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mercredi 6 mars 2013

Où va donc Libération ?

Je ne sais pas comment le vivent les journalistes de Libération, mais en lisant cet édito de Nicolas Demorand, je me suis vraiment demandé quelle était la ligne politique du journal aujourd'hui.

Espérons, même si on peut partager la colère de certains, que le reste de la rédaction peut encore se démarquer de son patron.

Laissons Chavez tranquille et travaillons !

Hugo Chavez est mort...

Il faut, à ce moment du récit, faire une première mise au point de principe : en France, il est totalement impossible de se faire une idée claire sur ce qu'est vraiment le Venezuela d'aujourd'hui. Le personnage de Chavez n'a cessé de révéler des clivages idéologiques dans notre pays. La droite et les réacs considèrent le Venezuela comme un nouveau Cuba (il faut dire que la droite locale s'est faite virer du pouvoir et n'est pas parvenu à le reconquérir, par la force comme par les urnes), les sociaux-démocrates comme un modèle très critiquable (il faut dire que le PS local n'a pas été associé au pouvoir), les gauchistes comme une espèce d'icône à suivre sur tous les points (enfin un candidat radical qui gagne des élections, ce qui n'est pas notre cas en France).

En réalité, on ne sait rien de rationnel et d'objectif par les médias. Par curiosité, j'ai cherché sur le site d'Amnesty International pour voir ce qui ressortait, et je n'ai trouvé qu'un article, mais là encore, le fameux rapport annuel n'est pas consultable sur le site.

De notre côté, cher-e-s camarades, il faut quand même un peu se calmer. On peut certes regarder avec intérêt ce qui se passe au Venezuela et dans l'ensemble des pays d'Amérique Latine et essayer d'en tirer des leçons pour la gauche française voire européenne, mais avec toutes les limites de l'exercice. Ces pays sont loin de ressembler à la France : niveau de développement, population aux dynamiques démographiques de pays en développement, ressources naturelles, structures économiques et sociales... On ne pourrait pas ici appliquer le même système politique, et d'abord parce que la France a des traditions démocratiques bien plus ancrées. On peut supposer qu'en cas de victoire électorale du Front de Gauche, la droite de ce pays ne ferait pas de tentative de putsch et que le PS participerait au pouvoir sur la base du programme du FdG. En tout cas, on peut l'espérer.

Je suis toujours très mal à l'aise de cette volonté de trouver partout ailleurs un modèle qui s'appliquerait tel quel ici, en prenant pour exemple des pays très différents. D'habitude, c'est à droite qu'on est coutumier de cette stratégie. Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis : tous les pays qui ont fait des réformes libérales y passent, jusqu'à ce qu'ils se cassent la binette et qu'on en trouve un autre. Les réformistes ont longtemps mis le blairisme en avant, sans oublier l'Allemagne de Schröder et les pays scandinaves. De notre côté, il est vrai qu'on a souvent parlé du Chili, de l'URSS et parfois de la Chine, sans oublier Cuba. Dommage qu'on ait eu cette manie (Chili excepté) de promouvoir des dictatures bien loin de notre idéal démocratique...

Bon, et si on parlait de la France et des questions qui la concerne, plutôt que de passer notre temps à chercher des lendemains qui chantent ailleurs ? C'est pour la France que nous devons trouver des solutions, pas pour les Vénézuéliens qui ont l'air de très bien se débrouiller seuls.

Au travail !

mercredi 3 novembre 2010

Et maintenant, l'Education nationale doit éduquer les enfants à la publicité...

Ce matin, alors que je sirotais mon café au lait, j'écoutais nonchalamment l'émission "Service Public" sur France Inter, qui traitait de la question des enfants consommateurs. Depuis 10h00, on a eu le droit à toutes les perles sur ce type de sujet : la télé est très vilaine, les enfants connaissent mieux les pubs que la littérature, l'influence des médias est telle qu'il est impossible d'y résister...

Lorsqu'on écoute ce genre de débat, on peut avoir une réflexion qui vient de suite : comment est-il possible que les enfants soient aussi influents sur les choix des parents ? Je m'explique.

Je suis né à la fin des années 1970, et comme tous les enfants de ma génération, j'ai été soumis au flot publicitaire massif qui se déversait sur nous autour des émissions jeunesse. Plus j'ai vieilli, plus le phénomène est devenu marquant et il m'est en effet arrivé de demander à ma mère au supermarché qu'elle daigne m'acheter un produit que je puisse consommer, alors que celui-ci n'était pas dans nos habitudes. Eh bien, cher lecteur, je peux te dire que jamais je n'ai pu obtenir des choses délirantes. Ma mère gérait son argent et n'était pas du genre à se laisser déborder par des sales gosses en train de faire des caprices. Or, en écoutant France Inter, on se demande si les enfants ne sont pas devenus des monstres. Les discours des intervenants étaient très clairs : impossible de résister à la pression de nos chères têtes blondes en train de réclamer des marques.

D'ailleurs, à un moment, l'une des intervenantes a déclaré, péremptoire : "ah, mais vous savez qu'un gamin qui ne sait même pas encore lire sait reconnaître un pot de Nutella et connaît totalement cette marque ?"

Bon, essayons de nous mettre à la place d'un gosse de trois ans. Tous les matins, ses parents lui servent un petit déjeuner. Lors de celui-ci, ils lui présentent différents aliments, généralement en demandant au bambin s'il souhaite manger tel ou tel. Par exemple, la maman, pleine de gentillesse, lui propose du lait, des céréales, du beurre, de la confiture ou du Nutella. Le problème, c'est que ce produit est tellement devenu dominant dans sa branche que son nom a remplacé l'appellation de "pâte à tartiner" qui est normalement le sien. Les enfants identifient donc cet aliment comme du Nutella, comme il le ferait d'un frigidaire, d'un kleenex ou d'un morceau de sopalin. On en vient donc à reprocher à la publicité des choses dont elle n'est pas responsable. Durant toute cette émission, on a entendu la complainte de parents incapables de gérer les pulsions de leurs enfants et de les refuser. Certes, la publicité est un vecteur de pulsion, mais il y en a d'autres.

Si vous voulez que vos gosses cessent de demander des choses sans arrêt en s'appuyant sur des pubs, inutile de les priver de TV ou d'internet, de faire des scènes au supermarché voire de les envoyer dans leur chambre avec une punition. Il suffit de dire non, tout simplement, et de vous y tenir. D'ailleurs, une auditrice le disait ce matin : la suppression de la TV à son domicile n'a servi à rien sur ce point.

Malheureusement, dans ce genre d'émission, comme tout le monde est en train de se décharger de ses responsabilités, arrive le moment fatidique où le problème retombe sur la tête des privilégiés. Là, Isabelle Giordano proclame que l'Education nationale doit mettre en place une éducation à l'image et à la publicité.

Cette idée était déjà présente dans la réforme du lycée, mais nous n'en voyons heureusement pas tellement la couleur. Bien sûr, les images ne sont pas absentes de nos cours. On travaille beaucoup sur des oeuvres d'art, sur la propagande politique, et il m'est même arrivé de faire un cours s'appuyant sur des pubs lorsqu'on travaille sur le développement de la société de consommation au XXe siècle en terminale générale. Cependant, ce que nous demande ces irresponsables, ce n'est plus d'utiliser l'image comme support et document historique pour apprendre des vraies choses importantes mais d'utiliser cette image comme objet d'apprentissage en soi.

Il serait tout de même bon que nos concitoyens comprennent que si l'on continue à charger l'Education nationale de toute une série de missions débiles et inutiles visant à compenser les manquements des parents et/ou de la société à l'égard des jeunes, on n'aura pas de meilleurs résultats que vous (comment remplacer l'autorité parentale ?) mais on fera de moins en moins de choses intéressantes, comme de l'histoire, de la géographie, des sciences, de la littérature...

