vendredi 22 juillet 2011

Je suis allé me faire voir chez les Grecs : quelques impressions.

Ça y est, cher lecteur ! Une nouvelle fois, sous nos yeux ébahis, les dirigeants européens se sont réunis pour sauver la Grèce du gouffre financier dans lequel elle est plongée. Après avoir fermé les yeux pendant dix ans sur les trucages que les différents gouvernements grecs pratiquaient dans leurs comptabilités, les moralistes européens continuent de mettre en place des plans de sauvetage. Hier, c'est la vision de l'Allemagne qui l'a emporté.


Dans ce maelström financier, on pourrait penser que les Grecs seraient tentés par des idées révolutionnaires. Plusieurs choses pouvaient laisser le penser. On ne s'en rappelle que peu, mais en 2008, ce pays a été secoué par des violentes émeutes sur la question salariale. Aujourd'hui, les salaires et les pensions de retraite sont en train de baisser ! D'autre part, la population grecque pourrait largement se sentir en colère devant les manipulations de leurs hommes politiques. Faut-il rappeler que les fameux plans de sauvetage, s'ils exigent des réductions drastiques des budgets sociaux et des privatisations massives, ne demandent pas du tout au gouvernement grec de taxer les plus riches (tiens, leurs impôts viennent de baisser) alors que les inégalités sont parmi les plus fortes d'Europe, de baisser les exorbitantes dépenses militaires (dont la France et l'Allemagne profitent largement) ou de taxer l'Eglise, l'un des principaux propriétaires du pays et qui bénéficie de l'exemption fiscale ?

Il s'avère qu'avec la Privilégiée, nous avons passé quelques jours en Grèce et nous venons de rentrer, ce mercredi. J'étais impatient de découvrir cette ambiance pré-révolutionnaire joyeuse et positive qu'en tant que bon gauchiste, j'aimerais trouver partout. En effet, les médias français avaient un peu joué sur ce risque ces derniers temps. On avait abondamment vu des images des quelques affrontements qui s'étaient déroulés en juin dans le centre d'Athènes. De plus, la ville était touchée par une extension du mouvement des Indignados, apparu en Espagne, et qui avait fait des petits en Grèce, sur la place Syndagma, place centrale d'Athènes où se situe en particulier le Parlement. Si tu es venu à Athènes, cher lecteur, c'est là où les touristes viennent voir les gardes en robes et à pompon faire leur relève.



Nous nous sommes donc lancés dans Athènes, dans notre arrivée sur place. En plus, le hasard faisait bien les choses : nous avions trouvé un hôtel dans le quartier d'Exarchia, quartier étudiant et très à gauche, où nous espérions bien pouvoir observer la révolution en marche.


D'ailleurs, mes compatriotes étaient assez compatissants envers nous : "mais vous êtes sûrs que c'est une bonne idée ? Et si jamais le pays faisait défaut, dans quel désordre vous allez vous retrouver ! Vous devriez peut-être prendre des Travelers et éviter d'utiliser vos cartes de crédit. Et surtout, pas de liquide ! Faites bien attention à vous à Athènes, hein ?"

Je dois te dire que nous n'avons pas du tout trouvé ce que je cherchais. Certes, la présence policière à Athènes est réelle et même un peu pesante, mais nous ne nous sommes jamais, à un quelconque moment, senti menacé par qui que ce soit, de jour comme de nuit. Certes, un vague campement subsiste sur la place Syndagma, mais il doit rester au maximum 300 personnes présentes. D'ailleurs, lorsque nous étions présents, le maire d'Athènes a convoqué les représentants des Indignés pour leur demander de lever le camp, histoire de préserver la saison touristique : bonne preuve de la faiblesse de ce mouvement. Ailleurs, dans le pays, que ce soit dans la région d'Athènes ou sur les îles, nous n'avons vu aucun signe d'une éventuelle révolution en marche.


Dans les discussions que nous avons pu avoir avec quelques Grecs, l'idée révolutionnaire était pourtant présente, mais de manière très lointaine, et c'était le désespoir qui dominait. Très souvent, revenait l'idée que les Grecs eux-mêmes avaient des responsabilités et qu'ils allaient devoir changer. Cependant, les plans d'austérité et l'intervention de l'UE et du FMI sont vus comme des diktats et l'idée dominante est que les vrais responsables (la classe politique et la bourgeoisie grecque) ne sont pas du tout remis en cause. D'ailleurs, nos interlocuteurs se demandaient bien pour qui ils pouvaient bien voter, vu la compromission générale de leurs politiciens, que ce soit la droite qui avait participé au trucage des comptes ou le PASOK qui mettait en musique les plans d'austérité.

