a l’air de commencer aux Lilas.

Quand on fait son marché le dimanche, on peut systématiquement prendre la température de la vie politique nationale. Certes, la plupart de nos concitoyens ne s'intéresseraient pas à la politique. C'est sans doute vrai. Malgré cela, les militants de nos partis politiques considèrent toujours que le passage par le marché est une étape indispensable d'une période électorale.

En fait, aux Lilas, ils sont présents toute l'année. Pour t'aider à comprendre l'organisation, j'ai réalisé ce petit schéma qui va te permettre de saisir la géographie de la commune et les enjeux locaux du militantisme, en m'appuyant sur Google Earth.

Pour nos amis politiques, la commune recèle deux points stratégiques : le marché de la commune (qui se tient le mercredi et le dimanche matin), localisé par les bordures orange, et les deux bouches de la ligne 11 du métro (station Mairie des Lilas), qui sont symbolisés par les deux points orange évidés à l'Est de l'image. En fonction des périodes, les stratégies varient.

En période non-électorale, les militants de gauche (PS, PCF et écologistes, plus rarement le NPA) se concentrent le dimanche matin à l'entrée du marché, majoritairement couvert, sur la zone cerclée en rose et vert. Tous les dimanches, je peux ainsi voir le maire PS de la commune et son équipe, mais aussi les principales figures de la ville, tracter et discuter avec les passants. Généralement, ils arrivent vers 10h00 et repartent vers midi. Leurs tracts concernent majoritairement des questions locales, sauf en période électorale bien sûr. Parfois, un autre acteur symbolique de la vie lilasienne apparaît : Lutte Ouvrière. En effet, ce parti compte localement une gloire nationale, Arlette Laguiller, qui vit sur la commune. On ne la voit que très rarement, mais les militants surgissent parfois et installent un stand à l'entrée du métro, au niveau des deux gros cercles rouges, avec drapeaux rouges et musique. Ces événements ont lieu le matin ou le soir, en semaine, sans qu'il soit facile de comprendre les dynamiques internes de LO. Ces stands apparaissent majoritairement hors des périodes de campagne.

Lorsque la campagne approche, les choses bougent. Le changement se voit d'abord au marché où les militants deviennent bien plus nombreux, nous empêchant presque de pénétrer dans le marché sans que nous n'ayons accepté de prendre au moins un tract. De plus, la gauche lance une offensive plus large en tractant aux bouches du métro mais aussi sur l'esplanade de la mairie. Surtout, c'est à cette période que l'UMP et le Modem apparaissent. La ville a pourtant une longue histoire marquée par la droite, ayant été dirigée par l'UDF avant 2001. Or, les militants restent peu visibles dans les rues, sauf lorsque les élections approchent. Là, ils adoptent des stratégies similaires à la gauche : bouches du métro et esplanade de la mairie.

Cependant, la droite lilasienne s'approche peu du marché lorsque les militants de gauche y sont massivement présents. Dans ce cas, elle occupe la rue de Paris (gros traits bleus) pour alpaguer les passants y allant ou en revenant. Généralement, elle ne se montre que dans les dernières semaines précédant le scrutin. Je n'ai jamais vu de militant FN tractant sur les Lilas, mais il doit bien y avoir une section quelque part.

Ce matin, je suis allé au marché très tardivement (aux alentours de 12h45) ce qui fait que j'ai raté la gauche. Cependant, à l'évidence, la campagne avait commencé : le sol était couvert de tracts mouillés de gauche et d'Europe Ecologie. Cependant, l'élection n'est pas pour demain : aucun tract UMP à l'horizon…

mercredi 28 octobre 2009

Quelques blogs de la toile des Lilas.

Tiens, par un camarade blogueur lilasien, je viens de découvrir ce blog d'informations locales sur ma commune.

Pour un blogueur comme moi qui cherche souvent de l'information locale, voici quelque chose de très intéressant.

Attention, cependant, pour mes lecteurs libéraux, de droite et réactionnaires, il semble bien que ce blog local soit en connexion avec l'équipe dirigeante de la commune,(majorité PS, PCF, Verts), mais je sais que vous savez faire la part des choses.

lundi 26 octobre 2009

En Seine-Saint-Denis, les partis de gauche s’affrontent pour le contrôle des syndicats et des associations.