Faites votre boulot de parents, et laissez-nous faire tranquille notre boulot d'enseignant.

mercredi 15 septembre 2010

Présentation d'un article par un journal neutre sans engagement politique particulier.

Depuis que j'ai un iphone, je découvre la joie et le bonheur de lire la presse en ligne. C'est gratuit, mais c'est écrit petit et ça fait mal aux yeux. Dans ce contexte, les flux des grands journaux sont composés en général d'un seul titre qui, on peut l'imaginer en tout cas, cherche à être le plus accrocheur possible.

Samedi, alors que je rentrais chez moi et que je me trouvais dans mon RER, je me pique d'ouvrir l'application du Figaro. Certes, cela ne m'arrive pas souvent, mais j'avais épuisé celle du Monde et je cherchais à passer le temps.

Et là, je tombe sur ce titre : "Ecole : pas de lien entre effectifs et résultats."

Evidemment, toujours intéressé par les questions éducatives, je clique immédiatement sur ce titre très étonnant, me demandant quel inspecteur général de l'éducation avait encore dû répondre à une commande du politique pour dire que les moyens, à part satisfaire les syndicats, ne servaient pas à grand-chose. C'était d'autant plus bizarre que l'OCDE venait de publier des textes indiquant que les petits groupes avaient un réel effet sur les élèves les plus défavorisés et les plus en difficulté.

Or, après avoir ouvert l'article, on découvre le sous-titre suivant : "Selon une étude de l'OCDE, le travail en petits groupes ne bénéficie qu'aux élèves en difficulté."

Je découvrais là une façon totalement différente de voir la question du nombre d'élèves par classe. Lorsque nous, enseignants, traitons ce problème, nous évoquons souvent la difficulté que nous pouvons avoir à passer beaucoup de temps avec les élèves les plus perdus d'une classe lorsque celle-ci est grosse. Il est alors évident que le nombre d'élèves par classe, s'il n'influe pas vraiment sur les meilleurs, peut avoir un impact fort sur les plus faibles. Or, c'est exactement ce que dit l'OCDE dans les résultats de ses évaluations PISA.

Le Figaro, pour tourner le problème, affirme que ces petits groupes ne sont efficaces que pour les élèves faibles, ce qui laisse à penser qu'ils ne servent à rien pour les autres. Ainsi, on suggère l'idée de se demander si l'investissement en vaut la peine. L'article en lui-même fait finalement une présentation assez correcte des résultats des rapports de l'OCDE, mais c'est dans le titre que tout est dit : voilà un beau soutien à la politique gouvernementale de suppression du nombre d'enseignants (en période de croissance démographique, il ne faut pas l'oublier...).

Justement, un système éducatif vraiment performant ne devrait-il pas être capable de sauver tout le monde, même les gamins les plus paumés ? Dans ce cas précis, l'investissement pourrait vraiment en valoir la chandelle.

En réalité, le problème de la taille des classes ne peut s'envisager que sur des grands nombres. Tous les enseignants vous raconteront des histoires de classes à 35 pénibles et d'autres très agréables, de classes à 20 larguées et d'autres très fortes. Tout dépend des gamins que l'on met dans chaque classe. Personnellement, je me souviens avoir souffert à une première à 24 alors qu'au même moment, ma terminale à 35 était très gérable. Cependant, ai-je vraiment pu suivre ces 35 élèves convenablement ? Bonne question, à laquelle seuls les gamins pourraient eux-mêmes répondre.

Ce qui est sûr, par contre, c'est qu'une classe à 35 prend bien plus de temps à gérer et fatigue bien plus, en moyenne. Cependant, ça, c'est du confort d'enseignant, et ce n'est pas vraiment dans la mode du moment d'aborder ce genre de questions.

samedi 31 juillet 2010

Affaire Cottrez : à nouveau, une femme est excusée par les médias pour cause d'instinct maternel.

Hier, comme cela avait été le cas par le passé pour l'affaire Courjault, la presse est massivement revenue sur les huit infanticides qui se seraient déroulés dans le nord de la France. Comme à l'habitude, nous avons eu le droit à une kyrielle de psychiatres, de psychanalystes et de journalistes tentant de comprendre comment une femme, forcément une mère par nature marquée par son instinct maternel, a pu en arriver à tuer huit de ses enfants.

Je vais passer sur le fait que cette affaire se déroule dans le Nord et sur les habituelles assertions sur le retard sanitaire de cette partie du monde, histoire de ne pas vexer mes camarades nordistes.

Par contre, une nouvelle fois, nous voilà devant un beau cas de victimisation d'une criminelle.

Nous avions déjà pu constater, lors de l'affaire Courjault, une volonté forte des médias de presque excuser la criminelle grâce au déni de grossesse. Certes, celui-ci est reconnu comme une circonstance atténuante, mais la notion de meurtre n'avait cessé de s'effilocher tout au long de la procédure.

Dans le cas présent, Mme Cottrez a affirmé avoir eu conscience de ses grossesses et les avoir ressenties. Elle a aussi confirmé qu'elle les avait dissimulées à son mari et à ses proches grâce à son surpoids, ce qui lui avait permis de se débarrasser de ses bébés plus facilement.

Dans ce cas précis, nous sommes donc face à des aveux clairs, même si le parquet préfère attendre les résultats de l'expertise psychiatrique, ce que l'on peut entièrement comprendre. Cependant, les médias retournent vers leurs vieilles lanternes, allant même jusqu'à ramener le déni de grossesse alors que l'accusée ne le met pas en avant.

Une nouvelle fois, c'est le célèbre instinct maternel qui revient à la une. Bien sûr, rien ne démontre qu'il existe réellement et qu'il soit une constante de l'humanité. Par contre, il permet au machisme le plus basique de subsister. On insinue le fait qu'une mère s'occupera forcément bien de ses gamins, et qu'à partir de là, on ne voit pas comment elle pourrait arriver à de tels crimes sans être sérieusement dérangée. Finalement, la criminelle est quasiment immédiatement excusée en partie du fait de sa condition de mère, alors qu'on pourrait envisager qu'elle est dérangée en tant qu'individu.

Que se passerait-il si l'assassin était un homme ? J'avais déjà posé la question dans un billet précédent, et mes commentatrices de l'époque m'avaient expliqué qu'un homme ne vivant pas la grossesse, il ne pouvait appréhender les choses de la même façon : son crime serait alors bien plus grave. Certes, je ne vais pas prétendre qu'un homme puisse ressentir toutes les émotions de la grossesse, mais il n'y a pas de raison qu'il ne puisse pas participer aux crimes en lui-même. D'ailleurs, si M. Courjault avait été reconnu innocent par la justice, le mari de Mme Cottrez reste apparemment soupçonné, car la presse affirmait hier que deux bébés n'auraient pas été enterrées par la mère. Nous avons donc un exemple de crimes apparemment liées aux troubles psychiatrique de la mère mais dans lesquelles le père aurait pu tremper, ou quelqu'un d'autre.

Pourquoi, dans ce cas, ne pas simplement envisager que cette femme soit une personne ayant des pulsions meurtrières, comme une sorte de serial-killer ? La presse s'y refuse obstinément. Cela pourrait être pour respecter la présomption d'innocence, mais ça, non, on ne le fait pas, en France. Par contre, on essaie ici d'expliquer et de dédouaner la meurtrière, alors que la presse s'empresse souvent d'enfoncer des accusés de tous ordres.