Ce désespoir se manifestait aussi dans l'abord de la saison touristique. Les Grecs en espéraient apparemment beaucoup, histoire de soutenir l'économie et de mettre un peu d'huile d'olive sur la fêta. Certains médias ont malheureusement fait leur office. D'après une hôtelière, si les Français, les Anglais et les Scandinaves restaient massivement présents, en ce début du mois de juillet, les Allemands, très importants d'habitude et gros consommateurs, étaient totalement absents, de même que les Américains. La saison touristique s'annonce donc moins bonne que d'habitude.

En clair, les Grecs que nous avons rencontré se partageaient entre résignation et désespoir. Pas d'espérance en un monde meilleur pour le moment, semble-t-il.

Certes, je n'y ai pas trouvé le vent révolutionnaire que j'attendais, mais plutôt une sourde inquiétude. Il faudrait quand même que nos dirigeants comprennent qu'en assommant les populations et en brisant les possibilités d'espérance, on ne rend pas service à la démocratie. Les conséquences pourraient être graves sur le plan politique, dans un futur assez proche. Quand un peuple n'a pas d'issue, que fait-il, cher lecteur ?

jeudi 21 juillet 2011

Désaffection des concours d'enseignement : quelques éléments complémentaires.

Laurent, dans un billet récent, s'est lancé dans une tentative d'analyse de la faible participation des étudiants aux concours d'enseignement de cette année. Il conclut sur une désaffection réelle à l'égard du métier et propose quelques pistes pour tenter de corriger le problème. Il loupe pourtant, à mon sens, les causes très récentes mais réelles de cet effondrement.

En effet, les chiffres sont spectaculaires. Malgré les suppressions de postes, l'Education nationale a été obligée d'embaucher moins que nécessaire pour maintenir le niveau des nouveaux enseignants. Il manque donc un tiers des profs nécessaires pour l'année prochaine. Laurent pointe certains facteurs, mais pas tous.

Certes, je l'ai dit de nombreuses fois sur ce blog, le métier est difficile et à eu tendance à se durcir. Cependant, ce n'est pas directement à cause des élèves. Etant prof depuis dix ans maintenant dans des établissements dit difficiles, il est clair que le comportement des élèves reste équivalent. Par contre, les conditions d'exercice du métier se sont dégradées indéniablement, du fait de la politique de réduction des dépenses. Il ne faut pas oublier, cher lecteur, que la dépense publique d'éducation a baissé régulièrement depuis les années 1990 et que, si l'Etat s'endette aujourd'hui, ce n'est pas en augmentant l'investissement dans l'éducation ! L'impact des suppressions se marque par la hausse du nombre d'heures supplémentaires exigé (de plus en plus par la pression de la hiérarchie), l'augmentation du nombre d'élèves par classe et la multiplication de missions souvent sans intérêt, allant largement au-delà de la mission de base de l'enseignant (enseigner, hein, faut-il le rappeler ?). Cependant, cela a-t-il un impact sur les vocations ?

Je ne le crois pas. Lorsque j'ai passé les concours, il y a dix ans, la difficulté du travail dans l'Education nationale était déjà un marronnier. Pourtant, à l'époque, pour 1 200 postes au CAPES d'histoire-géographie, il y avait 10 000 candidats inscrits contre 3 000 cette année. De même, la question salariale était déjà sur la table. Il faut d'ailleurs relativiser la question de la paie. Certes, le pouvoir d'achat s'érode régulièrement (un tiers de moins depuis 1980 et 10% depuis 2000) et il est de plus en plus difficile pour un jeune prof de vivre en région parisienne, mais tout de même, dans la majorité des régions françaises, débuter avec un salaire de 1 500 € par mois vous met déjà dans la moitié haute de la société. Personnellement, étant à l'échelon 7 de l'agrégation, je touche 2 500 € par mois, ce qui me place parmi les 20% des Français qui gagnent le plus... D'autre part, les vacances et la sécurité de l'emploi restent de forts leviers d'attractivité.