Cher lecteur, il se passe des choses intéressantes dans le syndicalisme en ce moment. Certes, peut-être pas au niveau national, mais à notre petit niveau local, dans le joli département de la Seine-Saint-Denis. Comme tu le sais, j'ai dernièrement été très critique sur les stratégies menées par les centrales syndicales depuis le début de l'année. Il y a quelques semaines, j'avais signalé que le leader du NPA, Olivier Besancenot, s'était lui aussi mis à critiquer la CGT. A l'époque, je m'étais dit que la vieille lutte entre le PCF et les trotskystes était toujours active.

Pourtant, sur mon département, de grandes manœuvres se déroulent en ce moment, qui n'arrêtent pas de me surprendre. Lorsqu'on tend l'oreille aux bruits de couloir, on apprend que les différents partis de gauche se livrent à une guerre sans merci pour tenter de prendre la main sur les organisations syndicales locales.

Pour comprendre cette évolution, il faut se référer à l'histoire du département. Il n'y a que quelques mois que le conseil général, longtemps bastion communiste, est tombé aux mains du PS. Ce changement entraîne des modifications dans toutes les organisations ayant des rapports avec le conseil. De nombreux syndicats étaient tenus par des dirigeants PCF bien identifiés de la part des militants. Pour les anciens, cela ne posait pas de problème, vu que le PC était tout de même le parti de la transformation sociale. Or, en ce moment, ce parti est en pleine crise, et s'il cherche à se relancer par son flirt avec le Front de Gauche, les militants au plan local souffrent.

Il se développe donc des stratégies des différents partis de gauche pour tenter de se disputer les bastions du PCF sur le département, et les sections syndicales sont devenues un véritable enjeu. Dans les syndicats enseignants marqués à gauche, la chasse au militant socialiste est ouverte, et il paraît que des débats très houleux se sont déroulés en juin dernier dans certaines organisations. De même, les partis d'extrême-gauche se sont relancés dans la conquête. Voulant se débarrasser du PCF, leurs stratégies ont varié. A partir de janvier 2009, ils ont affirmé vouloir profiter des importants mouvements sociaux de l'année 2009 pour refaire des syndicats des lieux de lutte, que ce soit dans les entreprises privés ou dans les différents secteurs de la fonction publique. Les militants du NPA étaient les plus en pointe sur ce mouvement. Puis, au mois de septembre, suivant leurs leaders, les NPAistes ont changé de braquet et ont commencé à critiquer violemment les directions syndicales locales, tentant de faire passer un message clair : « la transformation sociale ne viendra pas de directions syndicales complètement sociale-démocrates et en collusion avec le pouvoir, mais du NPA qui est maintenant l'incarnation de la lutte contre le capitalisme ». Bien évidemment, les intérêts politiques sont nombreux, car les syndicats, malgré leur soi-disant faiblesse, ont bien plus de militants que les partis, et ces militants sont souvent désabusés, et parfois prêts à sauter le pas de l'engagement partisan.

Ces grandes manœuvres ne touchent pas que les syndicats. En juin, le PS a tout fait pour faire virer l'actuel président de la FCPE, lui aussi militant communiste, sans doute pour tenter de réduire la critique de la fédération de parents à l'égard de la nouvelle politique du conseil général à destination des collèges. Ce fut un échec, mais la question est reportée au congrès suivant.

Il est impossible de couper complètement le lien entre syndicats et partis, tout simplement parce que les militants sont souvent actifs dans les deux types d'organisation, sans avoir besoin de développer des intenses stratégies d'entrisme. Cependant, il est évident que les partis de gauche se trompent en espérant prospérer par un contrôle des syndicats ou des associations au plan local. En effet, ces organisations sont affaiblies déjà par elles-mêmes, et animer des conflits en leur sein ne fera que les faire décliner encore davantage.

A moins que les partis de gauche croient avoir les reins pour animer et coordonner le mouvement social ? Ils se trompent complètement. De nombreux militants syndicaux, pourtant très actifs par ailleurs, n'iront jamais dans un parti. Le NPA, puisque c'est lui qui tient ce discours, ne pourra pas animer les luttes car il n'en aura jamais les moyens humains.

On peut critiquer les syndicats, mais les achever par ces luttes improductives ne sert finalement qu'un groupe d'acteurs : les patrons, les riches et les gouvernants. Il serait temps que les directions partisanes de gauche arrêtent leurs entreprises d'autodestruction et se remettent au boulot pour lutter contre nos véritables adversaires politiques.

mardi 15 septembre 2009

Bilan de l’activité des députés de Seine-Saint-Denis.