On ne peut que le maintenir : le traitement de ces affaires n'est pas un bon signe pour les femmes. Le fait que la condition de mère maintienne un traitement différent des crimes installe le statut de mère dans la société, en position d'infériorité. Si une femme devient automatiquement une mère, pourquoi retournerait-elle travailler après l'accouchement ? Pourquoi ne resterait-elle pas à la maison pour torcher les mômes, pendant que le mari, inconscient de tout cela, retournerait chercher le pain quotidien ? De fait, une mère ne sera pas traitée de la même manière. Que se serait-il passé si c'était le mari ou une autre personne qui était passé à l'acte ? Il serait déjà lynché par l'ensemble des journalistes.

De fait, persiste ainsi une espèce d'impunité des mères dans leurs actes de maltraitance à l'égard des enfants. De nombreux gamins vont donc continuer à en souffrir dans le futur et vont se heurter à une inertie plus grande de la justice face à leurs souffrances.

On ne peut qu'espérer que, si Mme Cottrez se révèle coupable, elle soit condamnée conformément à l'esprit du code pénal concernant les meurtres d'enfants. Cette décision donnerait un signe positif pour l'ensemble des femmes et pour les enfants subissant des maltraitances de la part des mères. Il est temps, cher lecteur, d'abattre cette bonne vieille survivance du patriarcat de notre société soi-disant si développée et de traiter les mères qui déconnent comme ce qu'elles sont : des criminelles qui doivent être prises en charge par la justice.

Des femmes traitées comme des hommes par les juges, voilà un beau signe que l'égalité homme-femme continuerait à progresser.

mercredi 21 juillet 2010

Journal régional contre journal national.

Comme tu as pu t'en rendre compte, cher lecteur, je viens de passer quatre jours de vacances en province, dans l'Allier, pour rencontrer mes camarades des Gueules et d'autres amis qui se sont joints à nous pour partager le boire et le manger.

Durant cette période, j'ai eu l'occasion, pour des raisons diverses, de me retrouver, assez tôt le matin, à la terrasse d'un bistro de Cosne-d'Allier, bourgade située à proximité du village où nous avions établi nos quartiers. J'ai ainsi pu observer les pratiques de la population locale.

Devant attendre environ une heure, j'ai pris l'initiative d'acheter deux canards pour passer le temps : le quotidien local, La Montagne, et Libération, pour suivre les péripéties de l'affaire Woerth. Contrairement à moi, la très grande majorité des clients de la maison de la presse située en face du bistro se sont munis de la Montagne, délaissant les journaux nationaux.

Or, l'écart est grand entre les deux types de journaux. Certes, le canard local consacre quelques pages aux actualités nationales, voire quelques encarts aux actualités internationales, mais la très grande majorité des articles est centrée sur l'actualité locale voire très locale. Lundi matin, le journal mettait en une un grave accident de voiture ayant emporté trois jeunes durant le week-end précédent, à proximité de Vichy, alors que Libération titrait sur les méandres de l'affaire Woerth et les dernières révélations de M. de Maistre.

Une question saute alors à l'esprit. Il est évident que, en fonction du choix de son journal (non pas entre éditions nationales mais entre éditions nationales et locales), on a une vision de l'information totalement différente. D'un côté, on se concentre sur la vie de sa région, et on oublie sans doute souvent les péripéties du pays et encore plus de la planète. De l'autre, on se consacre à une actualité nationale détachée de la vie locale. A Paris, le phénomène me semble moins lourd parce que le Parisien, notre canard régional, consacre nettement plus de pages aux actualités générales.

Peut-on alors estimer que nos concitoyens de province ne se renseignent pas sur l'actualité générale ? Bien sûr que non. Les autres médias sont là pour faire le relais. Ce choix illustre cependant les difficultés d'une presse nationale qui ne parvient pas à séduire de nouveau, alors que les Français restent très attachés à une information locale qu'ils n'obtiennent pas par ailleurs.

Les journaux nationaux sont-ils fichus ? Il est vrai que leur prix n'a cessé de croître, alors que la quantité d'information disponible n'a cessé de diminuer et que la qualité est parfois très discutable. De plus, ces journaux apportent une plus-value de moins en moins nette, alors qu'internet permet de s'informer tout aussi facilement. Les journaux locaux ne souffrent pas, semble-t-il, de cette évolution, car ils restent abordables et amènent une information différente.

Comment faire évoluer une presse nationale en difficulté ? On pourrait imaginer, par exemple, qu'elle évolue bien plus vers une presse donnant des analyses et des idées, et moins des informations brutes. Ce n'est bien sûr qu'une proposition, cher lecteur...

mercredi 5 mai 2010

Approximations et erreurs du dossier du Parisien sur les écoles primaires.

Ce matin, le Parisien faisait la une sur le niveau de l'école primaire, les cercles de réflexion entourant le pouvoir ayant semble-t-il décidé de s'y attaquer. Or, dans un article consacré à la traditionnelle baisse de niveau, j'ai relevé cette petite phrase :

« On fait plus d’heures que nos collègues au collège et au lycée mais on est payés moins », s’étonne Isabelle, qui fait classe depuis dix ans.

C'est étonnant. En fait, depuis la réforme Jospin de 1989, les professeurs des écoles sont alignés sur les enseignants certifiés du secondaire. Je le sais d'autant plus que ma propre conjointe est une privilégiée du primaire, et que j'ai une vague idée de ses revenus.

Cette collègue s'appuie peut-être sur les salaires de l'agrégation, qui sont en effet nettement plus élevés. Alors qu'il y a un écart de 200 € en début de carrière, on arrive à presque 700 € en fin de carrière entre professeurs agrégés et les autres types de professeurs (certifié, des écoles, CPE...). Seuls les chefs d'établissement sont au-dessus de cette grille.

Là où un écart peut apparaître, c'est dans les heures supplémentaires, les professeurs du primaire ne pouvant en faire, sauf à surveiller des études et des cantines, ce qui est bien moins bien rétribué que des heures d'enseignement. Est-ce à cela que pensait la collègue ? Vue la taille de l'article, on ne le saura pas, mais le Parisien se permet de disserter sur une erreur manifeste sans vérifier.

Une autre idée étonnante ressurgit. L'Institut Montaigne, à l'origine de la charge contre le primaire, indique que les professeurs du primaire ne sont pas surveillés par une hiérarchie qui peut les juger sur leurs résultats et demande que les directeurs d'école deviennent de véritables managers, le journaliste insinuant que les principaux et proviseurs ont un pouvoir bien plus importants.

C'est vrai et faux à la fois. Mon proviseur a un pouvoir sur les classes que j'obtiens en début d'année, sur les projets que je peux mener, sur mon emploi du temps, sur une partie de ma notation. Cependant, il ne peut rien faire sur les aspects pédagogiques, tout simplement parce que le mien n'est pas professeur d'histoire-géographie, qu'il n'en a pas fait depuis la terminale, et qu'il serait bien incapable d'estimer la qualité de mon travail, autrement que par des on-dits forcément déformés, souvent venus des élèves, et ensuite parce qu'il n'a pas le temps de venir me suivre dans ma classe. Son seul pouvoir, s'il a un doute, est de convaincre mon inspecteur de se déplacer.

En fait, le Parisien semble ignorer que l'un des problèmes de l'enseignement est que le manager ne peut pas réellement estimer le travail fait, mais s'appuyer sur des aspects périphériques pour l'évaluer. Quant à l'inspecteur, il y aurait beaucoup à dire, mais ce sera pour un autre billet...

jeudi 29 avril 2010

De l'utilité d'une association de blogueurs ?