Alors, que se passe-t-il ? Laurent oublie une réforme très importante initiée Xavier Darcos et mise en musique par Luc Chatel : la réforme de la formation des enseignants. Pour résumer très rapidement :

  • les profs sont maintenant recrutés à BAC+5, soit au niveau master 2, ce qui implique que les étudiants financent sur leurs propres deniers deux années d'étude supplémentaires,
  • et là, ils n'ont plus de formation professionnelle et doivent directement enseigner, souvent dans les académies les plus difficiles, comme Créteil qui va encore accueillir l'année prochaine plus de 800 stagiaires,
  • et, malgré cette hausse du niveau de recrutement, le salaire n'a pas augmenté. Le gouvernement a simplement tassé les premiers échelons du statut pour simuler une augmentation de salaire qui n'aboutit pas ensuite. En clair, un agrégé masterisé à mon échelon gagnera exactement la même chose que moi, alors qu'il aura dû étudier deux ans de plus...
  • Il faut ajouter que cette nouvelle organisation du recrutement brise complètement le lien avec la recherche universitaire. Les étudiants devant préparer les concours et le master en même temps, ils ne s'investissent plus dans la recherche, et les universités sont d'ailleurs en train de mettre en place des masters dit enseignement.
Dans la plupart des cas, les étudiants réfléchissent et arbitrent. Il n'y a plus d'intérêt pour eux à faire encore deux ans d'étude pour avoir la même chose qu'avant, voire pire. Dans les disciplines, comme les mathématiques, où de nombreux débouchés existent, l'impact est immédiat. Il existe aussi en histoire où les débouchés sont faibles ailleurs.

En dehors de ce que Laurent a indiqué, il faut donc reprendre à zéro cette réforme pour ramener les jeunes vers ce métier. De nombreuses pistes sont possibles. Une contre-réforme devrait allier, pour moi, une hausse du niveau de recrutement, une formation professionnelle réelle et un lien fort avec l'université. J'y reviendrai dans un prochain billet.

Reste à comprendre ce que le gouvernement veut avec cette réforme. En fait, cher lecteur, les adultes seront bien là l'année prochaine devant les élèves. Ce seront des étudiants sortant de licence et qui seront embauchés sur contrat précaire, voire bientôt sur CDI, voire des profs de disciplines supprimées reconvertis. Ils seront encore moins bien payés que les titulaires, n'auront pas de formation et auront l'avantage pour l'Education nationale d'être corvéable et de ne pas embêter le monde à faire grève tout le temps. L'objectif visé derrière est le statut de fonctionnaire des enseignants. Tiens, cela aussi, il faut que j'y revienne, mais ce sera pour une autre fois.

mercredi 15 juin 2011

A gauche, on s'enfonce dans le n'importe quoi, camarade.

L'affaire DSK a révélé, à propos de la gauche française, notre désarroi général. Jusqu'en mai dernier, malgré des débats de fond assez pénibles, nous étions plus ou moins persuadés que le PS allait l'emporter avec le directeur du FMI à sa tête. Certes, peu de gauchistes pouvaient en être satisfait. C'était d'ailleurs mon cas. Je ne voyais pas bien le sens de désigner à la tête du pays un droitier de ce type, mais nous étions sous le diktat des médias, et il semblait bien que mes camarades socialistes allaient encore, comme en 2007, suivre le vent des élites et désigner celui qui avait l'aval du haut de notre société. Il semblait pourtant clair que DSK risquait bien d'être un très mauvais candidat de 1er tour, mais cela n'importait guère.

Et puis, le candidat-miracle a disparu. Personnellement, ma première réaction, au plan politique, fut de me dire que tout cela n'avait aucune gravité. Vu que l'histoire nous donne en ce moment raison, que la crise a montré que  notre analyse était pertinente, en particulier sur la manière dont la crise financière a été gérée par les Etats européens, et que le libéralisme économique marquait le pas, il ne devait pas y avoir de problème. Le candidat importait peu, et tant mieux que ce ne soit pas un représentant de la même idéologie faisant faillite qui accède à la plus haute marche de l'Etat.

Or, depuis la mi-mai, c'est le désarroi qui domine à gauche. La victoire n'est plus assurée, les sondages ne sont pas tous positifs, Sarkozy remonte... Alors, on s'écharpe sur le candidat, sur la stratégie, sur la candidature unique ou multiple. En clair, on parle de tout, sauf du fond.