Il faut absolument, ce soir, que je remercie Authueil pour la petite découverte que je viens de faire grâce à lui, même si Nicolas va encore m'engueuler parce que je fais des liens vers les blogueurs de droite. Les tenanciers des « députés godillots » viennent de lancer un nouveau site internet : « nosdeputes.fr ». Après quelques minutes d'exploration, je dois te dire que je suis profondément impressionné par le travail réalisé. Le site est parfaitement accessible à tout citoyen et donne accès, pour chaque député, à un nombre d'informations importantes et détaillées : ainsi peut-on y lire pour chaque député le nombre de présence en séance, le nombre de semaines de présence, le nombre de présence en commission, le nombre d'intervention en commission, le nombre d'interventions longues dans l'hémicycle, le nombre d'amendements signés, le nombre de questions écrites et de questions orales. C'est très rapidement prenant.

Immédiatement, j'ai voulu me livrer à une petite étude sur mon département d'origine et de résidence : la Seine-Saint-Denis. Treize députés représentent le 93, et ont souvent des rôles politiques importants dans leurs partis, comme Claude Bartolone, Eric Raoult, Marie-Georges Buffet ou Elisabeth Guigou. Les partis de ces députés marquent l'ancrage à gauche et le lien de la Seine-Saint-Denis avec le passé de la banlieue rouge : quatre députés sont communistes et cinq socialistes. La droite tient trois circonscriptions (UMP) et, au milieu de tout cela, se trouve le député Nouveau Centre et maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. Il est d'ailleurs à noter qu'il s'était fait élire comme député Modem, avant de basculer dans la majorité présidentielle.

L'étude des données de ces treize députés nous amènent à des conclusions finalement très simples. Je ne dirais pas que les députés sont des fainéants, parce que je ne les connais pas, mais il est évident que le cumul des mandats et des fonctions marquent nettement la fréquentation de l'Assemblée nationale.

On peut ainsi déterminer trois groupes de députés sur le 93 :

  • Un premier groupe est constitué de députés très présents dans l'hémicycle et très actif par ailleurs dans les commissions. Sur le 93, les palmes reviennent à Jean-Pierre Brard (PCF) et à Bruno Le Roux (PS). Ils sont talonnés de près par Eric Raoult (UMP). Brard n'a plus de mandat de maire depuis 2008, mais il était déjà très présent auparavant. A part conseiller municipal, il n'exerce plus d'autres fonctions. Bruno Le Roux n'a plus de mandats locaux non plus depuis 2008. Quant à Eric Raoult, il exerce encore la fonction de maire du Raincy, mais il reste assez actif à l'Assemblée.
  • Un second groupe est composé de députés exerçant d'autres fonctions, mais maintenant une présence malgré tout à l'Assemblée nationale, au moins sur la moitié de la session parlementaire. C'est le cas de Marie-Georges Buffet, ce qu'on peut comprendre vu qu'elle assume la direction du PCF. Patrick Braouzec (PCF) est actif en commission mais peu dans l'hémicycle. Daniel Goldberg (PS) a le même type d'activité, de même que Jean-Christophe Lagarde. Enfin, certains députés sont régulièrement présents mais participent peu aux commissions comme Patrice Calméjane (UMP), maire de Villemomble, Elisabeth Guigou (PS), adjointe au maire de Noisy-le-Sec, et Gérard Gaudron (UMP), conseiller municipal à Aulnay-sous-Bois.
  • Enfin, on peut observer un groupe de députés très peu présents à l'Assemblée, que ce soit dans les commissions ou en séance. Il s'agit d'abord de François Asensi (PCF), maire de Tremblay-en-France. On trouve ensuite Michel Pajon (PS) qui n'est pas revenu à l'Assemblée depuis mars 2009, pour des raisons que je n'ai pu déterminer. Enfin, Claude Bartolone, actuel président du conseil général, a eu une présence très lacunaire, sans doute accaparé par la gestion de son département.

Ce que permet de conclure cette petite étude très rapide, et sans préjuger de la compétence de nos députés, c'est que les deux députés du département les plus actifs sont les deux députés n'ayant aucune fonction locale (ou symbolique comme celle de conseiller municipal). Cette constatation permet de confirmer l'idée que l'interdiction du cumul des mandats, si on veut des députés à plein-temps, est une nécessité.

Il existe bien d'autres raisons d'interdire le cumul, et j'y reviendrai peut-être, dans de futurs billets…

vendredi 11 septembre 2009

Les riches osent le 93 !