Hier soir, lors de la République des Blogs, une longue discussion s'est déroulée entre Reversus, Vogelsong, Dagrouik et Gérald de Marianne2.fr sur la question de la monétisation des contenus des blogs. Cette question, dans les multiples questionnements des blogueurs en ce moment, a réapparu régulièrement. Personnellement, à part les deux trois articles publiés chez Vendredi, je n'ai jamais touché un kopeck du blog, pas même par la pub Google placée au-dessus de l'article. Ce n'était de toute façon pas mon but à l'origine. Cependant, certains blogueurs, qui investissent beaucoup dans leurs billets, trouveraient cohérents de trouver un moyen d'obliger les entreprises commerciales à rémunérer, même symboliquement, les contenus qu'elles utilisent.

Il y a un peu moins de deux ans, lors d'une autre RDB, j'avais eu une longue discussion avec Rubin Sfadj sur l'opportunité de créer une association regroupant des blogueurs. A l'époque, on était dans le contexte HADOPI mais aussi dans le cadre de plusieurs procès touchant des blogueurs qui avaient attaqué leurs édiles lors des municipales de 2008. Dans mon esprit, cette association aurait pu exercer un conseil juridique et aussi s'exprimer publiquement lorsque le législateur ou les autorités s'intéressaient à la blogosphère politique. Bien sûr, ce projet nous dépassait largement, mais nous le trouvions cohérent, vu que le blogueur est maintenant dans un certain vide légal alors qu'il est une personnalité publique. Les blogueurs ont des intérêts communs que l'on pourrait parfaitement traiter ensemble.

Hier, mes interlocuteurs m'ont évoqué une autre utilité possible qui consisterait à participer à la monétisation des billets, le but étant de récupérer des sommes symboliques qui pourraient permettre d'organiser des manifestations, des événements ou de prendre des initiatives diverses. Mes camarades sont encore plus ambitieux que nous ne pouvions l'être à l'origine et leur idée se heurterait à l'individualisme souvent très fort de nos camarades blogueurs.

Cette association aurait par contre l'avantage de casser les frontières qui se sont progressivement mises en place à l'intérieur de la blogosphère politique, en particulier entre les différents réseaux. Les conflits et le temps ayant passé, les blogueurs des Leftblogs, de LHC, des Kiwis sont devenus de plus en plus imperméables les uns aux autres, se contentant de discussions internes à chaque réseau. D'autre part, ces réseaux, qui ont pu servir par moment à se faire voir ou à faire des liens, ont favorisé la naissance d'une dynamique concurrentielle entre blogs politiques, bien au-delà des idées, alors qu'on pourrait imaginer quelque chose de plus collectif.

Évidemment, je pille sans vergogne les discours de mes trois camarades, qui ont largement la possibilité de s'exprimer sur le sujet en commentaire. D'autre part, mon blog est trop peu influent pour que je m'imagine avoir une quelconque portée là-dessus. Mais, comme le disaient mes compagnons de tablée, il n'y a pas vraiment de raison de ne pas lancer l'idée et de ne pas commencer à y réfléchir. Je suis sûr que les deux co-organisateurs de la RDB, qui ont déjà une petite expérience des regroupements de blogueurs, auraient déjà une petite idée sur la cohérence et la faisabilité de ce projet, de même qu'un autre grand organisateur de rassemblement de blogueurs.

Reversus disait hier : "pas besoin de beaucoup de monde au départ : une vingtaine de blogueurs suffiraient pour démarrer."

Ouvrons donc le débat et brisons les frontières, cher lecteur !

mardi 27 avril 2010

Une question sur le futur des classements de blog : l'accès au classement limité par les moyens ?

Hier soir, comme quelques autres blogueurs politiques, je me trouvais à la soirée organisée par Wikio pour nous présenter le futur classement. La présentation fut animée par Jean Véronis et Pierre Chappaz qui nous informèrent de la prise en compte des tweets dans le classement pour pondérer les liens, ceux-ci étant progressivement en train de flancher.

Ainsi, maintenant, pour continuer à jouer avec le classement, il va falloir tweeter, et massivement si on espère se rapprocher des blogs geek ou SEO. Je le disais hier à Dagrouik en douce, en m'inquiétant des suites.

Personnellement, je n'ai toujours pas réussi à me mettre vraiment sérieusement à Twitter. La question des 140 caractères est déjà, en soi, un vrai problème, car la concision porte aux raccourcis, et le simplisme survient vite. On ne peut donc sérieusement exprimer une idée sur ce support.

Par contre, on peut facilement répercuter un billet, que ce soit un des siens (par un système automatique comme Twitterfeed), soit ceux d'un camarade par des boutons de partage ou par des tweets faits manuellement. Cependant, cela prend un temps fou : aujourd'hui, je me suis amusé à retweeter les billets que j'appréciais, et cela consomme encore des minutes de notre précieux temps libre. Et puis, contrairement aux flux RSS que l'on peut rattraper, Twitter devient vite un espace surchargé de messages qu'on ne peut réellement lire le soir lorsqu'on rentre du boulot. Les jours où je suis au lycée à plein temps, je découvre plus de 600 tweets alors que je ne suis abonné qu'à 129 comptes. Que se passe-t-il pour les personnes qui ont 1 000 abonnements ? On ne suit plus rien, sauf...

...si on est équipé d'un smartphone. Hier, lors de la réunion, Pierre Chappaz a lancé une blague sur le nombre d'Iphone présents dans la salle. J'ai découvert effaré que j'étais l'un des seuls à ne pas en avoir un sur moi, n'ayant pas encore franchi le cap. Si on est toujours connecté, il est plus facile de pouvoir tweeter et retweeter en permanence. Or, malgré tous les discours à ce sujet, ces appareils ne sont pas accessibles à tous.

J'ai découvert aujourd'hui en kiosque le dernier numéro de "60 millions de consommateurs" consacré aux smartphones. Les journalistes sont clairs : pour pouvoir investir dans ces gadgets, il faudra débourser entre 180 et 220 € pour acheter l'appareil, puis payer un forfait au moins dix euros plus cher que ce que paie un Français moyen pour un portable, soit environ 50 € par mois. Cela signifie donc qu'un blogueur qui n'a pas d'usage d'un de ces appareils pour des raisons professionnelles et qui ne gagne rien avec son blog doit engager des dépenses s'il veut jouer au "kikalaplugrosse" avec les autres. Je rappelle qu'un SMIC net se monte à 1 056 € par mois actuellement.

Certes, je l'ai déjà souvent dit, la blogosphère est animée par des gens qui sont loin d'être des prolétaires. Globalement, nous sommes là face à des classes moyennes et des bourgeois qui ont les moyens d'investir dans ces outils. Cela signifie cependant que le jeu du classement, qui permet de devenir visible et de partager ses écrits, se complique et deviendra rapidement moins accessible à ceux qui ne disposent pas des outils adéquats. Ainsi, cette évolution, que je ne condamne pas par ailleurs car Wikio cherche vraiment à percevoir les réseaux qui traversent le net, marque à la fois le début d'une certaine professionnalisation, au moins dans la manière de bloguer, de la blogosphère (vu le temps et les moyens qu'il faudra investir pour émerger) et le fait que les blogueurs sont très majoritairement des privilégiés capables de mettre 600 € par an dans un forfait internet mobile.

Je ne suis pas le seul, cher lecteur !

samedi 24 avril 2010

Le classement annuel des lycées, une vaste fumisterie.

Chaque année, les journaux publient le classement des lycées. Lorsque j'étais gamin, ces classements reflétaient les résultats bruts au bac, ce qui n'avait pas réellement de sens. L'Éducation nationale n'a cessé d'essayer de préciser ces statistiques pour obtenir quelque chose de performant, dans le but d'une rationalisation du système éducatif et pour détecter des établissements qui dysfonctionnent et ceux qui parviennent à élever les élèves. En soi, le principe est bon.