Ce qui peut surprendre, c'est que, malgré le contexte, les militants de droite restent convaincus de leur supériorité idéologique. Certes, ils sont agacés par la personne de Sarkozy, mais ils estiment toujours avoir raison sur le fond. Changeons de président dans cinq ans (on ne peut pas virer l'actuel, cela ne se fait pas), prenons quelqu'un de plus acceptable, et tout ira mieux.

A gauche, c'est plutôt le manque total de confiance en soi qui domine. Cela s'entend dans les discussions de comptoir ou de salle des profs. Mes collègues sont de plus en plus persuadés que l'on va repartir pour cinq années supplémentaires de Sarkozy.

Cette victoire idéologique de la droite est réelle et commence à être ancienne. Je la fixerai en 1983, mais le symbole reste la phrase de Jospin en 2001 sur la nature non-socialiste de son programme. Alors, si nous ne sommes même pas convaincus de nos propres idées, comment peut-on espérer que les Français désignent une personnalité et une majorité de gauche ?

J'en reste convaincu : la bataille idéologique est le fond du problème. Elle se mène partout et sur tous les plans. La victoire électorale vient ensuite.

Pendant ce temps, on sent venir la mélodie du vote utile et de la candidature unique, vote de vaincu par excellence et considération stratégique de boutiquier. Si on repart comme ça, on n'est pas prêt de gouverner ce pays, camarade.

lundi 7 mars 2011

Restons calme, et recentrons-nous sur nos idées.

Un simple sondage paru dans le Parisien dimanche matin a suffi à allumer un grand brasier dans l'ensemble des médias français, incendie auquel la blogosphère n'a pas échappée.

Pourtant, on rappelle régulièrement que les sondages restent toujours discutables et ne représentent que des indicateurs assez partiels, largement tributaires des questions posées par les sondeurs et de leurs interprétations et dépassés dès qu'ils sont parus. Ce sondage influence déjà toute la sphère politico-médiatique, et il est clair qu'une nouvelle enquête serait déjà marquée par la précédente.

Or, déjà, apparaissent les appels à la vigilance à gauche voire à l'unité derrière un candidat issu, sans doute, du PS. Je ne peux que m'étonner que personne n'ait déjà sorti les termes de "vote utile", pourtant si intéressant lorsqu'il s'agit d'effrayer nos concitoyens.

Soyons clair, cher lecteur : je ne nie nullement la possibilité que Marine Le Pen puisse faire un gros score lors des prochaines présidentielles. Contrairement à son père en 2007, elle ne va pas être handicapée par la stratégie de pompage de Nicolas Sarkozy. Les militants et sympathisants du Front ont parfaitement pu se rendre compte que le président de la République ne correspondait en rien à ce qu'ils espéraient. Ils vont donc logiquement retourner vers le FN, et il est à craindre que de nombreux électeurs sarkozystes déçus vont aussi se diriger par là.

Pourquoi n'iraient-ils pas à gauche ? Tout simplement parce que nous ne sommes pas encore suffisamment convaincant. Il ne faut pas oublier que les défaites de la gauche en 2002 et en 2007 sont arrivées avant tout parce que les représentants des différents partis de gauche ont été inaptes à prouver qu'ils étaient capables d'appliquer un programme cohérent et clair. Si la gauche veut gagner, il faut qu'elle arrive à la fois à présenter un programme acceptable pour les Français et une personnalité pouvant faire la synthèse des différents courants qui la composent.

Cela impose d'abord de faire un travail idéologique fort dans tous les partis. Éventuellement, on pourrait imaginer un contrat de gouvernement commun avant les élections mettant sur le papier quelques principes qui pourraient servir de base à une majorité après les élections, laissant ainsi chaque parti décliner son propre programme et présenter son candidat. En fonction du résultat du premier tour des présidentielles et des législatives, on saurait comment adapter ensuite la plateforme commune de gouvernement.

Ensuite, il est évident que chaque parti doit présenter des candidats forts et crédibles pour occuper la présidence. Il n'en faut pas trop (sinon, c'est ridicule), mais il serait tout à fait incohérent que chaque grande tendance de la gauche actuelle n'ait pas un représentant. Un écologiste, un membre du PS et un membre du Front de Gauche est un minimum. Ces candidats divers permettront au débat d'émerger et représenteront une force face à un candidat de droite qui sera seul et qui traînera une multitude de casserole.