Alors qu'on parle de supprimer l'ISF, cet impôt permet de faire des découvertes intéressantes. Ce matin, le Parisien a publié un article concernant l'évolution des assujettis à l'ISF de Seine-Saint-Denis ces dernières années. Pour ses habitants, le département reste marqué par son histoire populaire et la pauvreté. L'espace urbain est une espèce de mélange informe de quartiers pavillonnaires, de zones de grands HLM des années 1960 et 1970, de vieux centres enkystés, et souvent de l'habitat insalubre et dégradé. Certes, le département peut être très agréable à vivre, l'espace étant vraiment caractérisé par la diversité.

Et pourtant, cher lecteur, malgré ce sentiment, indéniablement, le département s'embourgeoise. Le nombre de contribuables payant l'ISF est en hausse, et il faut considérer que ces chiffres sont sous-évalués car beaucoup ne prennent pas la peine de signaler au fisc leurs richesses.

Ce phénomène, appelé gentryfication par les géographes, et boboïsation par le quidam du coin, était assez visible aux Lilas. J'habite la commune depuis cinq ans seulement, mais les anciens habitants, souvent encore issus de milieux ouvriers, se plaignent amèrement de cette évolution de la population locale. Pour eux, il est difficile, en cas de vente et de rachat d'un bien immobilier, de s'aligner sur ces nouveaux acquéreurs, capables de mettre davantage sur la table. Ces « Parisiens » se voient et se repèrent : souvent des couples avec enfants, visiblement semblables à leurs camarades du XXème et du XIème arrondissement, qui ont revendu sur Paris pour s'agrandir à moindre coût. Comme l'article l'indique, le phénomène touche aussi Montreuil, très à la mode et disposant du métro, et des villes plus lointaines et dotées d'équipements récents (comme Noisy-le-Grand) ou de centre-ville attractif, comme Aulnay-sous-Bois.

Pourtant, dans la liste, deux noms me surprennent : Romainville et Aubervilliers.

Romainville est située entre Les Lilas, Pantin, Noisy-le-Sec, Montreuil et Bagnolet. La ville est située sur une butte et est enclavée. Certes, l'A3 la traverse au sud, mais il n'y a aucun moyen de transport ferré sur le territoire de la commune. Depuis 10 ans, la mairie tente de convaincre la RATP d'étendre la ligne 11 (qui a son terminus aux Lilas). Les ingénieurs planchent sur le sujet. De même, on parle depuis le début des années 2000 de prolonger la ligne 1 du tram depuis Bobigny jusqu'à la Place Carnot, mais là encore, on est sur du très long terme et le tramway s'arrête à la gare de Noisy-le-Sec. Les géographes travaillant sur la gentryfication montraient pourtant que la présence de transports en commun efficaces était une nécessité en région parisienne pour attirer le contribuable fortuné. Peut-être le petit centre-ville, avec ses pavillons, suffit-il à contenter les bobos ?

Aubervilliers est un cas encore plus étonnant. Comme Romainville, la commune ne dispose pas d'une ligne de métro ou de RER atteignant son centre (même si cela fait des années que la ligne 12 est en voie d'être creusée). De plus, contrairement à Romainville, Aubervilliers a été marquée par une histoire très populaire. Certaines zones, comme le Landy, sont caractérisées par l'habitat insalubre. Entre Paris et le centre-ville, une immense zone commerciale s'étend et reste peu attractive, même si la Région dit depuis longtemps que l'extension des quartiers d'affaire autour du Stade de France devrait bénéficier à cet espace. Enfin, le Nord de la commune, bordé par la Courneuve et Pantin, est surtout une zone de logement social. Tous ces facteurs repoussent les riches habituellement. Peut-être le petit centre-ville autour de la mairie a-t-il suffisamment d'attractivité pour permettre de passer outre…

Ces évolutions montrent tout de même que le coût de l'immobilier du centre et de l'ouest parisien pousse les riches à accepter le contact avec les milieux populaires du département. Est-ce une nouvelle tendance lourde ou espère-t-on que les prix pousseront les pauvres à migrer, eux aussi, plus à l'est ? Les riches acceptent-ils aussi d'être loin des transports ? Voici des phénomènes géographiques qui ne manquent pas d'intérêt et qu'il faudra suivre.

mercredi 1 juillet 2009

vendredi 26 juin 2009

« Merci d’avoir dépouillé le 7 juin », dit le maire des Lilas.