Actuellement, les statistiques de 2009 sont composées de trois éléments :
  • Tout d'abord, on prend toujours en compte les résultats bruts au baccalauréat.
  • Ensuite, on estime ce que l'on appelle un taux attendu par rapport aux élèves présents cette année-là au moment de l'épreuve, et particulièrement les niveaux au brevet, les milieux sociaux d'origine, les situations des communes...
  • Enfin, on ajoute le taux d'accès de la seconde au bac, ce qui vise à éliminer les établissements qui préfèrent se débarrasser des élèves faibles plutôt que de tenter de les faire progresser. Cela devait permettre d'éviter de prendre en compte les établissements centraux privés et publics qui trouvaient plus faciles de virer les faibles pour cartonner dans la statistique de première catégorie.

Malheureusement, cette stratégie est un échec. A la lecture des classements, on constate deux choses : le privé occupe le haut de même que les établissements publics déjà réputés lorsque j'étais gamin. On pourrait me dire : "tu vois, Privilégié, le privé cartonne ! Toi et ta corporation, vous ne méritez pas notre plus petite attention..."

Essayons un peu de rationaliser, et intéressons-nous au premier du classement de Seine-Saint-Denis. Celui-ci est occupé par un établissement privé, le lycée Saint-Louis Sainte-Clotilde, localisé sur la petite commune du Raincy, qui est l'une des communes les plus riches de France (et dont je vous reparlerai prochainement car je me prépare à m'y installer...). Sur 111 élèves menés au bac l'an dernier, 97 % l'ont décroché, soit une valeur ajoutée de 7 points par rapport aux attentes du ministère vu les élèves présents. De plus, il parvient à mener 80 % de ses élèves de seconde au bac alors que l'académie n'en attendait que 72 %. Si je le compare au lycée Charles Péguy, un autre privé qui occupe la seconde place et qui parvient pourtant à mener 100 % de ses terminales au bac, la différence se joue sur les élèves de seconde, puisque seulement 80 % d'entre eux sont arrivés au bac alors que le ministère attendait un succès de 87 %. Apparemment, Charles Péguy évacue un peu trop ses élèves.

Comparer ces deux établissements est tout à fait cohérent. Ces deux privés, très réputés dans la bourgeoisie du département, ont le choix de leurs élèves. Ils peuvent donc prendre les meilleurs et l'on peut alors considérer que sur cette base élitiste, la comparaison a un sens. Par contre, on oublie totalement la logique de sélection et on compare ces deux bahuts aux autres lycées qui ne peuvent pas sélectionner, soit parce que leur image est mauvaise, soit parce que l'établissement dispose d'un bassin de recrutement de milieux sociaux ayant des résultats scolaires moins positifs.

Ainsi, si je prends les derniers du classement en Seine-Saint-Denis, que vois-je ? En avant-dernière position se trouve le lycée Léonard de Vinci de Tremblay-en-France. A l'évidence, ce lycée est déjà difficile car l'académie prévoit que seuls 58 % des élèves de seconde pouvaient aller au bac et l'obtenir. Or, 55 % y sont parvenus et finalement, les résultats au bac sont 9 points en-dessous des attentes. Évidemment, ce lycée est beaucoup moins bon que celui du Raincy précité, mais peut-on émettre une quelconque comparaison entre deux lycées si différents ? On pourrait tout à fait, par contre, comparer ce lycée avec ceux qui subissent le même évitement des familles et qui ont des élèves en difficulté au départ.

Pour construire une véritable évaluation des établissements, on peut conserver les mêmes statistiques qu'au départ, mais il faudrait :
  • Ajouter la possibilité pour ces bahuts de pratiquer une sélection au départ, qu'ils soient privés ou publics. Rien de plus simple : il suffit de regarder le secteur géographique de provenance des élèves. On verra par exemple que les élèves d'Henri IV à Paris ne viennent pas tous du Ve arrondissement mais que ceux du lycée de Pantin viennent en très grande majorité de Pantin.
  • Ajouter d'autres statistiques comme les demandes effectués par les élèves en troisième par rapport à chaque lycée, ce qui permettrait d'en mesurer l'image et de voir si l'établissement a un handicap de départ ou pas. Cela devrait parfaitement pouvoir se faire, puisque tout cela est informatisé. Ainsi, un lycée qui n'est jamais demandé peut être considéré comme plus en difficulté qu'un lycée qui est choisi en premier choix.
  • Il faudrait aussi trouver un moyen de prendre en compte les moyens de sélection de chaque établissement. On ne peut pas imaginer que Charles Péguy, localisé à Bobigny, a accès aux mêmes gamins que le lycée Sainte-Marie de Neuilly-sur-Seine. A l'évidence, les réseaux, les milieux, les modes de sélection ne sont pas les mêmes. Il faut aussi intégrer la localisation des établissements. Comment peut-on, de manière cohérente, comparer un lycée public situé à Barcelonnette, premier du classement national, et un lycée privé de Beaune, deuxième ? Comparons des bassins de recrutement semblables.
  • Certains proposent aussi d'évaluer ce que deviennent ensuite les élèves. Cette idée serait bonne puisque l'on verrait alors si un établissement est parvenu à faire sortir un gamin de son milieu social, mais en tempérant cette statistique par le milieu d'origine, car un gamin ne dispose pas des mêmes réseaux et des mêmes codes culturels au départ.
Au final, il faudrait aboutir à différents classements, avec une comparaison des lycées faisant de la sélection et une autre des lycées n'ayant pas les moyens de se la permettre. Certes, pour aboutir à cela, il faudrait reconnaître deux choses que notre gouvernement ne fera pas. Tout d'abord, il faudrait admettre que ce ne sont pas les élèves qui choisissent leurs lycées mais les lycées qui choisissent leurs élèves. Ensuite, il faudrait que nous admettions tous que, sur les grands nombres, la performance d'un établissement se mesure sur des chiffres très réduits, à deux-trois points près, ce qui correspond à quelques élèves par an.

C'est un travail complet, difficile, long mais qui est indispensable pour qu'une équité réelle existe. C'est aussi une reconnaissance indispensable de l'inégalité qui caractérise nos établissements scolaires. Sans ce travail, ces classements continueront à n'être qu'une vaste fumisterie, tout juste bons à faire vendre quelques journaux et à maintenir le mythe de la performance d'établissements qui ne peuvent pas échouer et de la nullité d'autres qui ne peuvent que difficilement réussir.

Être décalé des médias : pas si simple.

Suite à ce billet sur le crash de l'avion du président polonais, certains commentateurs m'accusèrent de prendre le public pour des veaux, prêts à suivre tout ce que les médias indiquent sans être capable d'esprit critique.

La question est passionnante : elle nous amène à nous demander ce qui nous occupe l'esprit, et si nous sommes capables, en ce moment, de sortir de tout ce que les médias nous assènent. Fabrice, mon camarade des Gueules, dit souvent sa déception devant la blogosphère qui ne parvient pas à s'extraire de l'écume médiatique et qui reste souvent accrochée aux thématiques les plus racoleuses pour amener, selon lui, du lecteur.

Alors, ce matin au réveil (enfin, un peu après le petit déjeuner en fait), je me suis demandé quels étaient les thèmes d'actualité que je recherchais systématiquement en ce moment. Comme je nettoie régulièrement mon navigateur, j'ai pu retrouver les recherches d'information que j'ai faites ces derniers jours, et remettre mes idées en ordre.