Mais tu vas me dire, cher lecteur, que la droite et le FN vont faire le plein et que la gauche risque de passer à la trappe au premier tour !

C'est possible, mais cela ne viendra pas des différentes candidatures. Si cet évènement se produit, ce sera à cause de programmes mal bouclés et hors des attentes des Français ou de candidats inconsistants. Rappelez-vous qu'en 2007, le nombre important de candidats de gauche n'a pas empêché Ségolène Royal de se qualifier pour le second tour.

Alors, chers camarades, le moment n'est pas de faire dans son pantalon. Le moment est venu de bosser, de diffuser nos idées, d'aller au conflit avec nos adversaires politiques et d'imposer nos thèmes. Il est trop facile de se faire imposer le débat sur l'islam et de pleurer après qu'on ne parle pas d'économie, de dette publique, de fiscalité ou de pauvreté.

Au travail, bordel !

PS : et je rappelle à tout le monde qu'il y a des cantonales dans deux semaines !!!

dimanche 6 mars 2011

L'objectif du système éducatif : première réflexion.

Quelques billets sont sortis suite à la chaîne que j'ai tenté de lancer en début de semaine, et force est de constater qu'ils ont soulevé quelque chose qui me questionne.

Si tu avais lu l'appel à billets, tu aurais vu que je cherchais à ramener des blogueurs, très majoritairement hors de l'EN, sur le sujet de l'éducation, pour essayer de mesurer les attentes de nos concitoyens à l'égard de l'Education.

Finalement, cette démarche a été assez critiquée, autant dans les billets que dans les commentaires à mon propre billet, et il semble que l'on s'attache finalement bien plus aux moyens d'atteindre des objectifs que tout le monde semble avoir oublié ou refuse en tout cas de remettre en cause.

C'est intéressant, car cela prouve que l'objectif basique d'instruction et d'éducation de l'EN est partagé plus ou moins par tous, mais c'est aussi problématique car cela signifie que la grande majorité de nos concitoyens va se retrouver exclue des débats sur le sujet.

Est-on condamné à ce que le débat éducatif soit confisqué par des spécialistes auto-proclamés ?

Si c'est le cas, c'est extrêmement dommage...

PS : tiens, puisqu'il l'avait l'air intéressé, je soumets cette chaîne à Didier Goux...

PS' : à venir, un pearltree présentant tous les billets publiés sur le sujet.

lundi 28 février 2011

Quel objectif principal pour le système éducatif ? Préparons 2012.

Tiens, j'ai envie de lancer une chaîne.

A l'approche de l'élection présidentielle, mais aussi des cantonales (les départements construisent les collèges), l'avenir du système éducatif français est posé. Depuis 2002, la dépense d'éducation n'a cessé de diminuer dans notre pays et les résultats seraient en chute. En même temps, de nombreux discours ont été tenus par les politiques, souvent très contradictoires par ailleurs. Des missions multiples ont été attribuées à l'éducation sans qu'une ligne directrice claire émerge de ce magma.

D'autres acteurs s'expriment régulièrement sur le sujet, comme les syndicats de profs, les associations de parents, les organisations disciplinaires... Beaucoup d'avis autorisés qui ont le défaut de parler comme des initiés à des initiés. On peut se demander ce qu'en pense le citoyen moyen, qui ne sait rien de l'organisation administrative de l'Education nationale et de ses pendants privés, mais qui participe à ce système par ses contributions et par ses interventions à divers niveaux du système.

Bien évidemment, il m'est impossible d'interroger toute la population française, mais je peux au moins m'adresser à mes camarades de la blogosphère.

Certes, le blogueur politique est loin d'être un citoyen lambda, mais il a au moins le mérite de se demander de quoi la campagne présidentielle à venir va être faite.

Alors, je vous pose la question, chers camarades : quel doit être l'objectif principal du système éducatif français ?

Je passe la chaîne à :

Et puis, si tu es intéressé par la question, cher lecteur, n'hésite pas à la saisir.

Au travail !

dimanche 27 février 2011

Quelque chose sur le remaniement ?

Suite à ce billet de Nicolas, je relance le débat.