Hier soir, en rentrant de ma journée de travail dure et acharnée, j'ai découvert, dans le tas d'enveloppes ramassé par ma conjointe un peu plus tôt dans la journée dans notre boite aux lettres, une lettre du maire des Lilas. Immédiatement, la crainte a pointé son nez : il y a quelques temps, j'ai été repéré par l'autre blogueur influent des Lilas, proche de la municipalité. Mais non, rapidement, mon égo a dû se réfréner : l'édile voulait juste me remercier d'avoir participé au dépouillement des élections européennes le 7 juin dernier.

C'est vrai que le dépouillement n'est pas une opération très agréable. D'abord, cela reste très formalisé, et c'est heureux mais embêtant quand on tente de déterminer dans quelle catégorie de bulletin nul rentre ce vote-là (il y en a 11 ou 12…). Ensuite, on est encadré par les militants des différents partis qui peuvent parfois s'avérer vraiment pénibles. Enfin, c'est généralement assez long. Cette fois-ci, il s'annonçait vraiment difficile du fait du très grand nombre de listes, mais la participation a en largement réduit la durée. A 21h15, c'était bouclé

Ce qui m'étonne, cependant, est contenu dans cette notion de « remerciements ». Le vote est un devoir du citoyen. Celui-ci l'exerce comme il l'entend. Cependant, il est bien évident qu'on ne peut pas mener une élection sans une organisation très pointilleuse qui garantit la clarté de l'élection. Ainsi, dans un bureau de vote voit-on s'activer les militants, les élus de la commune et les fonctionnaires territoriaux mobilisés pour l'occasion. Le dépouillement fait partie de la mission du citoyen. Généralement, je ne demande pas à dépouiller, mais je considère que je dois accepter si on me le demande, sauf si j'ai un engagement vraiment impératif, assez rare le dimanche soir. Le président de mon bureau de vote m'ayant repéré, je suis souvent sollicité, mais cela ne me dérange pas vraiment.

Le fait que le maire me remercie signifie donc que mes concitoyens ont tendance à refuser lorsque les présidents de bureau demandent. Or, sans un dépouillement honnête et clair, l'élection n'est pas possible : il ne faut surtout pas que les fonctionnaires ou les élus fassent le dépouillement ! Certes, on pourrait mettre en place des machines à voter (cela existe à certains endroits en France) mais on sait aussi que ces systèmes peuvent être piratés et ne sont pas plus sûrs que le dépouillement.

Reste cette lettre. A mon sens, le maire ne devrait pas écrire ces courriers. Le citoyen doit participer au bon fonctionnement des opérations électorales et il est normal que nous nous soyons mobilisés. Le fait de nous remercier nous indique qu'on est bien gentil et qu'on aurait pu aller picoler au bistro plutôt que de venir. J'estime que nous avons simplement fait notre devoir de citoyen. Il est dommage qu'un maire se sente obligé de remercier ses concitoyens de participer à la bonne marche du processus démocratique…

lundi 8 juin 2009

Résultats complets des européennes aux Lilas (93).

A la demande de Dagrouik, voici les résultats complets des élections européennes aux Lilas (93), une ville, je le rappelle, tenue par la gauche depuis 2001.

Cela nous donne donc :

Inscrits : 13 094
Votants : 5 623
Exprimés : 5 494
Nuls : 129
Abstention : 41,96%

Europe écologie : 1 488
UMP : 1 220
PS : 910
Front de gauche : 414
Modem : 395
NPA : 238
FN : 224
Libertas : 139
Alliance écologiste indépendante : 134
Debout la République : 99
Cannabis sans frontière : 9
Liste antisioniste : 70
LO : 66
La Terre sinon rien : 32
Europe utile : 27
Newropeans : 10
Solidarité France : 6
Alternative libérale : 5
Citoyenneté culture européenne : 4
Europe espéranto : 2
La force de la non-violence : 2

Les autres listes n'ont pas eu de voix.

La ville reste donc à gauche mais le PS s'écroule. Le Front de Gauche, sur l'ensemble de la commune, fait un bon score. L'abstention correspond globalement à la moyenne nationale.

Cette commune illustre bien l'état de la gauche actuelle : un bien beau bordel…

dimanche 7 juin 2009

Aux Lilas, le PS prend une claque.

Cher lecteur, comme tu peux déjà entendre les estimations sur l'ensemble des grands médias, je vais te communiquer les résultats du bureau de vote n°1 de la commune des Lilas, annoncés il y a quelques minutes par le président du bureau, M. Claude Ermogeni, membre du PCF. J'ai en effet dépouillé (j'adore ça !) pendant que les autres blogueurs picolent à la République des Blogs.