En ce moment, nous avons donc les thèmes suivants qui se retrouvent dans les billets :
  • La crise grecque occupe beaucoup mes recherches, alors que les grands médias classiques semblent peu aborder le fond de la question, sans doute à cause de la difficulté du sujet pour une personne qui ne maîtrise rien, ni au plan économique, ni au plan géographique, ni au plan politique. Il faut dire que les mécanismes européens ne sont pas évidents, conséquence de l'oubli des peuples dans la construction de l'Union.
  • La réforme des retraites se place en seconde position, avec des recherches de documents un peu déviants sur les analyses du COR, mais aussi la lecture des articles de blogs sur le sujet.
  • En troisième point, suite à mes affrontements avec Manuel et d'autres, j'ai fait pas mal de recherches sur le conflit de la SNCF et ses ressorts. Ce conflit étant terminé, je suppose que je vais rapidement passer à autre chose.
  • Enfin, l'Éducation nationale est toujours là, mais sur des thèmes très multiples. Ces dernières semaines, j'ai beaucoup suivi l'évolution de la réforme du recrutement des enseignants, délaissant un peu celle du lycée, qui passe et dont on pourra reparler quand elle sera appliquée.
  • La situation politique de la Belgique a commencé depuis hier à me tarauder à la lecture de ce billet. Question passionnante là aussi, à suivre dans les prochaines semaines.
En reprenant les sites de journaux en ligne, et en écoutant les infos à la radio, il y a quelques thèmes, par contre, repris en boucle par la presse, dont je me désintéresse, pas parce qu'ils ne conviennent pas, mais parce que je ne supporte pas la manière dont ils sont traités dans les médias : l'interdiction du port de la burqa, l'affaire de proxénétisme à Clairefontaine et le retour des Français bloqués à l'étranger par le volcan. Tiens, il faudrait que je fasse des billets sur tous ces sujets...

Je te rassure, cher lecteur, je ne vais pas lancer une chaîne là-dessus. Par contre, si tu as envie de me dire en commentaire ce que tu suis en ce moment et si cela correspond au traitement de l'actualité par les grands médias, je serais très intéressé. Si tu veux en faire un billet, n'hésite pas à me le signaler : je le lirai avec plaisir.

vendredi 23 avril 2010

Putain, deux ans... de Privilégiés.

Alors que certains blogueurs sont fatigués et que d'autres fêtent des anniversaires jusqu'à plus soif, voire se marient, ce blog, avec ce 654ème billet, fête son deuxième anniversaire aujourd'hui.

En ce moment, la blogosphère est traversée par de multiples questionnements sur son audience, son futur, son évaluation... Tout cela passionne les blogueurs, moi compris je dois le dire, mais n'a au total que peu d'impact sur l'évolution de l'ensemble.

Personnellement, j'ai beaucoup joué à la course à l'échalote pour essayer de rentrer dans les classements de blog et trouver un lectorat plus important que celui de mes deux estimables compagnons de lycée (dont je sais la pertinence des réflexions par ailleurs), et des membres de ma famille qui me trouvent forcément formidable...

J'admets que, sans renoncer à tous les liens que j'ai pu tisser dans la blogosphère, je ne me lancerai pas dans la course à Twitter, parce que ce format de blogage me pose un réel problème. Je ne comprends pas comment on peut résumer une idée en 140 caractères. Twitter peut permettre de transmettre des liens rapidement, de diffuser une information, de faire un bonne blague aux copains, de se chercher avec quelques libéraux traînant dans le coin, mais après... Imaginer remplacer un raisonnement intellectuel et construit par une phrase lapidaire et un lien ne me correspond décidément pas.

Si l'évolution doit être celle-là, on verra comment se positionner. Je resterai alors avec quelques fidèles lecteurs, et je continuerai à publier des textes qui me font plaisir, et à en débattre.

En tout cas, en route pour une troisième année de privilèges...

lundi 12 avril 2010

Facebook, agora des temps modernes.

Jean Véronis, relayé par Éric, l'annonce : les jeunes ont progressivement quitté Skyblog pour se diriger vers Facebook.

Cette évolution est intéressante à plus d'un titre. Étant moi-même de plus en plus attiré par Facebook (à mon corps défendant), et en tant qu'enseignant, je commence à me rendre compte de l'évolution du dispositif.

Skyblog, je connais bien. Tout prof a eu la joie ou le malheur d'être un jour cité dans un de ces blogs très simples à manier et ne nécessitant pas de maîtrise des outils de programmation. Comme le souligne Jean Véronis, les adolescents ont massivement utilisé cette plateforme pour partager leurs sentiments et leurs émotions d'adolescents, de manière très éphémère et sans que les autres générations se soient saisies de l'outil. La grande période, je l'aurais localisé entre 2005 et 2006, époque où, dans mon lycée dit difficile, nous avons eu plusieurs affaires qui auraient pu mener des adolescents devant la justice, mais Jean la situe en 2007. Les adolescents, par contre, ne se sont pas dirigés vers des plateformes plus récentes comme Blogger, pourtant tout aussi maniables. Je le saurais sinon, car je surprendrais régulièrement des élèves, tentant de se connecter sur leurs blogs pendant leurs recherches en ligne.

D'après Jean Véronis, Facebook a pris le pas. Ce qui est passionnant, c'est que cette plateforme (qui n'est pas un système de blog, je le rappelle) a réussi un incroyable tour de force : réunir sur le même espace virtuel des personnes de toute génération, pouvant entretenir des liens entre eux, et permettant à chaque individu d'en faire ce qu'il veut. Les usagers de Facebook peuvent ainsi être passifs et un tantinet voyeurs (en lisant ce que font les autres) ou actifs en postant sans cesse des statuts. Auparavant, il n'y avait que des sites de type Copains d'avant qui avaient réalisé cette prouesse, mais sans parvenir à un tel succès. En ne se donnant aucun sens, Facebook est parvenu à transcender toutes les catégories.

D'ailleurs, il est intéressant de voir que, malgré tout, les usages varient. Les utilisateurs les plus âgés se contentent du voyeurisme, tandis que les ados et les jeunes (entre 20 et 25 ans) diffusent tout et n'importe quoi sur la plateforme, semblant oublier parfois qu'ils ne sont justement plus entre eux. Les trentenaires, comme moi, sont au milieu du gué, pas encore trop expansif, quoique...

On peut se demander comment les choses vont maintenant évoluer. Certains prédisaient que Twitter prendrait un rôle de plus en plus grand, mais finalement, on peut constater que les deux programmes produisent des usages complètement différents. Facebook risque bien de devenir une immense agora joyeusement bordélique, où chacun pourra diffuser ce qu'il veut à des contacts plus ou moins proches, sans que personne ne semble s'inquiéter des effets pervers de ce système de fichage volontaire...

dimanche 11 avril 2010

Pourquoi se passionne-t-on pour la mort du président polonais ?

Il y a de quoi se surprendre devant l'ampleur de la réaction médiatique face à la mort du président polonais Lech Kaczynski.

Certes, l'événement est exceptionnel. Bien évidemment, on peut comprendre le choc en Pologne. Les partisans du président en souffrent forcément, et les autres camps politiques doivent se préparer à une campagne électorale très rapidement. Les équilibres européens en sont aussi modifiés, et on peut espérer que les Polonais élisent dans les semaines à venir un président un peu moins eurosceptique...

Cependant, en période normale, parle-t-on de la Pologne ? Généralement, les médias français n'évoquent l'actualité politique que de quelques pays européens de manière régulière. On entend parler de l'Allemagne, du Royaume-Uni, un peu de l'Espagne et de l'Italie, quelques fois de la Belgique et encore plus rarement de la Suisse, mais les autres pays européens ne sont que très rarement évoqués, sauf quand ils sont au bord de la faillite. La Pologne n'échappe pas à la règle, et il faut se rendre à l'évidence : la grande majorité des Français ne doit pas savoir grand-chose de ce pays et de sa culture. Ils doivent aussi ignorer qu'à certaines périodes historiques, la France et la Pologne ont entretenu des relations diplomatiques et culturelles très intenses. La coupure de la Guerre Froide a cependant laissé des traces, et la Pologne et la France se sont souvent démarquées, comme lors de l'offensive américaine en Irak en 2003. Enfin, n'oublions pas la vieille affaire du plombier polonais, marquante de l'évolution de notre société face aux étrangers.