Si un commentateur peut me signaler un billet ou un article sur le remaniement de ce soir qui apporte une vision originale par rapport aux discours des grands médias et qui ne parle ni de la moustache ni des micros décalés de Nicolas Sarkozy, je mange mon chapeau.

Bonne recherche !

Les enjeux des cantonales en Seine-Saint-Denis : quelle situation au Raincy ?

On parle peu, cher lecteur, des élections cantonales. C'est bien dommage, car même si l'ensemble de la population ne vote pas, il s'agit d'un bon test pour les différents partis politiques et peut-être de l'une des dernières élections sous cette forme avant la réforme des collectivités territoriales.

En Seine-Saint-Denis, l'enjeu est de savoir si la nouvelle majorité PS pourra consolider sa domination sur l'assemblée départementale. En 2008, le PS, conduit pas Claude Bartolone, était parvenu à arracher au PCF ce vieux bastion de la banlieue rouge. Actuellement, il tient 16 cantons contre 12 au PCF, 1 aux Verts (celui de Sevran, le conseiller général ayant quitté le PCF depuis son élection), 10 à l'UMP-NC et une au MGC. Sur ces quarante cantons, vingt sont à renouveler en cette année 2011. Ici, la droite n'a aucune chance de prendre le département. On lit parfois sur internet ou dans le Parisien que la majorité PS pourrait sortir affaiblie de ce scrutin, étant menacée sur plusieurs cantons comme ceux d'Aubervilliers-Est et de la Courneuve par le PCF ou celui d'Epinay-sur-Seine par la droite. Le PCF ne pourrait donc reprendre le département qu'en ne perdant pas de cantons et en en gagnant deux nouveaux, ce qui semble tout de même très peu probable même si la dynamique du Front de Gauche peut l'aider.

Cependant, pour Claude Bartolone, il faut marquer des points, et dans ce cadre, le canton de Clichy-sous-Bois-Le Raincy apparaît assez intéressant.

A priori, les forces sont assez inégales. Avec près de 30 000 habitants, la ville de Clichy, l'une des plus pauvres et des plus jeunes de France, devrait largement dominer les 13 000 habitants du Raincy. Clichy a été dirigée deux ans par la droite entre 1993 et 1995 après une très longue période de domination du PCF, mais est depuis aux mains du PS. Or, les choses sont loin d'être aussi simples.

En effet, le canton est tenu depuis 2004 par l'UMP Ludovic Toro, qui dirige le groupe UMP du conseil général. Il est parvenu à prendre le canton au PS qui le détenait depuis 1998 avec 52% des voix en 2004.

C'est l'ancien conseiller général socialiste, le maire de Clichy Claude Dilain, qui va essayer de reprendre son siège. Il bénéficie sans doute de la forte médiatisation qu'il a connu lors des émeutes urbaines de 2005, celles-ci ayant démarré à Clichy-sous-Bois. Il est d'ailleurs président de l'association "Villes et banlieues de France".

Or, malgré le fort écart démographique, rien n'est gagné. Les deux candidats dominants ne sont pas menacés à priori par les autres partis. Il faut noter la présence d'un candidat FN et d'une candidate Front de Gauche. Par contre, tout va se jouer sur Clichy.

En effet, si les électeurs du Raincy se mobilisent assez bien et votent majoritairement à droite, les choses sont tout autre en haut de la colline. A Clichy, alors que la population est élevée, il n'y avait en 2010 qu'un peu moins de 10 000 inscrits sur les listes électorales. Apparemment, les jeunes de la ville s'inscrivent peu et un nombre important d'étrangers ne peuvent voter. Pour Claude Dilain, il faut parvenir à la fois à grappiller des voix sur le Raincy et à fortement mobiliser ses électeurs sur Clichy, ce qui est difficile pour les élections locales. En 2010, seuls 3 000 d'entre eux se sont déplacés pour les régionales, beaucoup plus médiatisées.

Le maire du Raincy, Eric Raoult, s'est engagé dans la campagne avec force. Lors du dernier conseil municipal son adversaire n'était plus Philémon mais... Claude Dilain ! A plusieurs reprises, le maire a apostrophé l'opposition socialiste en les accusant d'aller chercher leurs instructions dans la commune voisine. Sans doute la majorité s'inquiète-t-elle de l'impopularité du gouvernement actuel qui pourrait menacer ses postes d'élus locaux...