Pour te donner une idée, ce bureau couvre le quartier entourant la mairie des Lilas. C'est un quartier habité par des classes moyennes, beaucoup de familles avec enfants ou de personnes âgées. Il reste cependant des populations pauvres qui parviennent encore à vivre ici, parce qu'elles ont acheté leurs logements avant la hausse.

Voici donc de vrais résultats :

Inscrits : 1 030
Votants : 457
Exprimés : 451
Nuls : 6
Soit une participation de 44,37%.

Europe écologie : 136
UMP : 85
PS : 74
Modem : 33
Front de Gauche : 24
NPA : 23
FN : 21
Alliance écologiste indépendante : 14
Libertas (De Villiers) : 12
Debout la République : 8
LO : 5
Liste antisioniste : 5
Le Bonheur intérieur : 4
Cannabis sans frontière : 3
Pour une Europe utile : 2
Alternative libérale : 1
Citoyenneté culture européenne : 1

Les autres listes n'ont pas eu de voix.

Ce soir, les militants PS tiraient une sacrée tête. Beaucoup de récriminations contre la stratégie du parti, et du scepticisme sur l'avenir. Sachez que, lors des dernières municipales, l'union de la gauche avait remporté la victoire dès le 1er tour avec un peu moins de 60% des voix. La gauche reste majoritaire mais le PS est deuxième.

Drôle de soirée électorale…

lundi 1 juin 2009

Dieu favorise le travail de démolition de la Mairie des Lilas.

Il y a quelques temps, cher lecteur, je te parlais de la future démolition de la vieille église des Lilas. D'ailleurs, les travaux avancent vite. Les anciens bâtiments administratifs de la paroisse ont déjà disparu et un grand trou est ouvert juste à côté de l'église. Pourtant, elle reste encore ouverte et est toujours un peu fréquenté le dimanche matin.

Or, depuis quelques jours, le petit clocher, qui ne sonne pas depuis longtemps… Bon, aux Lilas, c'est la mairie qui sonne. D'ailleurs, je voulais signaler à la mairie que l'une des trois cloches ne fonctionne plus depuis au moins deux ans, et qu'il serait temps de faire un petit investissement pour réparer. J'habite en face et la mélodie de la mairie est devenue pénible maintenant : il y a une rupture dans le phrasée de la mélodie. De plus, je ne vois pas pourquoi on arrête de décompter les heures à 22h00. Il y a déjà tellement de bruits à cet endroit que cela ne changerait pas grand-chose si les cloches continuaient à sonner. Je préfère ça que les quelques poivrots qui chantent à 3h00 du matin en rentrant du bistro.

Bon, je reprends. Or, depuis quelques jours, disais-je, le petit clocher, qui ne sonne plus depuis longtemps est couvert d'une bâche rouge. Je me suis dit que la démolition avait dû commencer et qu'on se préparait à le descendre, avant même de fermer le bâtiment.

Heureusement que la Privilégiée est là pour me sortir de mes errances ! En fait, elle a appris par un tuyau, obtenu entre deux bottes de poireaux au marché de la commune, que la foudre aurait frappé l'endroit durant l'un des violents orages de ces dernières semaines. Il est vrai que les Lilas sont situés sur une hauteur mais que l'architecture de la ville, à cet endroit, est assez basse. Le clocher apparaît donc comme un sommet par ici. Tu le verrais, cher lecteur, que tu te dirais qu'on se satisfait de bien peu de choses…

Tout de suite, les images apocalyptiques se sont abattues sur moi. Qu'a donc voulu dire le Très Haut en frappant cette maison de Dieu ? J'espère que cela n'annonce pas de nouvelles catastrophes sur notre commune.

Monsieur le Maire, vite, mettez en alerte les services techniques !

PS : en écrivant ce billet, je découvre que Nicolas parle lui de sa ville d'origine. Le Faucon aime bien aussi ce genre de billets.

mardi 5 mai 2009

Les Privilégiés numéro 1 du classement Wikio !

Cher lecteur, personne n'en parle nulle part, ni ici, ni , ni même encore moins . Et pourtant, ça y est, les trompettes sonnent, les tambours résonnent : les Privilégiés sont les numéros 1 !!!

Bon, certes, il ne s'agit pas du Wikio général, ni même du Wikio politique, ni même di Wikio politique enseignant, puisque CC reste encore devant.