Est-ce à cause de ces changements géostratégiques que les médias français font des éditions entières sur le sujet ? Est-ce un souvenir de l'alliance franco-polonaise ? Peut-être s'agit-il de ce lien fort entre deux vieux pays catholiques ?

Mais non, rassure-toi, cher lecteur ! Les médias français ont simplement flairé une niche intéressante au niveau de l'audience. Ils savent que les accidents d'avion, comme les catastrophes naturelles, attirent les auditeurs. Ils savent aussi que nos concitoyens ne se gêneront pas pour ressentir une certaine jouissance devant le fait que même un chef d'État puisse se tuer en avion.

Nos médias jouent sur les bas instincts, une fois de plus...

jeudi 25 février 2010

Influent, influent... Est-ce que j'ai une gueule d'influent ?

Hier soir, cher lecteur, j'ai eu la joie de participer à la République des Blogs, durant laquelle nous n'avons quasiment pas parlé des régionales, à part pour évoquer les errements de la campagne en Île-de-France ou en Languedoc-Roussillon, voire ailleurs. Comme d'habitude, nous avons surtout parlé de notre petit monde de blogueurs.

J'ai dîné en compagnie de trois éminents membres du réseau LHC, que j'ai l'habitude de titiller. Une discussion assez intéressante a opposé LOmiG à Jean-Paul Oury, sur des questions internes au réseau. Je ne vous dirai pas sur quelle question se penchait mes camarades, mais je vous signalerai juste que la problématique de fond visait à se demander s'il valait mieux, pour propager ses idées, être franc et affirmer brutalement ses valeurs et ses positions, au risque de choquer des lecteurs différents, ou, au contraire, tenter de lisser ses idées dans le but de séduire large et de convaincre progressivement les autres (je ne vous dirais pas qui soutenait quoi, mais si vous connaissez les deux, vous pouvez toujours faire des pronostics en commentaire). Cette discussion, même si je n'ai fait que l'écouter, ne voulant me mêler des affaires d'un réseau dont je ne suis pas membre, m'a intéressé parce qu'elle revient souvent chez mes deux camarades des Gueules, qui ont tendance à m'accuser de mollesse et à me dire que je n'ose pas suffisamment m'affirmer face à d'autres blogueurs ou à eux deux.

Pour résoudre ce questionnement, il faut se rappeler que la blogosphère française n'a absolument aucun impact aujourd'hui sur le monde réel et sur le monde médiatique. Avec mes 200 lecteurs journaliers, on ne peut pas dire que mes positions concernent les foules : je ne travaille pas pour un grand quotidien ou pour une radio nationale, à faire des éditoriaux dont tout le monde parlera le lendemain. Il s'agit donc, pour nous, de parler à un nombre réduit de personnes, dont la plupart sont déjà des passionnés de politique aux idées très arrêtées.

Passé ce cap, on peut répondre à la question en affirmant qu'elle est sans fondement. Nous affirmons tous, que nous soyons brutaux ou que nous essayons d'être ouverts, des valeurs et des positions. Celles-ci sont parfaitement visibles dans nos billets. Il est d'ailleurs intéressant de constater que, sur les Gueules, des commentateurs ont régulièrement essayé de nous situer tous les trois, et y ont plutôt bien réussi dans l'ensemble, parfois mieux que nous-mêmes. Finalement, c'est de la forme dont on parle, et pas des idées.

La forme a-t-elle un impact réel ? Je ne le crois pas non plus. Les blogueurs brutaux suscitent plutôt des commentaires durs, les blogueurs plus softs de l'intérêt poli, mais comme nous sommes tous convaincus, rien n'évolue. La question se posera vraiment le jour où la blogosphère française sortira de son anonymat relatif. Vu les visites des blogs les plus connus, on n'en est pas encore là. Lorsqu'on y sera, la manière dont chacun choisira sa stratégie de communication sera importante pour la diffusion de ses idées. En attendant, tant que nous restons cantonnés à notre petit milieu, soyons simplement heureux de bloguer et usons de cette outil comme nous le souhaitons. C'est en prenant du plaisir que nous attirerons les lecteurs et que, peut-être un jour, on pourra reparler d'influence...

mercredi 17 février 2010

Jean-Michel Apathie, troll de gauche du Grand Journal.

Hier soir, après une dure journée de labeur, j'ai eu la chance, que dire, le bonheur ultime, de tomber sur la chronique de Jean-Michel Apathie sur Canal+. J'aime bien Apathie, parce qu'avec lui, on n'a absolument aucune surprise. Systématiquement, tous les jours, le journaliste redécouvre l'existence de la dette publique, et tous les jours, inlassablement, méthodiquement, Apathie dénonce le gâchis des revenus de l'État, et ce malgré un taux d'imposition toujours jugé exorbitant. Parfois, il dit des choses justes, mais dans la plupart des cas, il se contente d'énoncer des vérités considérées comme acquise à droite et de les décliner.

Pourtant, on a pu noter hier une évolution dans le discours. Apathie évoquait la grève des enseignants, à la fois en Seine-Saint-Denis, à Chérioux et maintenant au lycée Guillaume Apollinaire de Thiais (on oublie toujours les deux établissements du 93, mais il ne faut pas s'en étonner, je suppose). Il constatait, avec un effarement apparent, les déboires de l'Éducation nationale et son manque de moyens (entendre cela chez un homme de droite m'étonne toujours). Cependant, cet étonnement ne dura pas : après avoir décrit une situation apocalyptique dans les établissements scolaires (que j'ai même trouvé outré, c'est tout dire), Apathie se mit à fustiger l'irresponsabilité de nos hommes politiques qui passent leur temps à dilapider les finances publiques dans des dépenses somptuaires, pendant que la dette se creuse et que les services publics se dégradent.

Jean-Michel, je voudrais t'aider, parce qu'hier, je t'ai trouvé touchant. J'ai presque cru que Laurent Fabius allait sortir de ton corps et crier : « à mort le bouclier fiscal ! » Aussi, sans vouloir paraître arrogant voire outrecuidant, j'aimerai t'expliquer pourquoi nous en sommes là, et ce que la droite a fait depuis 2002. Certes, alors que les finances de l'État et des régimes de protection sociale s'étaient rééquilibrés sous Jospin, notre dette n'a cessé de se creuser depuis. Certains invoquent la crise pour l'expliquer, mais la croissance a été continue durant la période. Il y a donc autre chose.

Deux raisons expliquent cette évolution, et nous amènent à la situation actuelle :


L'efficacité n'est pas le problème ici : on est bien face à des choix politiques qui s'expriment clairement. Attention, Jean-Michel, si tu poursuis dans cette voie, tu vas finir par virer gauchiste.

dimanche 27 décembre 2009

Les SDF meurent de la misère !

A nouveau, un SDF est mort en France le 23 décembre à Marseille. Luc Mandret cite un article du Nouvel Obs à ce sujet.

A chaque fois, ces dépêches mal ficelées sont insupportables. En France, aucune personne ne meurt plus du froid ! Un SDF meurt du poids de la misère qui l'a atteint et a fait de lui ce qu'il est devenu. Le froid met à jour cette misère, mais il y a bien d'autres facteurs de décès, dont on ne parle quasiment jamais : l'alcoolisme, des maladies diverses et variées (la gangrène est très fréquente), les agressions, le vieillissement prématuré du fait de la vie dans la rue...