Non, ce blog se classe maintenant premier des blogs politiques du Wikio domiciliés aux Lilas, en Seine-Saint-Denis. Franchement, ce n'est pas rien, vu la densité de la blogosphère locale…

Plus sérieusement, ce blog stationne à la 11ème place du classement politique, mais prend 3 places au général pour se positionner à la 50ème place.

Bon, ce n'est pas tout ça, mais je vais me coucher. En ce moment, il y a des épreuves de bac, et franchement, cela m'atteint…

lundi 27 avril 2009

Aux Lilas, l’église va tomber.

Depuis plusieurs années, une polémique occupe la ville des Lilas, où j'ai la joie d'habiter. Il s'agit de la situation de l'église. Je vais pourtant revenir au plan local et me détacher de mes grands sujets habituels.

Et pourtant… L'église des Lilas (consacrée à Notre-Dame du Rosaire) n'est pas un bâtiment particulièrement remarquable. Elle a été construite en 1887, pour être provisoire. Cependant, comme dans de nombreux cas, le provisoire est devenu permanent. Et aujourd'hui, l'église est dans un sale état. De plus, elle est localisée dans une petite rue de la ville, la rue Jean Moulin, et n'est donc pas facilement repérable par les passants.

En 2002, la ville, propriétaire du bâtiment depuis 1905, suite à la loi de séparation de l'Église et de l'État, a lancé une étude pour détruire l'église et en construire une nouvelle qui doit marquer le rajeunissement de la commune. Cette construction prend place dans d'importants projets immobiliers dans la zone, et marque aussi l'arrivée au pouvoir de la gauche, dans un vieux fief de la droite en région parisienne.

Entre 2002 et aujourd'hui, les conflits politiques ont été nombreux : la droite et la gauche se sont écharpés sur ce projet, la gauche a aussi beaucoup discuté en interne (cela vaut-il la peine de mettre autant de moyens dans cette nouvelle église ?), des croyants attachés au lieu ont essayé de défendre l'idée d'une rénovation plutôt que d'une démolition. La municipalité a été obligée de publier un important dossier sur le site internet de la ville et de consacrer à plusieurs reprises des numéros du canard municipal à ce sujet, voulant montrer que le projet valait le coup d'être mené, avec le soutien mesuré du prêtre de la paroisse. Les Lilas ont ainsi la gloire d'accueillir la première église de Seine-Saint-Denis bâtie au XXIe siècle et c'est une mairie de gauche qui le dit !

Au départ, je ne m'étais pas particulièrement intéressé à cette affaire, dont je trouvais le retentissement disproportionné par rapport à d'autres questions concernant la vie de la commune. Les travaux sont nécessaires : j'ai beau ne pas porter les catholiques dans mon cœur, je ne leur souhaite pas de finir sous les toits de leurs églises. Seul le prix de la nouvelle construction (2 millions d'euros) peut réellement être critiqué, mais je préfère autant que ce nouveau bâtiment porte quelque chose de moderne et fasse du bien à cette ville, plutôt que de construire un machin sans aucun intérêt. Une église dure longtemps, et autant ne pas supporter un bâtiment infâme juste à côté de chez nous.

Pourtant, la démolition a commencé par les bâtiments annexes. Je ne suis lilasien que depuis cinq ans, mais j'ai ressenti une réelle émotion, ce qui n'avait pas été le cas pour les constructions alentours. C'est là qu'on voit poindre les symboles qui structurent notre espace géographique. On est élevé dans le fait que l'église est un lieu marquant de la vie d'une communauté. Même si celle-là n'a pas grand intérêt, on s'attache rapidement à ce lieu symbolique. Dans de nombreuses villes, l'église est un point de repère de l'espace vécu, et symbolise l'existence de la communauté, même si on n'est pas croyant. Aux Lilas, c'est la mairie, situé à un important carrefour routier, qui tient ce rôle de point de repère spatial. Un autre symbole pourrait être la redoutable tour du fort de Romainville, mais je ne peux pas dire que j'y sois vraiment attaché…C'est là tout le défi de reconstruire un bâtiment pareil : nos concitoyens y tiennent. Si on fait une construction infâme, tout le monde en souffre.

En tout cas, en tant que bon gauchiste estampillé, je m'étonne toujours autant de cette mélancolie que je ressens en passant devant l'église encore intacte… Sans doute mon côté conservateur qui fait tinter sa petite clochette.

samedi 22 novembre 2008

Un nouveau grief contre les privilégiés : les enseignants coulent les bistrots !

Le matin de la grève du 20, je m'étais positionné dans un café des Lilas pour lire les journaux et estimer la couverture médiatique de l'événement, avant de partir manifester.

Là, le patron du bistrot me jette à la figure la meilleure phrase politique de la journée (à part les déclarations de Darcos, s'entend) : "Vous faites chier, les enseignants, à cause de vous, je vais rater le lancement du Beaujolais Nouveau".

Voilà, finalement, la critique la plus saine contre la grève des profs que j'ai pu lire ces derniers jours. Quoique... Ici, tu pourras juger de la modernité de la droite républicaine.

P.S. : ne voulant pas concurrencer la Comète de Nicolas, je ne citerais pas le nom de ce joyeux bistrot où je me rends de temps en temps pour lire le journal et boire un verre. Mais bon, aux Lilas, il n'y en a pas tant que cela...

lundi 10 novembre 2008

Les Lilas reçoivent des stars le mercredi 12 novembre !

En ouvrant mon courrier, j'ai découvert une étrangeté : une lettre de la section socialiste des Lilas !

Depuis 2004, j'habite la petite commune des Lilas, en Seine-Saint-Denis. La ville est une vieille terre de la droite républicaine. Depuis 1945, la mairie est tenue par les gaullistes. Mais, en 2001, par un hasard assez étonnant (une triangulaire avec le FN), la ville bascule entre les mains de la gauche plurielle. Pour les gens de gauche du département, il était évident que c'était un hasard dû au rapport de force du moment. Ainsi arrivait à la tête de la mairie une coalition regroupant les Verts, le PCF et le PS, et mené par un jeune maire, Daniel Guiraud.

Lorsque je suis arrivé, j'ai trouvé une ville en plein travaux. De nombreuses surfaces de voirie, des bâtiments scolaires, un parc, des crèches ont été rénovés ou construits. A l'évidence, la ville a changé progressivement de visage, sous l'impulsion d'une équipe municipale jeune, mais aussi des changements de population. A une population mélangeant vieille bourgeoisie aisée et classe ouvrière, succède depuis le début des années 2000 un mélange de classes moyennes et de bobos venus de Paris très proche. Les pauvres sont progressivement poussés vers l'Est de la commune par les évolutions des prix de l'immobilier.

Malgré tout, je pensais que, dès la première municipale, la droite reprendrait son fief. J'aurai dû être marqué par le score de Ségolène Royal dans la commune, celle-ci réalisant un beau 55% au second tour.

Lors des municipales de 2008, la gauche s'est présentée unie, alors que le PS et le PCF s'affrontaient massivement dans le reste du département, face à une droite éclatée et sans leader fort. Avec surprise, le maire sortant l'a emporté dès le premier tour avec un score très important, bénéficiant à la fois des résultats de son action locale, de la vague de la gauche au niveau national, du vote des bobos et des divisions de la droite.

Mais revenons à mon courrier : cette lettre contenait une invitation pour venir assister ce mercredi à une réunion publique intitulée "Défendre les services publics face à la droite, face à la crise : non à la privatisation de la Poste !" La réunion se tiendra à la mairie des Lilas à 20h45, dans la salle des mariages.

J'ai été intriguée par cette invitation tombant en plein pendant la campagne préparatoire au congrès de Reims. La commune des Lilas est située dans la circonscription de Claude Bartolone, fidèle de Laurent Fabius, député depuis 1981 et tout nouveau président du Conseil Général. Les Fabiusiens, en perte de vitesse, essaieraient-ils de dynamiser un peu leurs troupes et de marquer leurs actions sur la commune ? Un peu échaudé et ne voulant pas me retrouver dans une réunion de militants survoltés, j'ai d'abord réagi par un rejet franc de l'invitation.

Et puis, mon attention a été attirée par la liste des deux invités de cette réunion. Certes, Liêm Hoang-Ngoc, professeur à la Sorbonne et auteur de "Vive l'impôt !" en 2007 (un titre qui émoustille déjà les membres du réseau LHC), sera présent. Nous aurons aussi la joie d'avoir aux Lilas, durant cette soirée, le secrétaire de la FSU, Gérard Aschieri. Ce syndicat est important à la Poste, mais il est aussi la première fédération des enseignants.

J'ai donc décidé de m'y rendre, d'abord pour voir à quoi ressemble le PS aux Lilas, mais aussi pour en profiter pour poser quelques questions à ce leader syndical central pour le monde enseignant.

Si tu es prof et que tu lis ce blog, n'hésite pas à m'envoyer des questions par mail ou à m'en laisser en commentaires, j'essaierai de les caser, si l'occasion se présente, bien sûr...