Le SDF est le produit de notre société, et sa mort n'en est que le reflet.

mercredi 25 novembre 2009

Les médias continuent : désinformation ou manque d’information sur la grève des profs ?

J'avais déjà, cher lecteur, râlé sur la couverture de la réforme des lycées par Le Monde. Les informations réelles commencent à se diffuser et étonnent apparemment. Il est vrai que les discours sur cette réforme ont été tellement flou (à dessein j'en suis sûr) qu'il est normal que nous en soyons là.

Là, je voudrais rebondir sur les articles publiés dans la presse sur la grève d'hier. Si on suit les chiffres des syndicats, dans un contexte difficile et alors que seulement trois syndicats appelaient, la grève est un succès relatif. Le primaire a bougé à 40% et le secondaire dans les mêmes proportions. Dans le 93, on était autour de 47% dans le secondaire et de 55% dans le primaire. C'est donc une belle grève. Certes, je ne m'attendais pas à un réel succès, mais les annonces récentes sur la masterisation et sur la réforme des lycées ont retourné une partie des collègues.

Pourtant, la presse a eu une analyse très partielle. Elle n'a parlé de ce mouvement que très tardivement, alors que la FSU a lancé l'appel il y a plus d'un mois. Elle a occulté la Poste et les banques, et n'a parlé au départ que du primaire, pour indiquer aux parents qu'ils risquaient d'avoir des problèmes avec leurs gosses. Mardi matin, France Inter évoque un échec pendant que Le Monde annonce simplement le déroulement d'une grève, s'appuyant sur les chiffres ministériels alors que tout le monde, dans le milieu, sait qu'ils sont faux. Et puis, mardi soir, les journaux changent d'avis et parlent de bilan mitigé, ce qui colle plus à la réalité.

Il est vrai que le cortège parisien manquait d'éclat. A l'évidence, les enseignants ne se sont pas précipités à la manif. Cependant, ces traitements de la presse me semblent mous, soit par choix délibéré, soit sans doute par manque d'information.

Il faut dire aussi que nous ne sommes pas aidés par nos leaders syndicaux. Malgré le respect que j'ai pour Gérard Aschieri, je l'ai encore trouvé mauvais hier matin. Le voilà qui nous dit que la grève n'est pas suffisante et que le rapport de force instauré ne suffit pas. Merci pour les 40% de collègues qui viennent de jeter par la fenêtre un trentième de leur salaire par la fenêtre. Ne pourrait-on pas avoir, pour une fois, une phrase positive ? Féliciter les collègues qui se sont bougés, et dire qu'il faudra encore le faire pour que cela pèse réellement ?

En clair, si on veut que l'éducation ne continue pas sa dégringolade, il y a encore du boulot de tous les côtés.

PS : si tu veux en parler, cher lecteur, je pars de suite pour la République des Blogs. A de suite…

jeudi 19 novembre 2009

Les journalistes m’énervent : vérifiez vos informations, nom d’une pipe !

Les journalistes ont une lourde tendance, lorsqu'ils ne maîtrisent pas un sujet, à dire des bêtises. Un exemple ce soir…

Aujourd'hui, Luc Chatel a dévoilé son projet définitif de réforme des lycées, projet très inquiétant sur lequel je vais revenir dans les prochains jours. Une journaliste du Monde publie un petit article en y insérant deux interviews de représentants syndicaux du SE-UNSA et du SNES-FSU.

Et puis, voilà que je lis cette phrase :

« Négociée durant de longs mois avec les partenaires syndicaux, le projet est bien accueilli par le syndicat des enseignants (SE). »
Cette phrase est tout simplement fausse. Je m'explique.

A la fin de la dernière année scolaire, Richard Descoings a présidé une commission réfléchissant au lycée. Il a reçu les syndicats et les a écoutés, mais il n'a rien négocié. Son rapport a repris certaines positions syndicales, mais uniquement celles que Descoings trouvait acceptable.

Le 12 octobre, Sarkozy a fait un discours. Certes, quelques éléments défendus par les syndicats ont été repris, mais ils sont bien maigres. Or, Sarkozy n'a négocié avec personne (ce n'est pas son genre).

Depuis, Luc Chatel a reçu plusieurs fois les dirigeants de quelques syndicats seulement (SNES, SGEN, UNSA…), soit les syndicats ayant signé les points de convergence avec le ministère à la mi-2008. En clair, on enterre la dizaine d'organisations restantes, dont certaines importantes (SUD et la CGT) et le syndicat de droite des profs (SNALC-CSEN). Il a beaucoup écouté, mais n'a rien négocié du tout. Et aujourd'hui, sort un projet qui n'a pas vraiment évolué depuis le discours de Sarkozy. Que le SE trouve ce projet intéressant, c'est une autre chose : cela prouve juste que ce syndicat est davantage en accord avec le gouvernement que les autres.

Mais peut-être est-ce un problème de vocabulaire ? Pour moi, une négociation signifie qu'on confronte deux visions, qu'on tente d'en faire une synthèse et qu'on aboutit à un accord acceptable pour les deux parties. En cas d'échec, on engage une épreuve de force. Apparemment, pour les médias, une négociation, cela consiste à écouter les différents acteurs d'un milieu, puis à faire ce que l'on veut.

On a bien besoin d'un rapport de force, et pas seulement avec Luc Chatel…

vendredi 23 octobre 2009

Supprimez les rubriques de commentaires sur les sites des grands journaux français.

En tant que bon enseignant dont le salaire diminue en euros constants mais qui se refuse aux heures supplémentaires, je me dois de toujours trouver des moyens de réduire mes dépenses quotidiennes. Parmi celles-ci, le poste « journaux et magasines » pouvaient être dans le passé un véritable gouffre. On ne se rend pas compte, en donnant 1,20 € à son vendeur de journaux tous les jours, que ces petites sommes s'accumulent très vite, d'autant plus si on se prend à acheter plusieurs journaux par jour. Progressivement, au fil des années, je me suis donc mis à la presse en ligne. S'il m'arrive encore d'acheter un quotidien de temps en temps, je lis en ligne. Certes, j'ai encore du mal à comprendre comment les journaux parviennent à survivre avec des sites gratuits, et ce malgré la publicité, mais tant que j'en bénéficie…

Je suis un usager des trois sites des grands quotidiens : le Figaro, Libération et le Monde. On y retrouve, en général, les mêmes articles que dans la version papier du quotidien. Or, il y a une différence qui agresse le lecteur dès l'ouverture de sa page : les rubriques de commentaires.

Tu pourrais me dire, cher lecteur, que je suis mal placé pour critiquer cet aspect des choses. Sur ce blog, il y a une section « commentaire ». Certes, mais cela n'a rien à voir. D'abord, ce blog n'a pas le flot de visiteurs de ces grands sites. De plus, dans la plupart des cas, les commentaires que tu laisses ici, cher lecteur, ont un certain niveau, malgré l'intervention de quelques trolls malvenus.

Or, sous les articles de journaux, rien de tel. Au contraire, quel que soit le sujet, ces articles sont systématiquement trollés par des commentateurs qui n'apportent rien à l'article en lui-même. C'est d'autant plus incohérent que les articles n'apportent en général que des informations, et que la prise de position du journaliste n'est pas frappante. Il serait plus cohérent qu'on puisse commenter les tribunes, mais sur de tels sites, est-ce intéressant ?

En clair, pour ce petit billet du soir, je me demande juste pourquoi les journaux maintiennent ces fenêtres ouvertes aux pires trolls et aux militants des différents mouvements politiques de ce pays. Cela n'apporte rien au lecteur, à part de l'agacement. Pourquoi, Mesdames et Messieurs les concepteurs de ces sites, ne pas fermer ces commentaires ?